Carême : 2010

LA VOCATION DE L’AMOUR : VIVRE !

Renoncer à l’amour qui tue

Rien n’aurait pu laisser supposer qu’une histoire à 
la vie, à la mort, allait réunir Roméo et Marie. Lui, fils
d’émigré, élevé à la dure : chez lui, on ne parlait tout simplement
pas. On cognait. Marie, bourgeoise parisienne,
qui fuit dans l’imaginaire, poursuivie par un trop lourd
secret de famille. Leur union aura été comme la foudre,
brà »lante et meurtrière. La blessure des années d’enfance
avait marqué le flanc de leur histoire de cicatrices indélébiles,
comme d’incontournables balises qui conduisaient
inexorablement à des amours destructrices. Heureusement,
il arrive parfois que l’on parvienne à s’extirper de
cette mort que l’amour porte en ses replis. On en ressort
atteint à la jointure de l’être, mais vivant d’une vie imprenable.
Avec pour toute richesse un seul mot : altérité.
L’altérité de l’autre.

Ceux d’entre vous qui fréquentent les librairies
auront sans doute reconnu le roman d’Eve de Castro, Cet
homme-là [1] .

Avec cette question posée à toutes et tous : comment
se fait-il que nous ayons tant besoin d’être aimés, au
point d’aimer à mort ?

Les histoires d’A

Les histoires d’amour

Les histoires d’amour finissent mal

Les histoires d’amour finissent mal en général [2]

Paroles et musique inattendues dans le paysage
d’un carême protestant sur France Culture ! Et pourtant,
cette chanson est devenue un classique qui dit un paradoxe
que nous pouvons tous constater : l’amour fait courir
le monde, mais le poignarde de ses plus douloureuses
déceptions.

L’amour : un lieu tenu sous haute surveillance, un
lieu tenu pour sacré !

Touche pas à l’amour ! On en souffre, mais on y
tient !

Les enquêtes statistiques le montrent : les Français
divorcent de plus en plus mais c’est bien souvent pour se
remarier ! Les jeunes hésitent à se marier ; pragmatiques,
ils consomment, mais ne s’engagent pas Ils ont trop
peur d’être déçus. Preuve qu’ils tiennent à l’amour, eux
aussi. On meurt d’amour, aujourd’hui encore Beaucoup
de femmes incarcérées à la prison de Rennes le sont
pour des histoires d’amour qui ont mal fini. Des amours
qui tuaient à petit feu, qui ont mis le feu aux poudres,
jusqu’au geste fatal.

A l’échelle de la société, les grands élans d’amour
altruistes comme lors du drame haïtien, font l’unanimité.
Mais ils sont mis en scène, comme s’il fallait qu’on se regarde
en train d’aimer, comme pour faire la démonstration
qu’on en était capable.

Dans le discours chrétien, enfin, il est mal vu de
soupçonner l’amour. C’est la vertu par excellence. Et s’il
aboutit à des situations destructrices, il ne faut pas le dire.
Ou bien on fait valoir que c’est de l’amour contrefait. On
veut sauver l’amour, à tout prix !

Bref, on a tous besoin de croire en l’amour. Quand
on s’y risque, c’est pour être comblé, quand on y renonce,
c’est par peur d’être déçu. Mais toujours, il faut préserver
l’idéal. L’amour semble justifié en lui-même, comme s’il
était sa propre origine et sa propre fin. Dieu est amour
Mais à y regarder de plus près, il semble bien plutôt que
l’amour soit devenu Dieu.

L’amour est-il une fin en soi, ou bien a-t-il une vocation
hors de lui-même ?

Doit-on lui sacrifier la vie, ou bien est-ce lui qui
doit être au service de la vie ?

Aimer à mort ou aimer à vie ?

« Laisse les morts enterrer leurs morts, et toi, quand
tu es en marche, tu annonces le Royaume de Dieu ! » Ce
verset qui nous accompagne pendant tout ce Carême,
nous suggère que le but de l’existence n’est pas l’amour,
mais le Royaume de Dieu.

Et si le Royaume de Dieu, c’était cette part de
l’existence où nous avons été mis debout, où nous avons
été mis en marche par une parole qui nous a délivrés des
tombeaux où nous étions retenus prisonniers. Y compris
quand ces tombeaux étaient peints aux couleurs de
l’amour !

