Carême 1963 :

LA PROSPECTIVE CHRÉTIENNE

LA PROSPECTIVE CHRÉTIENNE

 

Je dois tout d’abord justifier le titre de cette méditation.

Je voudrais montrer que la foi chrétienne est une certaine façon de voir, de voir les choses, les événements, les personnes. Et quelle est cette façon de voir ? C’est de voir les choses à la lumière de l’Evangile de Christ, c’est-à -dire en mouvement vers leur avenir, avec leur chance, dans la grâce de la rédemption qui leur est accordée, selon les promesses de la réconciliation. De cette manière de voir, découle pour le chrétien une certaine manière de se conduire dans le monde.

Si la foi chrétienne est ainsi ouverte sur l’avenir, et non seulement ouverte mais attentive à l’avenir, si elle prend le parti d’en tenir compte, c’est-à -dire de compter avec lui, de sorte que tout problème soit étudié, toute décision prise, tout travail accompli, en rapport avec cet avenir, comme si cet avenir était dès maintenant un présent qu’il ne faut pas perdre de vue, alors on peut bien appeler cette foi une sorte de prospective.

Je dis bien prospective. Certains journaux ont annoncé la perspective chrétienne. L’erreur n’est pas très grave. La perspective est une vision dans l’espace ; la prospective, une vision dans le temps. De toute manière, il s’agit d’une vision d’ensemble. Par contre, ce que nous disons ici n’a rien à voir avec la prospection comme on l’a également annoncé. Précisons encore que la prospective se distingue de la prévision en ce qu’elle est quelque chose de plus que la prévision. La prévision permet de tirer parti d’un renseignement, comme le jardinier qui tient compte des informations de la météorologie. La prospective consiste à prendre parti pour ou contre une probabilité. Elle est un engagement dans une aventure où l’homme devient, en une certaine mesure, ouvrier de l’avenir, co-ouvrier de l’histoire. C’est bien dans ce sens que nous voulons parler de la foi.

Le mieux est ici de revenir à la source et d’interroger le Nouveau Testament.

Que s’est-il passé au moment de la naissance de l’Eglise ? Il s’est passa ceci que les disciples de Jésus ont tout à coup compris quelque chose concernant leur Maître, quelque chose qu’ils n’avaient pas compris précédemment et qui a bouleversé leur vision du monde. Le mot "comprendre" est ici essentiel. Selon les évangiles, Jésus accuse ses auditeurs de ne point comprendre ce qui se passe. "Pourquoi, dit-il, ne comprenez-vous pas mon langage ? Et les disciples eux-mêmes, cependant instruits journellement par leur Maître et proches de lui, ne comprenaient pas ce qu’il leur disait. Mais nous voyons ensuite, dans les Actes des apôtres et dans les épîtres, après la Résurrection et à la Pentecôte, que les disciples, et avec eux de nouveaux fidèles, comprirent ce qui s’était passé. Ils ont compris que dans ces affreux événements de l’arrestation, du jugement et de la crucifixion de Jésus, une manifestation de Dieu se faisait jour, annonçant une victoire sur la mort. Et non seulement une victoire, mais le mystère de sa volonté de salut, le bienveillant dessein qui intéresse la création entière de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. L’histoire a donc un sens et tout est en marche avec elle. Le temps ne tourne pas en rond, revenant sur lui-même, mais il progresse et porte la création vers un accomplissement. Ce Jésus crucifié a été fait Seigneur. C’est-à -dire qu’il a été glorifié et placé non seulement au-dessus de tout ce qui peut être nommé, à la droite de Dieu, comme son lieutenant disposant de sa puissance et juge des nations, mais aussi au terme de toutes choses comme convergence et réconciliation de toute la création. Ils ont compris qu’il s’agissait là d’une décision de Dieu, une décision prise une fois pour toutes et sur laquelle on ne peut pas revenir. Il y a donc un avenir, déjà posé, déjà en place et vers lequel tout s’achemine à travers une histoire encore confuse.

Je dois ici marquer une différence sensible entre ce que j’appelle la prospective chrétienne et les formes habituelles de la prospective au sens courant du mot. Il s’agit bien, dans la foi chrétienne, d’une information reçue du passé, concernant l’avenir et éclairant le présent, comme dans toute démarche de prospective. Mais cette information, cette connaissance de l’avenir est ici d’une nature très particulière. Elle n’est pas le fruit d’un long travail de statistiques et de comparaisons, puis d’extrapolation au-delà de ce que l’on sait et conformément aux suggestions d’une courbe qu’on prolonge. Cette information concernant l’avenir vient d’un point privilégié de l’histoire. C’est une découverte faite dans la personne de Jésus-Christ, en qui le dessein de Dieu se fait jour. Elle ne vient pas d’une courbure qu’on peut interpréter selon la probabilité de son mouvement, mais d’un croisement de plusieurs lignes qui fixe un point, un point d’arrêt : il s’agit de la croix de Jésus.

De plus, cette information selon la foi chrétienne ne porte pas sur l’avenir proche, où elle serait assez certaine, pour devenir problématique et pour finir sans valeur pour des périodes plus éloignées, mais elle est la même pour demain et pour la fin des ages. Le temps qui passe n’y change rien. Tout est promis à la réconciliation.

