Carême 1999 : Vivre avec le Christ

Vivre dans le monde et l’histoire

La foi en Christ n’est pas seulement une conviction personnelle, mais elle propose des repères pour comprendre le monde et son histoire.
(Luc 6 v. 20 à 26 - Colossiens 1 v. 12 à 20 )

On
admet généralement, au nom de la liberté de
conscience, que chacun vive selon ses convictions dans sa vie intime
et ses rapports personnels avec les autres. Par contre, dès
qu’on aborde les domaines qui concernent la collectivité, il y
a débat.

 

Par
exemple, la foi chrétienne comme d’ailleurs les autres
religions - doit-elle être prise en compte quand on touche aux
questions sensibles de la vie et de la mort, de la sexualité,
ou de la famille, en particulier lorsque le législateur est
appelé à intervenir ? Certains considèrent que
le christianisme est une valeur constitutive de notre société,
qui ne peut être négligée sous peine de
décadence. D’autres pensent qu’il représente une forme
élaborée d’humanisme, qui doit être défendue.
Mais d’autres au contraire, y compris parmi les croyants, considèrent
que les convictions religieuses doivent rester privées et
qu’elles n’ont pas à être prises en compte dans les
débats publics.

La
question se pose aussi lorsqu’on touche le domaine de l’économie.
Là, elle se teinte d’une certaine ironie, tant les chrétiens
font souvent figure de doux rêveurs. A la limite, on peut
accepter qu’ils prêchent la fraternité et la solidarité,
comme des utopies qu’il faut garder en point de mire, mais on devient
très méfiant lorsque les Eglises prétendent dire
quelque chose sur le partage des ressources et du travail, la justice
sociale et la réduction des inégalités, le
chômage ou la remise de la dette aux pays les plus pauvres. La
foi apparaît tellement loin des réalités
économiques !

 

Et
le débat se durcit encore dès qu’il est question de
politique. "Occupez-vous du ciel ! Nous nous occuperons de la
terre !", répondait un ministre éminent, il y a
quelques années, à des responsables d’Eglise qui
prétendaient s’exprimer sur la course à l’armement
nucléaire. Et bon nombre de chrétiens eux-mêmes
considèrent que la foi n’a rien à faire en politique,
qu’elle ne peut que s’y salir, et l’Eglise s’y compromettre.

 

Je
vois là, d’abord, la réaction contre une Eglise qui
prétendrait diriger la société, soit en
intervenant directement au nom de Dieu, soit au travers de partis et
de mouvements chargés de traduire son influence. Nous n’en
sommes plus là aujourd’hui. Les Eglises chrétiennes ont
clairement accepté de s’inscrire dans une société
laïque, et d’en respecter les principes de tolérance et
de respect de l’autre. Le protestantisme y a été plus
rapidement sensible, à cause de sa situation minoritaire en
France et de sa revendication historique de la liberté de
conscience. Mais le catholicisme a aussi nettement pris position dans
ce sens, comme le rappelait la Lettre aux catholiques de France
publiée en 1996 par la Conférence des Evêques.
Les Eglises ne revendiquent aucune position dominante dans la
société, ni pour elles, ni pour le message dont elles
se veulent porteuses. Ce qui ne veut pas dire qu’elles renoncent à
témoigner de leur foi, j’y reviendrai.

 

Un
second ensemble de raisons à cette sorte de "privatisation"
de la foi chrétienne tient sans doute à la complexité
croissante des problèmes. Par exemple, à propos des
questions que pose aujourd’hui l’accompagnement de la mort, la limite
est extrêmement ténue entre l’euthanasie active dont on
peut craindre tous les arbitraires - et le nécessaire
soulagement de la souffrance des mourants. Ou bien, à propos
du clonage de l’être humain, s’il fait peur lorsqu’il s’agit de
reproduction, surtout de reproduction sélective, qu’en dire
s’il s’agit de soigner en régénérant des organes
malades ? Sur toutes ces questions il est difficile de se prononcer
abruptement par un "oui" ou un "non".

De
plus, nous sommes sensibles à la grande diversité des
situations humaines. On ne peut pas, par exemple, aborder les
questions économiques et écologiques de la même
manière si l’on se trouve dans un pays riche ou un pays pauvre
même si, globalement, c’est un seul problème !