Quand l’amour capture, il tue !

« Laisse les morts enterrer leurs morts et toi, quand
tu es en marche, tu annonces le Royaume de Dieu ! » C’est
en t’éloignant des amours-tombeaux que tu annonces le
Royaume de Dieu, en t’éloignant de ce qui, dans l’amour,
tue : ce qui, dans l’amour, a tendance à transformer l’autre
en une chose. Ou à faire de soi une chose pour l’autre.
L’amour qui tue, c’est l’amour qui instrumentalise, qui
chosifie.

Il faut entendre les confidences de ces femmes devenues
meurtrières d’avoir été tuées, des années durant,
par des hommes qui croyaient que leur amour leur donnait
des droits. Droit d’humilier, d’utiliser, de violer, de
mépriser, de battre Parfois même, suprême perversion,
avec le recours des « saintes écritures » qui disent : l’amour
supporte tout, l’amour pardonne tout !

Sans aller jusque dans ces situations extrêmes, il y
a dans chaque « je t’aime » la tentation d’une prise de possession
de l’autre. « Si tu m’aimes comme tu croques les
pommes que tu dis aimer, alors, j’ai peur ! » Nos amours
humaines sont ainsi faites d’un curieux mélange de don
et de capture, de désir et de convoitise, de liberté et de
possession. Il y a au creux de l’amour quelque chose qui
le travaille en sourdine. Comme un ennemi intérieur à 
deux faces. L’une qui dirait : « viens ! Tu m’appartiens ». Et
l’autre qui, en réaction, dirait : « Moi je n’appartiens qu’à 
moi je vais comme je veux ». Dans les deux cas, il n’y a
plus de place pour l’autre. L’amour a manqué sa cible. Le
désir est prisonnier de la convoitise.

L’amour humain ou l’amour de Dieu emprunte un
seul et même chemin, miné par le même ennemi : l’enlisement
dans l’amour-qui-tue. Cet amour qui réduit les
amoureux l’un à l’autre. Cet amour qui réduit Dieu à une
idole qui nous tient sous sa coupe. Ces amours qui tuent.

Cette confusion entre l’amour-désir qui est appel à 
la liberté et l’amour-convoitise qui rend prisonnier est une
confusion de chaque instant. Même dans la traduction de
ce poème biblique, extrait du Cantique des Cantiques, qui
chante à la fois le jeu amoureux des amants et l’amour que
Dieu nous porte et que nous lui portons.

« J’entends mon bien aimé, oui, le voici ! Il vient,

il saute les montagnes et dévale les collines

Mon bien-aimé ressemble à la gazelle, à un jeune
cerf !

Le voici : il est là . Derrière le mur, guettant par la
fenêtre,

Lançant des regards au travers des treillis.

Mon bien-aimé me parle Il me dit :
Lève-toi, mon amie, viens donc, ma belle ! » [3]

Vous avez entendu : « viens donc ma belle ! » Étrange
traduction, car le texte hébreu dit : « Va, va vers toi ! Va
pour toi ! » Et ce ne sont pas des mots anodins ! Ce sont
ceux qui ont été adressés à Abraham, comme vocation :
« quitte le cimetière de tes ancêtres ! Va, va pour toi sur
un chemin que je t’ouvrirai ! ». Dans un cas, « viens ! » est
un ordre, un mouvement qui ramène à soi, une prise de
possession. Dans l’autre cas, c’est un appel pour ouvrir un
chemin de confiance et un avenir inédit.

Pourquoi donc cette traduction, cette trahison ? La
trace du machisme des traducteurs, masculins pour la plu-
part ? Sans doute. Mais aussi, et surtout, elle est le signe
que l’amour humain est toujours un mélange d’amour-vocation
et d’amour-possession, de désir et de convoitise.

Quand l’amour ouvre un avenir inédit, il fait vivre !

