Carême 1990 : RESSUSCITEZ

Ressusciter

"RESSUSCITEZ"

Pasteur Yves CRUVELLIER
Samedi 3 mars 1990

— I —
"Ressusciter"

 

Un mot qui suscite l’espérance la plus profonde et la plus folle, autant que le sourire moqueur, narquois ou sarcastique !

Un mot pour désigner un événement qui a, depuis toujours, suscité l’adhésion la plus complète ou le rejet le plus total.

Des témoins disent : Il est ressuscité !

D’autres, tout aussi convaincus, crient à l’imposture et au blasphème ! D’autres enfin, comme les sages philosophes d’Athènes, reconduisent poliment celui qu’ils ont invité à exposer sa doctrine dès qu’il se met à parler de résurrection (Actes 17).

Un mot pour parler du fait que quelques femmes et quelques hommes affirment avoir vu vivant, à Jérusalem, à l’aube du premier jour de la semaine suivant la fête de la Pâque, un certain Jésus, de Nazareth, crucifié pour blasphème trois jours auparavant par un quarteron de pieux notables.

Un mot pour parler de l’après-mort — et que nous employons le plus souvent pour signifier qu’après la mort quelque chose ou quelqu’un nous attend.

Mais un mot qui nous pose aussi bien des questions :
Il n’y a pas si longtemps, Jacques Chancel terminait un "Grand Echiquier" avec Arthur Rubinstein en lui demandant s’il pensait qu’il y avait quelque chose après la mort et le grand pianiste de répondre : "Non, je ne crois pas... mais s’il y a quelque chose, quelle bonne surprise !".

Parlant ainsi, Rubinstein exprimait le doute qui n’est jamais que le revers de la foi, qui dit, elle : "Je crois, nous croyons qu’il y aura la surprise !".

Ressusciter : n’est-ce pas notre façon de nommer la surprise ? Mais... Est-il possible de ressusciter ? Comment certains ont-ils pu adhérer à ce témoignage proprement incroyable ?
Ressusciter : Quand ? Comment ? Je voudrais bien savoir...
Ressusciter : un mot énigmatique pour exprimer une espérance ?
A quoi ce mot fait-il donc référence ?

A un élément essentiel, fondateur, de la foi chrétienne : la conviction affirmée de la résurrection de Jésus, la certitude d’avoir revu vivant le dimanche matin le crucifié de vendredi après-midi.

Cet événement fondateur est attesté par le témoignage des premiers témoins, qui s’expriment tout de suite sur le sujet : la résurrection de Jésus est immédiatement au cœur de la prédication apostolique : Dieu l’a ressuscité des morts, ce Jésus que vous avez crucifié, dit Pierre à Jérusalem le jour de Pentecôte.

Cette affirmation de la résurrection de Jésus est toujours au centre de la foi chrétienne à la fin du XX° siècle, avec toujours cette envie de savoir et toujours aussi cette hostilité affirmée d’un certain nombre de personnes.
Pour savoir, il est normal d’aller interroger les premiers témoins, en l’occurrence, pour nous, de scruter les textes du Nouveau Testament qui nous rapportent ce qu’ont pu dire de l’événement Pierre, Jean, Thomas, Jacques et tous les autres...
Or, ce qui frappe tout de suite à la lecture des textes bibliques, c’est qu’ils ne nous amènent pas à une connaissance précise de l’événement, et qu’ils manquent entre eux de cohérence ; et tous affirment : "Il est vivant ! Il nous est impossible de pouvoir le décrire ; si nous avons le poids des mots, nous n’avons pas le choc des photos !".

Jugez-en plutôt : il apparaît aux disciples réunis dans la chambre haute, alors que toutes les portes sont fermées par crainte des Juifs, nous apprend le quatrième évangile (chapitre 20). Le Ressuscité joue les "passe muraille" et il est impossible alors de penser à la résurrection de la chair en termes de viande, si vous me permettez de m’exprimer ainsi.
Il nous faudra donc trouver un autre sens à cet article du Credo des apôtres concernant la résurrection de la chair.
En termes de physique, l’apparition du Ressuscité dans la chambre haute est une absurdité !

Les choses se compliquent encore avec d’autres rencontres de Jésus ressuscité avec ses amis : par exemple lorsqu’il les retrouve au bord du lac, alors qu’ils sont en train de faire griller quelques poissons... et il partage le pique-nique ! Cela voudrait-il dire alors que le Ressuscité a un corps comme vous et moi, et que, même ressuscité, il est à même d’apprécier les bonnes choses de la vie (Jean, chapitre 21) ?

Enfin, parmi bien d’autres exemples, sur le chemin de cette bourgade d’Emmaüs (Luc 24), ces hommes qui ont vu Jésus, l’ont connu, et ne le reconnaissent pas... Je n’ai aucune raison de les croire plus idiots que moi, et je suis sûr de reconnaître dans la rue, si je viens à la croiser trois jours après, une personne avec qui je n’aurais même passé qu’une seule soirée chez des amis !

