Le Pasteur Boegner présente sa première conférence dans sa paroisse de l'Annonciation. Il sera suivi par bien d'autres pasteurs.
Pendant l'occupation, le Pasteur Boegner se battra avec la censure allemande pour que
ses conférences soient retransmises par la radio. Il gagnera.
Les retransmissions n'avaient pas le retentissement qu'elles ont
actuellement ; les postes de radio n'étaient pas aussi nombreux.
Arrive 1981. Nous trouvons le titre de " Carême protestant ". C'est une
trouvaille qui va faire une percée fulgurante dans tous les milieux et qui est maintenant déposé comme une marque, et devient ainsi "copyright".
Nous faisons partie des émissions satellites de France Culture qui
couvrent l'Europe et le bassin méditerranéen, jusqu'en Egypte , etc, etc.
Nous allons par paliers, selon nos moyens, examiner toutes les
possibilités de développement, presse, informateurs religieux, visite aux
journaux, radios locales, Fip, pour suggérer qu'il s'agit d'un évènement
protestant particulier. C'est avec patience et persévérance, que nos visites à
travers la France ont révélé à nos interlocuteurs ces émissions du Protestantisme Français, que les journaux de toute nature ne peuvent plus ignorer. Depuis, le cercle des auditeurs de toutes Confessions s'est largement agrandi et comprend 25 % de catholiques intéressés par la pensée protestante.
Nous les éditons en brochures, en cassettes audio et en CD qui connaissent un
bon succès. Nous expédions 5.000 lettres, 40.000 programmes, 4.000 affiches, en France et à l'étranger.
Nous en informons les Églises de tous ces pays très souvent
francophones.
Depuis 1997,
Nous sommes avec vous sur Internet, et ces prédications peuvent être lues in extenso aussitôt après Pâques et restent aisées à consulter par la suite.
En
2005, Interview Marc de Bonnechose et d’Antoine Nouis
(Pasteurs de l'Eglise de Passy-Annonciation)
Qu’est-ce que le Carême pour les Protestants ?
Le Carême ne fait pas partie de la tradition protestante. Essentiellement pour des raisons historiques. Au tout début du protestantisme, les Réformateurs ne se sont pas prononcés à son sujet. Le carême était trop associé à un contexte de bonnes oeuvres, à un esprit de contrition contradictoire avec l’idée de Grâce. Par la suite, tout ce qui ne relevait pas de la Grâce seule a été rapidement abandonné. De ce fait, le carême est tombé en désuétude chez les protestants, qui sont, de surcroît, relativement étrangers au fait de se fixer des règles de conduite pour une période particulière.
Aujourd’hui, quelle place peut-on donner au Carême au sein de notre Église Réformée ?
Cela fait maintenant plusieurs années que l’Eglise Réformée retrouve l’utilité de ce temps précédant Pâques. Il n’existe, bien entendu, aucune règle institutionnelle en la matière. Mais le Carême peut, dans notre vie chrétienne, correspondre à un temps de réflexion. Une période pendant laquelle on peut se demander, ou se redemander, ce que signifie être disciple du Christ dans notre quotidien. Autrement dit, ce temps devient l’occasion de prendre du recul, de faire un bilan des orientations que l’on donne à sa vie. En mesurant l’écart entre la réalité et ce que Dieu pourrait attendre de nous. Cela procède plus de la réflexion que d’actes concrets, et plus de la pédagogie chrétienne que du fondement de la foi protestante.
Le temps du carême nous invite à prendre du recul par rapport à notre agitation quotidienne afin de nous recentrer sur l’essentiel.
Dialogue entre un père et
son fils
- Mon fils, pourquoi t’échappes-tu sans cesse pour aller courir dans la
forêt ?
- Mon père, je cherche Dieu, répond l’enfant.
- Mais, mon fils, Dieu n’est-il pas partout ?
- Oui, Dieu est partout !
- Et Dieu n’est-il pas partout le même ?
- Oui, mon Père, Dieu est partout le même ; mais vois-tu, moi je ne suis
pas le même partout. La forêt m’aide à chercher Dieu !
Cette histoire nous pose une question toute simple : Où est notre forêt ? Où est le lieu où nous pouvons nous retirer pour chercher Dieu ?