« Va, va pour toi. » C’est ainsi qu’il faudrait traduire
 ! L’amour est donc d’abord appel de désir, une
quête qui ménage l’espace de l’autre et qui vit de cet espace
dont il sait qu’il lui demeurera à jamais inaccessible.
Au plus intime de l’intime, l’autre demeurera toujours
autre, définitivement étranger. Et c’est cette étrangeté
réciproque et partagée qui scelle l’union, faite de ces
deux désirs qui s’offrent l’un à l’autre, sans aucun lien
de complémentarité. Car nul ne possède ce qui manque
à l’autre, puisque ce qui manque à chacun, ce n’est pas
quelque chose, c’est la trace de quelqu’un. Quelqu’un à 
jamais disparu.

C’est ce qui caractérise la sexualité humaine. L’animal
copule pour répondre au besoin de la nature. Certes
bien des « homo sapiens » se comportent comme des animaux,
mais ce qui nous rend humains c’est de transposer,
d’interpréter, de décliner ce besoin sur le mode du désir.
L’animal se reproduit, l’humain « fait l’amour ». L’humain
est capable d’érotisme, cet art difficile de la patience qui
fait tarder le besoin, diffère l’envie pour faire droit à la
différence de l’autre, dans toute son étrangeté, dans son
irréductible singularité. Tout ce qui prétend abolir la frontière
de l’autre est à proprement parler pornographique :
en prétendant dévoiler le secret de l’humain, il le trahit et
le tue. Il tue l’humanité de l’humain. Tout ce qui, dans
la publicité, dans la politique ou dans l’amour prétend réduire
l’humain à une utilité, est assassin. Justifier l’amour
au nom d’une utilité naturelle, ,œ comme la procréation
par exemple ,œ c’est tuer son caractère humain. Le désir
n’a pas d’autre finalité que l’altérité. L’humanité passe par
l’autre, comme dit la devise de la Cimade [4].

Le Dieu de la Bible dit : « va, va vers toi ! » Il n’aime
pas de convoitise, mais de désir. Il n’aime pas pour nous
réduire à sa volonté, mais pour nous faire vivre libres. Libres,
en particulier des dieux qui disent : « Viens ! Viens,
tu ne peux vivre qu’en devenant ce que je veux que tu sois !
Qu’en te soumettant à ma volonté ».

Il n’y a qu’une nuance, entre volonté et désir. Comme
entre convoitise et désir. Juste une nuance, mais qui
fait toute la différence entre mort et vie ! Pourquoi a-t-on
traduit et continue-t-on à répéter : « que ta volonté soit
faite » ? Pourquoi pas que « ton désir advienne » ? Le texte
grec permettrait tout à fait cette traduction Mais nous
n’osons pas imaginer un Dieu qui aime en disant : « Va ! ».
Nous n’osons pas vraiment croire en un Evangile où Dieu
dit définitivement : « Va ! ».

Il faudrait pourtant redire le bonheur de comprendre
le monde et la vie à la lumière de ce « va ». Oser
s’aventurer, oser se risquer à aimer la condition humaine,
apprendre à y saisir le désir même quand il est mâtiné
de convoitise, apprendre à tenir dans le possible des
jours l’impossible du désir Apprendre le monde grâce
à l’autre.

Apprendre à voir le monde avec d’autres lunettes
que celles de l’appropriation possessive, être liés de liberté
et non de nécessité fonctionnelle, être liés de confiance
et non de gages, être liés du don d’une quête impossible
à combler, être liés de désir. Devenir vivant. Prendre
les jours comme le chemin d’une vocation, apprendre
la confiance. Comprendre ce qui nous unit, comme le
chante Jean Ferrat [5] :

Tu m’apprendras tes yeux de fleur

Tes bras colliers tes hanches flammes

Ton rêve abeille et crève-coeur

Ton rire femme

Je serai l’ombre qui te suit

Cette part toujours en nous-mêmes

Qui se dérobe à l’autre et fuit

Ce que l’on aime

Nous apprendrons à nous connaître

En jetant bas les interdits

Je serai la fenêtre ouverte

Et toi la nuit

Comprendre

La fleur et le fruit

Comprendre

Ce qui nous unit

Nous conjuguerons l’avenir

A chaque instant présent dans toi

En partageant le vin le rire

Avec ceux-là 

Qui vivent plus haut que leurs songes

Qui haïssent la solitude

Qui chassent l’ombre et le mensonge

Des habitudes

Nous apprendrons à voir le monde

Avec ces hommes d’aujourd’ hui

Dont les rêves aux nôtres se fondent

A l’ infini

Comprendre

La fleur et le fruit

Comprendre

L’ homme d’aujourd’ hui

Au delà de la haine qui habite l’amour

Malgré l’élan qui parfois nous habite, ce bonheur
de voir le monde au travers des lunettes du désir, nous
échappe régulièrement. L’amour parental, conjugal, filial,
fraternel, l’amour envers soi est trop souvent synonyme de
soumission, de jalousie, d’oubli, de rivalités, de déception.
Il arrive que nous soyons plongés dans le désarroi le plus
total et la dépression. Il arrive que nous n’osions plus nous
risquer à aimer, tant la haine qui habite l’amour nous fait
peur.