Et Marie, qui le prend pour le jardinier !... (Jean 20).

On ne peut alors que se poser certaines questions qui n’ont pas toujours et ont même rarement de réponse :

— Toutes ces femmes et tous ces hommes ont-ils rêvé debout ? Ont-ils été victimes d’une hallucination collective ?
— Ou bien ont-ils été les acteurs inconscients d’un phénomène extraordinaire d’autosuggestion, se persuadant que ce Jésus qu’ils avaient connu, aimé, suivi, écouté, ce Jésus tellement formidable et attirant... ne pouvait pas être mort : donc, il est vivant.
— Ou bien enfin, et c’est tout de suite l’analyse que font les responsables juifs de Jérusalem, s’agit-il d’une superbe escroquerie à l’espérance qui marcherait depuis bientôt 2 000 ans ? Une supercherie montée de toutes pièces (Matthieu 28/11-15) ?

On ne peut objectivement éliminer aucune de ces hypothèses et, si je les ai évoquées, ce n’est pas par souci d’être iconoclaste, mais parce que, aujourd’hui comme toujours, certains de nos contemporains se les approprient !

Et à côté de ceux qui haussent les épaules quand vous leur parlez de résurrection des morts, il en est d’autres pour qui les disciples de Jésus restent des rêveurs à l’imagination fertile ou de subtils escrocs qui ont trouvé un filon inépuisable !

Et si nous reprenions, "Bible en mains", les textes des évangiles concernant la résurrection de Jésus ? Vous les trouverez dans les évangiles aux références : Matthieu 28, Marc 16, Luc 24, Jean 20 et 21.

Ce qui est étonnant et marquant pour le lecteur non objectif que je suis,
— c’est d’abord la conviction de ces premiers témoins : leur crainte, leurs peurs, leurs questions et leur joie sonnent juste et vrai.
— Le fait même de certaines incohérences, que j’évoquais tout à l’heure, le fait qu’ils ne cherchent aucunement à harmoniser les récits pour en faire je ne sais quel conte de fées, tout cela, à mes yeux, plaide en faveur de l’authenticité, de la réalité d’un événement qui les a toutes et tous bouleversés.

Cela veut dire sans doute que parler de résurrection des morts est affaire de conviction plus que de connaissance.
Nous nous disions tout à l’heure : on voudrait savoir ! J’ai envie maintenant de vous dire : je ne sais rien, mais voici ce que je crois.
— Je crois à la réalité d’un événement qui a bouleversé ceux et celles qui en ont été les témoins. Je ne puis guère en dire plus, et cela signifie de ma part le refus de la résurrection de la chair dans un sens matériel aussi bien que le refus du rêve collectif !
Je risque, ce faisant, de m’attirer les foudres de ceux qui pensent que Jésus n’est ressuscité que dans la tête de ses disciples, et de certains fondamentalistes pour lesquels remettre en cause la matérialité physique de la résurrection est un crime théologique abominable ; je vous redis donc simplement ma conviction qu’il s’est bien passé un événement réel !
— Je crois le témoignage des premiers témoins, j’adhère, moi aussi, à ce qu’ils disent et proclament, je dis, moi aussi : il est ressuscité ! Il est vivant !

Mais, une fois que j’ai dit cela, qu’est-ce que j’ai dit ? Il vaut la peine d’aller plus loin, de tenter d’approfondir le sens de ce verbe : ressusciter, et de comprendre le sens du signe.

Dans bien des régions de l’Orient existaient des mythes connus d’un dieu qui meurt et qui renaît : le culte qui leur était rendu était souvent lié au cycle de la nature, qui meurt à l’automne et renaît au printemps.
Ces dieux s’appelaient Tammouz et Bel Mardouk dans la religion babylonienne, Adonis chez les Phéniciens et plus tard chez les Grecs, Osiris en Egypte et Mythra en Perse.

Une autre idée de la vie et de la mort — tellement vivace qu’elle est, encore aujourd’hui, après vingt siècles de christianisme, présente parmi nous — est issue de la philosophie de Platon : pour lui, l’étincelle de vie divine en l’homme qu’il appelle l’âme est prisonnière d’un corps essentiellement mauvais : la mort de Socrate, condamné à boire la ciguë, est significative : il est tout à fait serein, se réjouissant que son âme immortelle se sépare enfin de l’enveloppe mauvaise de la chair pour aller rejoindre les Champs Elysées des dieux. Nous sommes bien loin du combat, de l’agonie de Jésus de Nazareth à Gethsémané, demandant à ce Dieu qu’il appelle son Père de le libérer, si possible, de l’épreuve de la mort.