 

Et
enfin, il me semble que cette distance établie entre la foi et
les grands problèmes de notre monde participe d’un mouvement
plus général. J’ai l’impression que notre horizon s’est
rétréci. Cela peut paraître paradoxal par rapport
aux possibilités de communication qui nous permettent
théoriquement en tous cas d’être en lien avec tout ce
qui se passe un peu partout ! Mais il me semble que nous vivons une
période de replis désenchantés et parfois même
pessimistes : repli sur les petits groupes identitaires, sur le
pragmatisme de la réalité, sur le quotidien et le court
terme. Les grandes idéologies qui prétendaient
expliquer le monde et son histoire ont presque disparu. On ne rêve
guère plus le monde, mais on se contente de le gérer au
jour le jour.

 

La
foi doit-elle donc, elle aussi, renoncer à toute vision de ce
monde, et se limiter au domaine des convictions et des sentiments
personnels ? Je crois au contraire que la foi au Christ nous propose
toujours une parole, une révélation sur ce monde, pour
comprendre son histoire, prendre part aux recherches et aux débats
actuels, et nous diriger de manière responsable.

 

***

Approches
bibliques

Avant
d’aller plus loin dans notre réflexion, peut-être
faut-il passer rapidement en revue quelques grands thèmes
bibliques à propos du monde et de son histoire.

 

L’affirmation
essentielle, c’est que le monde est création de Dieu. Une
affirmation théologique forte, c’est-à-dire une
proposition pour comprendre le monde à la lumière de la
foi, et non pas une donnée historique ou scientifique.

Vu
comme création, le monde apparaît en tension, à
la recherche de son sens. D’un côté, il y a la parole
créatrice qui l’appelle à être, et à être
bon, pour la vie. Et de l’autre, il y la parole de malédiction
qui dit les limites et les contraintes, l’insatisfaction des désirs,
la dureté du travail, l’antagonisme entre les humains et la
nature, le désir de domination qui ouvre la porte à la
violence. C’est, dans l’antique récit de la Genèse, la
tension entre le jardin d’Eden et la chute, entre "Adam"
l’homme créé pour vivre, et Caïn l’homme qui tue
et qui porte sur lui le signe de son crime. C’est la tension toujours
actuelle dans laquelle s’inscrit l’histoire avec ses soubresauts, et
où se mêlent, parfois de manière inextricable, la
bénédiction de la vie qui grandit et se renouvelle, et
la malédiction de la peine à vivre, et à
mourir...

 

Une
autre lecture du monde nous est proposée au travers du thème
de l’Alliance. C’est ce que décrit l’histoire bien connue de
Noé et du déluge. Le monde y apparaît menacé,
fragilisé par la méchanceté humaine, mais
maintenu par la fidélité de Dieu, qui s’engage dans une
Alliance. Une assurance proposée à la foi, parce que
Dieu est fidèle ! Mais d’une fidélité qui
appelle et nourrit la nécessaire fidélité de
l’homme. L’Alliance ouvre les yeux et avertit : attention, la
catastrophe peut toujours naître de la folie qui renie les
principes élémentaires de paix, de justice et de vie.
Les prophètes d’Israël le répéteront sans
cesse ! Et les tragédies actuelles des génocides, et
les explosions de violences qui secouent de temps en temps notre
monde ou nos cités, montrent bien ce danger toujours latent de
l’engrenage incontrôlable vers la barbarie, la destruction et
la mort, quand les principes élémentaires qui fondent
la vie du monde sont bafoués !

 

Dans
ces deux grandes visions, on peut remarquer que le monde est décrit
de manière concrète et profane. Le monde créé
est matière, objets, corps vivants. Dans le récit de la
Genèse, le soleil, la lune et les étoiles sont des
lampes, et pas des dieux. La terre et l’eau ne sont pas des
puissances mystérieuses. Et plus tard, les prophètes
d’Israël lutteront sans cesse contre l’idolâtrie,
c’est-à-dire la tentation de diviniser des choses ou des
humains. La Bible propose donc la vision d’un monde désacralisé,
ouvert à une action humaine libre et responsable. Ce qui ne
veut pas dire que l’homme peut y faire n’importe quoi, en se prenant
à son tour pour un dieu ! Et nous nous rendons sans doute
mieux compte, en cette fin de siècle, des dangers que font
courir à la vie notre vie et celle de la planète les
actions irresponsables, c’est-à-dire celles dont les
conséquences et les risques sont hors de proportion avec ce
que nous pouvons réellement assumer !