La Bible est porteuse d’une vraie espérance parce
qu’elle ne noie pas cette haine sous un flot de bons sentiments.
De façon déroutante, elle l’accueille et lui accorde
une place. Elle ne la refoule pas.

« Si quelqu’un vient vers moi et qu’ il n’a pas de
la haine pour son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses
frères, ses soeurs et même pour son âme propre, il ne peut
pas être mon disciple. » C’est une parole de Jésus, dans
l’évangile selon Luc [6]. C’est une parole qui dérange et
qui pourtant pourrait être une sacrée bonne nouvelle !

D’abord, entendons qu’il ne dit pas : « tu haïras,
père, mère, etc. ». Ce n’est donc pas un commandement
de haine. C’est plutôt un constat : il y a souvent de la
haine dans les amours humaines. Mais encore faut-il l’admettre
 ! Autrement dit : s’il vous arrive d’avoir de la haine
pour ceux que vous aimez, comme cela peut arriver à tous,
eh bien ! votre cas n’est pas désespéré ! Au contraire : c’est
à partir de ce constat que Jésus peut quelque chose pour
vous ! C’est à partir de ce constat que vous pouvez être son
disciple. C’est comme s’il disait :

« N’aie pas peur de reconnaître la face obscure de
ton amour ! C’est comme ça, l’humanité ! Et moi, c’est
dans ton humanité que je viens t’appeler, pour que tu l’habites,
avec confiance, forte de ma promesse ! C’est une
parole de subversion que je t’apporte. Le mot n’est pas
trop fort ! Je viens subvertir tes amours naturels, je fais
craquer le vernis qui leur donnait un éclat factice. Je viens
les mettre à nu pour les appeler hors d’eux-mêmes. Pas au-
delà d’eux-mêmes comme s’il s’agissait de les purifier ou
de les sublimer. Mais hors d’eux-mêmes : je les ouvre à une
extériorité. Je viens les appeler à une nouvelle trajectoire,
les appeler du côté de l’altérité. Les rappeler sans cesse du
côté du désir ! »

C’est exactement ce que l’on fait (ou devrait faire !)
quand on célèbre une bénédiction de mariage. On ne ratifie
pas un sentiment existant, on procède encore moins
à une mise en conformité avec un ordre moral. On prononce
une parole extérieure qui appelle, qui fait résonner
un « va, va vers toi ! », là où tout le monde, à commencer
par les amoureux eux-mêmes, entendent : « viens ! ». On
subvertit leur amour, on l’ouvre, on le met sur la route du
désir. La bénédiction est une vocation, un appel pour le
couple à vivre de ce « va, va vers toi ! » que Dieu adresse à 
chacun d’eux et aussi à eux deux ! La parole de bénédiction
proclame que la vocation de l’amour, c’est : vivre !
C’est un appel à être fidèle au désir, autant qu’on le peut.
S’il devait malheureusement arriver que la relation du
couple n’apporte plus que douleur, et souffrance, alors il
se pourrait bien que la fidélité passe par la rupture. En parodiant
la parole de Jésus à propos du Sabbat, on pourrait
dire : le mariage est fait pour l’humain, et non l’humain
pour le mariage. Le mariage est vocation. Nous l’oublions
trop souvent. Ce n’est pas une obligation de résultat, c’est
un appel à vivre !

Un amour venu d’ailleurs !

C’est difficile, d’avoir des parents, des enfants, un
conjoint, des frères ou des soeurs haïssables ! Qui ont fait
ou font des choses qui vous les rendent haïssables. On en
éprouve une souffrance qu’on a du mal à imaginer. Et
une culpabilité, comme si on y était pour quelque chose.
Comme si on était soi-même déprécié.