Peut-être êtes-vous frappés comme moi par le fait que ces philosophies orientales et grecques aboutissent à une négation de fait de la mort : que l’homme cherche à escamoter cette réalité qui le terrifie et le fascine n’a rien d’étonnant.

Je n’aime pas la mort, et j’imagine que vous êtes sans doute comme moi. Je vois bien que, dans notre civilisation occidentale à la fin du vingtième siècle, on cherche aussi bien souvent à occulter la réalité de la mort.
Rares sont les groupes sociaux qui n’oublient pas que la mort fait partie de la vie : les montagnards et les marins sont de ceux-là, parce que la mort est quotidiennement proche. On meurt aujourd’hui rarement chez soi, et les cadavres pomponnés de nos chers disparus sont confortablement présentés dans les salons funéraires aseptisés et anonymes.

Le Judaïsme a une autre vision des choses de la vie et de la mort. Pour un Juif, la mort, c’est la mort. Définitive et totale. Il n’y a pas, pour un Juif, d’âme immortelle prisonnière d’un corps mauvais. En hébreu, parler d’âme, de corps ou d’esprit, ce sont trois façons de parler de la personne humaine dans sa totalité. Les morts sont morts, un point c’est tout ! Quand on parle de leur état, à l’époque de Jésus, on emploie souvent le terme de sommeil, et le lieu indéterminé où ils se trouvent, le "séjour des morts", n’est ni situé ni décrit.

Quant à la notion de résurrection, elle est relativement récente dans le Judaïsme : on la trouve, dans le sens d’une résurrection collective du peuple, chez Ezéchiel, le prophète de l’exil au sixième siècle avant notre ère.
L’idée d’une résurrection individuelle et personnelle apparaît dans le livre de Daniel, au deuxième siècle avant Jésus.
Au temps de Jésus enfin, on sait que les Pharisiens croyaient â une résurrection des morts, alors que les Sadducéens, tout aussi pieux, en nient la réalité avec conviction. Vous vous rappelez peut-être comment un jour ces Sadducéens tendent à Jésus un piège amusant et ridicule :
Notre loi, disent-ils à Jésus, autorise une femme à épouser son beau-frère si son mari vient à mourir en la laissant sans enfant, de façon à lui assurer une descendance. Prenons le cas d’une femme qui a six beaux-frères : son mari meurt, les six frères meurent successivement après l’avoir épousée ; au jour de la Résurrection, disent-ils à Jésus, de qui sera-t-elle l’épouse ?...
Et Jésus, par sa réponse, les renvoie à leurs chères études, mettant le doigt sur le non-sens de leur histoire et de leur spéculation farfelue : "Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des Vivants", leur dit-il (Matthieu 22/23-33).

C’est bien parce que le Judaïsme ne nie pas la réalité de la mort, ne l’esquive pas, que la Résurrection va apparaître soit comme un scandale, soit comme un signe essentiel.
Mais si je parle ici de miracle, il faut aussi rappeler que, devant l’irruption de l’insolite dans le quotidien, devant le signe et le Miracle, le croyant juif ne se demande pas, comme notre esprit cartésien et rationaliste nous amène à le faire : comment cela est-il possible ? Mais on se pose la question : quel sens cela a-t-il ? Quel est le message dont ce signe est porteur ?

Pour parler de Résurrection, le Nouveau Testament va utiliser deux termes de la langue de tous les jours.

— Le premier verbe signifie que l’on relève quelqu’un qui est à terre, ou que l’on réveille quelqu’un qui est endormi !
Ce même mot sert à désigner le fait de dresser les piliers d’un pont ou de réparer des murs. L’idée centrale semble bien l’idée de dresser, de redresser, de se dresser ou de se mettre debout. C’est le verbe que l’on emploie pour dire que l’on se rétablit après une maladie et que l’on retrouve la santé.
Exemples :
Actes 9/41 : "Pierre fait se lever Tabitha et la présente vivante à tous ceux qui sont dans la maison".
Marc 14/57 : "Quelques-uns se levaient pour donner un faux témoignage contre Jésus".
Actes 20/30 : "De vos propres rangs surgiront des hommes aux paroles perverses"

— Le deuxième verbe signifie le plus souvent se réveiller, sortir du sommeil. On l’emploie également pour exprimer l’idée de dresser, édifier, soulever, et enfin dans le sens de sortir les morts du sommeil, se lever parmi les morts.
Exemples :
Marc 5/41 : "Fillette, éveille-toi / ou lève-toi, debout !".
Matthieu 1/24 : "A son réveil..."
Matthieu 2/13 : "Lève-toi..."

Bien sûr, dans la plupart des cas, ces deux verbes sont traduits par notre verbe "ressusciter", mais il n’était sans doute pas mauvais de nous rappeler l’origine quotidienne de ces mots.