 

Un
monde désacralisé. Ce qui ne veut pas dire que Dieu en
soit absent. Au contraire, au travers de tout le message biblique,
Dieu se montre proche, il se révèle à son
peuple, il intervient par sa Parole. Il inscrit dans l’histoire de ce
monde une histoire de salut. Conviction paradoxale quand elle
s’applique aux moments les plus noirs de l’histoire d’Israël, au
temps de l’exil ou de l’incertitude ! Mais, même là - et
les prophètes le disent avec force -, Dieu conduit encore son
peuple ! Et leur foi en la fidélité de Dieu leur permet
d’affirmer qu’elle ne se démentira pas, jusqu’au bout, et
malgré tous les aléas de l’histoire.

 

Dans
les Evangiles, ces visions bibliques du monde et de son histoire se
nouent avec une intensité dramatique nouvelle autour de la
venue de Jésus. Ce qui se passe autour de lui, et le rejet
dont il est victime renforcent le sentiment d’un désordre
menaçant, et appellent à la vigilance dans un monde
difficile et ambigu : "Faites attention que personne ne vous
trompe... Faites attention à vous-même... Restez
éveillés...
" répète Jésus
d’après la petite apocalypse de Marc 13. Un monde et un temps
périlleux, qui réclament à la fois audace et
prudence : "Je vous envoie comme des moutons au milieu des
loups ; soyez donc prudents comme les serpents et innocents comme les
colombes
". (Matthieu 10.16).

 

En
même temps, la vision s’élargit : c’est le monde entier
qui est tendu par l’action créatrice de la Parole, jusqu’à
la révélation finale de Dieu lui-même. C’est ce
que révèlent la venue du Christ et la proclamation de
l’Evangile, comme le souligne par exemple le prologue de Jean : "La
Parole était dans le monde. Dieu a fait le monde par elle, et
pourtant le monde ne l’a pas reconnue... La Parole est devenue un
être humain et a vécu parmi nous, pleine de grâce
et de vérité. Nous avons vu sa gloire... !
"
(Jean 1,10 et 14).

Un
monde ouvert à la responsabilité humaine, mais fragile.

Une
histoire risquée et chaotique, mais que Dieu habite par sa
Parole.

 

***

 

Il
nous a arrachés et fait passer...

Pour
comprendre cette ambiguïté du monde, la Croix est un
événement décisif. Ecoutons l’apôtre Paul
au début de l’épître aux Colossiens (1,12-20) :

"Remerciez
avec joie Dieu le Père : il vous a rendus capables d’avoir
part aux biens qu’il réserve dans le royaume de lumière
pour ceux qui lui appartiennent. Il nous a en effet arrachés à
la puissance de l’obscurité et nous a fait passer dans le
royaume de son Fils bien-aimé, grâce auquel nous sommes
délivrés du mal et nos péchés sont
pardonnés.

Le
Christ est l’image visible du Dieu invisible. Il est le Fils
premier-né, supérieur à tout ce qui a été
créé. Car c’est par lui que Dieu a tout créé
dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est
invisible, les puissances spirituelles, les dominations, les
autorités et les pouvoirs. Dieu a tout créé par
lui et pour lui. Il existait avant toutes choses, et dans leur
relation avec lui toutes les parties de la création sont
maintenues à leur place.
".

 

"Il
nous a arrachés ... et fait passer..."

La
Croix est arrachement. Arrachement violent de la vie de Jésus,
par les violents. Arrachement de Jésus aux siens.

Mais,
surtout, arrachement de Jésus à la mort, par l’acte de
Dieu qui le ressuscite. Pâques nous dit et nous fait vivre la
création, l’origine : la vie arrachée à la mort,
la justice arrachée à l’injustice, la joie arrachée
aux pleurs, l’histoire arrachée au chaos.