Si Jésus vient décaper tout le vernis qui recouvre
l’amour des relations naturelles, c’est pour les ouvrir à un
autre amour. Un amour sans condition, sans obligation de
conformité, sans enfermement : celui du Dieu qu’il nous
désigne. Lui nous aime, même si nous avons de la haine
pour nos proches, et même si nos proches sont haïssables.
Jésus nous désigne un Dieu qui nous aime, même quand
nous sommes nous-mêmes haïssables, quand nous avons
trop honte de nous-mêmes.

Même si ta vie sexuelle te plonge dans la misère de
te sentir manipulé de l’intérieur par un désir qui s’égare
et se perd ; même si tu te retrouves au petit matin avec
comme un dégoà »t de toi, il y a encore une parole, plus
forte que toutes les hontes, plus forte que toutes les haines
que tu peux avoir de toi. Même si dans ta vie relationnelle,
de peur de n’être pas aimé, tu te prêtes à tous les compromis,
que tu fais taire tes désirs de peur qu’un conflit ne
te relègue dans la solitude. Même si tu préfères être aimé
d’un amour méprisant que d’être rejeté, même si tu te dis
que tu n’es pas à la hauteur de ta vie, que tu manques de
courage, il y a toujours une parole pour toi, pour te dire
un amour indéfectible. Même si dans ta vie professionnelle
tu as honte de toi, de dire amen à des petits chefs
abusifs, même si tu en venais à te mépriser, il y a une parole
pour toi qui te dira que tu as une dignité que rien ne
pourra jamais te retirer. Même si dans ta vie religieuse, tu
te crois toujours en dette vis-à -vis de Dieu, même si tu ne
parviens pas à l’entendre autrement que comme un maître
redoutable qui veut ta soumission, il y aura toujours une
parole pour te dire : « va, va vers toi ! ».

Il y aura toujours une parole à t’attendre avec toute la
patience qu’il faudra. Car cette parole n’est pas seulement
écrite dans un livre, elle a un nom. Elle a pris chair. Elle a
été vue à l’oeuvre ! Les disciples n’avaient rien compris. Et
probablement pas cette parole sur la haine des proches
Qu’importe ! Ils étaient disciples quand même.

« Va, va pour toi, risque-toi à vivre, sur le chemin
d’une vie qui ne dépend pas de la qualité de ton amour, de
tes réussites ou de tes échecs. Même si tu te trouves détestable,
haïssable de t’être prêté à des amours tueuses, il te
reste ma confiance. Et je te la donne ! » Voilà ce qu’inlassablement
le Dieu de Jésus-Christ te dit et te dira toujours.

Car Dieu ne fait pas que de nous inviter à nous
éloigner de ce qui est mortifère dans nos amours. Il désamorce
la peur du chemin, en l’empruntant lui-même :
Jésus-Christ nous permet d’avoir plus confiance en Dieu
qu’en sa loi. Il nous donne l’audace qu’il faut pour s’aventurer
du côté de la vie.

« Laisse les morts enterrer leurs morts », car il y
a toujours un Royaume de Dieu à découvrir. Un instant
où il nous précède sur le chemin des amours qui mènent
à la vie !

Notes

[1Eve de Castro, Cet Homme-là , Robert Laffont, Paris : 2010.

[2Parole du refrain de la chanson Les histoires d’a, Les Rita Mitsouko,
album : The No Comprendo.

[3Cantiques des cantiques 2.8-10.

[4La Cimade est un mouvement oecuménique appartenant à la Fédération
Protestante de France, qui depuis la seconde guerre mondiale apporte
assistance aux personnes migrantes. Elle agit en priorité sur l’assistance
juridique en aidant les étrangers à faire valoir leurs droits. Elle a aussi
le souci de l’éducation au respect de l’étranger et du développement de
relations internationales qui offriraient aux populations autochtones un
avenir digne. Sa devise présente est « L’ humanité passe par l’autre ! » Pour
plus de renseignements, voir le site internet : Cimade.org.

[5Jean Ferrat, Comprendre, paroles et musique. Disques Temey, TEM
74139-2 ; CB 811, Editions : Productions Alléluia, Paris : 1980.

[6Luc 14.26.