Si l’on devait, dans l’emploi que fait le Nouveau Testament de ces deux termes, distinguer entre eux des nuances de sens, on pourrait dire que le premier de ces verbes insiste plutôt sur l’aspect victoire de la vie sur la mort, et le second sur la résurrection comme un acte de puissance de Dieu, qui fait "remonter" la personne de l’anéantissement total qu’est la mort.

Nous avons, en fait, considérablement réduit en français le sens des mots, que ce soit le verbe ou le substantif : ressusciter et résurrection désignent exclusivement soit l’événement unique du retour de Jésus à la vie, soit une réalité qui m’attend — et l’humanité avec moi — après la mort.

Les auteurs du Nouveau Testament, eux, emploient des mots courants de la langue de tous les jours pour signifier une réalité éminemment active, savoir que ce qui est mort ne l’est plus, ce qui est à terre est remis debout, ce qui est endormi est réveillé.
Voilà le sens qu’ils donnent au verbe ressusciter.
Ressusciter : un verbe porteur de sens, un verbe qui exprime la conviction, aujourd’hui comme au jour de la résurrection de Jésus, que la mort n’est pas la fin de tout, et que la vie est toujours, peut toujours être plus forte que la mort.

Cette contestation fondamentale de la mort et ce formidable amour de la vie qu’exprime ce verbe, nous les situons presque exclusivement pour après la mort, pour au-delà de la vie.

Mais si telle est bien aussi ma conviction, je crois également que ce verbe, ressusciter, peut avoir un sens dans la réalité quotidienne de nos jours... et je ne suis pas en mauvaise compagnie, puisque c’est aussi, semble-t-il, ce que pense l’apôtre Paul, quand il écrit aux chrétiens de Colosses : "Vous êtes ressuscités !" (Colossiens 2/12).

Car il y a, bien sûr, un sens symbolique très fort â ce verbe ressusciter : je vais essayer de m’en expliquer et de vous dire aussi simplement ce que je crois :

— N’avez-vous pas la conviction, comme moi, que nombre de nos contemporains, devant les multiples et graves problèmes de notre monde, sont plongés dans un profond sommeil, une espèce de léthargie paralysante ?
— N’avez-vous pas le sentiment que, toujours coincés entre l’agenda et la montre, soumis au pointage à l’usine et au bureau, fatigués des bruits du métro, du boulot et des autos, nous côtoyons chaque jour des morts-vivants, des espèces de cadavres ambulants qui ont perdu le goût de vivre... ? D’où peut-être le nombre de suicides, plus élevés en France, vous le savez, que le nombre de tués sur les routes !
— Il y a enfin, dans notre monde occidental et riche, des profiteurs égoïstes, des consommateurs effrénés, qui me font penser à ces privilégiés que le prophète Amos, au 8° siècle avant notre ère, appelait "la confrérie des avachis" (Amos 6/1-7, traduction TOB).

En face de ces situations diverses, ressusciter, c’est dire à chacun et à tous : Réveillez-vous ! Saisissez la vie, elle est belle ! Soyez et restez debout !

La résurrection n’est rien d’autre que la bonne nouvelle de la victoire de la vie sur toutes les formes de la mort !

Et si la "chair" — nous en parlions tout à l’heure — est une façon de parler de l’être humain dans sa finitude, sa médiocrité, si c’est une façon de parler d’une humanité créée pour la vie et dont la trajectoire a été déviée vers la mort, alors la "résurrection de la chair" peut aussi devenir une expression porteuse de sens et d’espérance.

Cette bonne nouvelle pourrait bien être le signe d’une vie nouvelle, semblable à l’aube d’un nouveau jour. Comme moi sans doute, il vous est arrivé de vivre ce moment fabuleux où la nuit devient jour : lentement et inexorablement, la noirceur de la nuit qui noyait tout fait place aux contrastes et à l’apparition des couleurs ; luminosité et éclat des différences... Les bruits de la nuit, feutrés et indistincts, font place à ceux du jour... et tout éclate dans le soleil !

A l’aube du premier jour de la semaine, dit le quatrième évangile dans ce chapitre 20 que nous allons prendre comme trame des cinq prochaines prédications de ce Carême 90.
A l’aube du premier jour de la semaine donc, deux femmes se rendent, tristes et soucieuses, au tombeau de Jésus : elles courbent sous le poids de la mort de cet homme extraordinaire qu’elles aimaient, elles sont en proie à la désespérance, et elles vont être les premiers témoins de cette réalité qui maîtrise la peur, triomphe du doute, et transforme la vision du monde.
Oui, c’est bien l’aube qui est là : aube d’un monde autre parce que "Il est Ressuscité ! Il est Vivant !"
Il est celui qui nous devance et nous appelle à être, nous aussi, les prophètes, les précurseurs et les témoins d’un monde différent, autre, où la vie est plus forte que la mort !

Amen.