Arrachement
et réenracinement, transfert, car la Croix signifie que Dieu
est intervenu dans ce monde. Elle y est la marque de cet acte, même
si elle est méconnue, refusée, bafouée,
ridiculisée... La Croix marque déjà, comme un
fait accompli, notre arrachement au monde des ténèbres
et notre transfert dans le Royaume du Christ.

 

Remarquez
bien qu’il s’agit là de l’action de Dieu. Et non d’une action
humaine. La Croix du Golgotha n’est pas le signe d’une destinée
individuelle exceptionnelle, celle du Christ d’abord et puis celle de
tous les humains qui suivraient sa voie. Mais elle est l’enseigne, le
drapeau planté sur ce monde qui indique qui en est le
véritable Seigneur, et quel est son véritable statut :
il est déjà libéré des puissances de mort
qui pesaient sur lui, des contraintes et des dominations qui
affaiblissent la vie, et il est ouvert à un avenir autre, à
une espérance sûre, à la réalité du
Royaume.

 

Cette
proclamation s’adresse à la foi. Elle invite, à la
lumière de la Croix, à lire autrement notre monde et
son histoire. Car la réalité de l’action de Dieu n’y
est pas évidente ! Bien au contraire, ce monde est trop
souvent traversé de fatalités terribles qui l’amènent
de famines en catastrophes, et de conflits en massacres. Et Dieu
lui-même, pour ceux qui y croient, apparaît comme
lointain et incompréhensible, quand nous nous heurtons au mur
du non-sens et de la souffrance. Pourtant, quand on regarde aussi ce
monde avec les yeux de la foi, on peut y voir des signes de la
présence et de l’action de son Seigneur : des signes modestes,
presque imperceptibles, des hommes et des femmes qui ne se laissent
pas abattre et qui luttent inlassablement, des gestes de solidarité,
des progrès qui aident à la vie, des délivrances
inattendues, des murs de haine ou d’égoïsme qui
s’écroulent, des prières exaucées, une Eglise
qui même au travers de ses faiblesses continue à être
témoin de la Seigneurie du Christ.

 

Il
nous a arrachés et fait passer...

Une
oeuvre de Dieu qui marque déjà ce monde.

Un
mystère que la foi seule révèle, mais que nous
pouvons voir et vivre.

Une
parole qui déjà nous inscrit dans le monde nouveau du
Royaume du Christ.

Car
il est bien là ce Royaume.

 

***

Paroles
du Royaume

"Jésus
regarda alors ses disciples et dit :

Heureux,
vous qui êtes pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous
 !

Heureux
vous qui avez faim maintenant, car vous aurez de la nourriture en
abondance !

Heureux
vous qui pleurez maintenant, car vous rirez !
"

Et
un peu plus loin :

"Mais
malheur à vous qui êtes riches, car vous avez déjà
eu votre bonheur !

Malheur
à vous qui avez tout en abondance maintenant, car vous aurez
faim !

Malheur
à vous qui riez maintenant car vous serez dans la tristesse et
vous pleurerez !
".

(Luc
6, 20-21 et 24-25)

 

Tout
le monde connaît les Béatitudes, que je viens de lire
dans la version de l’Evangile de Luc. Je voudrais les entendre
aujourd’hui comme les paroles du Royaume, ce Royaume que Jésus
déclare, de façon si radicale et si paradoxale.

Il
me semble que ces paroles nous invitent à comprendre et à
vivre notre monde comme Royaume de Dieu avec une triple lucidité
 : humaine, théologique, et spirituelle.

 

Lucidité
humaine d’abord parce que ces paroles décrivent la réalité
du monde : il y a les riches et les pauvres, ceux qui ont faim et
ceux qui ont tout en abondance, ceux qui pleurent et ceux qui rient.
Jésus ne rêve pas le monde, mais il le prend comme il
est. Il me semble que la foi chrétienne devrait nous pousser
d’abord au réalisme. Trop souvent, nous préférons
nous cacher les réalités qui nous gênent.

 

C’est
la tentation de notre monde, et quand nous regardons notre histoire
récente, nous sommes bien obligés de le reconnaître.
Nous nous sommes caché et nous nous cachons encore les
réalités de l’injustice et de l’exclusion, sous des
hypothétiques : "demain, ça ira mieux !".
Nous nous sommes caché et nous nous cachons encore les
réalités du racisme devenu ordinaire dans notre société
française, en nous gargarisant de discours sur notre
générosité et nos principes. Nous nous sommes
caché et nous nous cachons encore la réalité
destructrice des mécanismes de violence liés à
une société éclatée et livrée à
toutes sortes de rivalités, en espérant confusément
qu’avec un peu plus de police et quelques jugements sévères,
tout cela passera !

 

C’est
aussi la tentation de l’Eglise de se réfugier dans un monde à
part, un monde religieux parfois, sous prétexte de fidélité.
De ne pas voir ce qui n’entre pas dans nos principes. De ne pas
parler des choses qui fâchent... De faire comme si...

 

La
parole du Royaume concerne le monde tel qu’il est. Elle nous attend
aujourd’hui dans notre société sécularisée,
dans ses recherches de sens, dans ses problèmes sociaux, dans
ses questions éthiques... Non pas comme une parole qui
s’imposerait, mais comme une parole qui aide à discerner, une
parole qui critique, une parole qui propose, une parole qui soutient
et qui relève. La Parole du Royaume, c’est d’abord la parole
de la lucidité.

 

Cette
lucidité humaine est soutenue par ce que j’appelle la lucidité
théologique. La parole que Jésus donne au monde est
fondée sur sa connaissance de Dieu. Quand Jésus dit :
"Heureux !" aux pauvres, à ceux qui ont faim ou qui
pleurent, ce n’est pas une promesse de revanche, ici bas ou dans un
autre monde, ce n’est pas une parole pour les consoler et leur
permettre d’attendre, mais c’est le "Heureux" que Dieu
prononce sur eux ! Et quand il lance "Malheur à vous !",
c’est l’avertissement de Dieu aux profiteurs d’hier comme
d’aujourd’hui !

 

La
parole du Royaume c’est celle qui proclame sur nous la vérité
de Dieu, Dieu tel qu’il s’est fait connaître, de la crèche
à la Croix, Dieu avec les petits, Dieu avec les exclus, Dieu
avec les malades de la vie qui avaient besoin d’un médecin,
Dieu pour la vie, Dieu pour la justice et pour la paix. Et cette
parole de vérité sur Dieu nous dit la vérité
sur nous-mêmes et sur le monde. Il est destiné à
être son Royaume. Mieux, la Croix en fait déjà
son Royaume. Et c’est en regardant vers elle que nous pouvons
connaître sa vérité.

 

Lucidité
humaine, lucidité théologique, pour la lucidité
spirituelle. La Parole du Royaume indique à la foi le vrai
sens du monde, et elle ouvre ainsi le chemin que l’Esprit indique à
notre foi, le chemin du service.

 

La
foi ne résout pas les problèmes économiques,
mais elle nous assure que l’avenir est du côté du
service et du partage. La foi ne résout pas les tensions
internationales, mais elle nous assure qu’il vaut la peine de se
battre pour la justice, la paix et le respect de toute vie. La foi ne
fait pas de notre vie est long fleuve tranquille, comme ironisait le
film,

mais
elle nous donne, en regardant à Christ, de garder la vérité
de l’espérance.

 

Oui,
la foi nous ouvre le monde et son histoire.

Oui,
la foi nous ouvre à la liberté de vivre déjà
ce monde nouveau,

à
la responsabilité d’en dire la Parole, et d’en donner les
signes.

 

"Car
Dieu nous a arrachés au pouvoir des ténèbres

et
nous a "fait passer" dans le Royaume du Fils de son
amour...
".

 


-
Pauses musicales :

CD
811 038-2 "Local Hero" Music by Mark KNOPFLER

[01]
- Plage 02 : Wild Theme (1’12")
[02]
- Plage 06 : The rock and the Thunder (40 ")
[03]
- Plage 10 : Whistle Theme (53 ")
[04]
- Plage 12 : Stargazer (1’30")