C’est donc ce que les disciples ont compris. Cette découverte qu’ils ont faite en Jésus-Christ n’a pas été une connaissance de plus qui s’ajoute à celles qu’ils avaient déjà , mais elle a modifié toutes ces connaissances. Comprenant Jésus-Christ comme la révélation du dessein de Dieu pour ce monde, ils ont aussi, rétrospectivement, compris d’une nouvelle manière toute l’histoire, tout le passé du peuple d’Israël et ils ont lu les Ecritures comme ils ne l’avaient encore jamais fait. Ils ont compris que cette histoire d’Israël était liée à l’histoire du monde. Ce qui les a intéressés dans cette histoire, c’est tout ce qui exprime une attente, une espérance, un acheminement, une marche dans le désert vers l’accomplissement des promesses faites aux pères. Les patriarches et les prophètes leur sont apparus comme des "voyants", comme les précurseurs de ce qui ne pouvait pas manquer d’arriver selon les promesses de l’alliance, les témoins de la révélation de Dieu, en avance sur les événements de leur temps mais en accord avec le sens profond de ces événements, tourmentés par leur secrète vocation dont ils ne pouvaient pas se démettre mais aussi invincibles et accomplissant des œuvres stupéfiantes.

"C’est par la foi, dirent-ils, que les anciens ont accompli leur œuvre. Abraham, Moïse, Josué, les prophètes, tous ceux qui ont été tournés en dérision parce qu’ils espéraient contre toute espérance, eux dont le monde n’était pas digne mais auxquels pour finir a été rendu témoignage, ceux-là sont morts dans la foi sans obtenir les choses promises, mais ils les ont vues et saluées de loin". Les disciples ont compris ce que voulait dire cette longue histoire où les Juifs sont des étrangers et des voyageurs sur la terre. Comprenant que Jésus est le Seigneur, ils ont aussi compris leur temps, le temps où ils vivaient et l’usage qu’il faut en faire. Ils ont compris qu’ils avaient maintenant une tâche, et ils se sont compris eux-mêmes, eux les disciples lents à croire, eux qui avaient abandonné leur Maître, ils se sont compris comme connus, aimés, accompagnés, pardonnés, pris en charge et utilisés. Tout a changé pour eux et tout a commencé. "Jésus a inauguré pour nous, disent-ils, une route nouvelle et vivante à travers le voile". Ils ont reçu une nouvelle vision des choses, c’est-à -dire une nouvelle intelligence. L’apôtre Paul y fait allusion dans son épître aux Romains quand il recommande aux nouveaux chrétiens : "Ne vous conformez pas aux manières de voir de ce monde, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez la volonté de Dieu qui est bonne, plaisante et parfaite".

Telle est la prospective pratiquée par les chrétiens de l’Eglise primitive. Je pense que nous devrions tenter d’en faire nous-mêmes l’exercice. C’est-à -dire nous avancer, nous aussi, sur ce chemin nouveau et vivant inauguré par Jésus-Christ et connaître ce renouvellement de l’intelligence annoncé par Saint Paul, qui est une nouvelle manière de voir.

La règle, me semble-t-il, de cette manière de voir, c’est de ne rien considérer indépendamment de Jésus-Christ, c’est-à -dire séparé de Jésus-Christ. Quoi d’étonnant ? Les disciples ont tout compris d’une façon nouvelle à partir de Jésus-Christ. Ils n’ont donc rien voulu comprendre désormais en dehors de lui.

Comprendre une chose, c’est la prendre avec Christ. La nouvelle vision dont il est ici question, c’est de prendre chaque chose, chaque situation, chaque personne dans sa plénitude, c’est-à -dire avec sa chance, ou plutôt avec cette espérance que le Christ fait reposer sur elle, dans son mouvement vers l’avenir qui lui est assigné et par conséquent dans sa vérité, car la vérité d’une chose, c’est ce à quoi elle est destinée.

Qu’est-ce que pardonner ? Est-ce ignorer la faute ? Non, c’est la prendre avec Christ. Affecter de ne pas voir la faute n’avance à rien. On n’aide pas quelqu’un en ignorant ses fautes comme si elles n’existaient pas. On l’aide en lui montrant que l’on n’en reste pas à la faute comme si elle était définitive, mais que l’on regarde plus loin. Pardonner n’est pas rester en deçà de la faute, mais aller au-delà . Dieu ne ferme pas les yeux sur nos offenses, mais il les ouvre, de manière à voir, avec l’offense, son Fils qui s’est donné pour le péché du monde. "Si notre cœur nous condamne, dit l’apôtre, Dieu est plus grand que notre cœur, car il connaît toutes choses". En effet, il connaît la fin vers laquelle il nous conduit et il connaît la prière de son Fils qui, dès maintenant, intercède pour nous. Pardonner n’est donc pas se forcer à oublier, mais s’appliquer à savoir ; ce n’est pas exclure mais inclure, c’est se souvenir. Pardonner, c’est comprendre, car c’est prendre avec Christ.

Qu’est-ce que consoler ? Est-ce nier l’épreuve ? Non, c’est la prendre avec Christ. L’épreuve ne peut être comprise autrement. Nier l’épreuve est un mensonge et le mensonge ne console pas. Il n’y a que la vérité qui console. "Le Consolateur viendra vers vous, dit Jésus à ses disciples, c’est le Saint-Esprit et il vous conduira dans toute la vérité". L’épreuve est une vérité souvent affreuse et qui fait peur. Instinctivement, on la repousse, mais c’est un maigre apaisement. La consolation, c’est d’aller au-delà . Car un peu de vérité afflige, mais toute la vérité console. Etre consolé, ce n’est pas ignorer, mais c’est savoir.

Qu’est-ce que croire, selon le Nouveau Testament ? Est-ce faire taire les objections ? Non, c’est les prendre avec Jésus-Christ. Car les objections ne sont pas gênantes. On peut parfaitement les garder. Elles peuvent même rendre service et c’est la santé de la foi que de faire bon ménage avec elles. Mais elles sont dépassées par la parole de Christ. Car la foi, selon le Nouveau Testament, n’est pas mon aptitude à croire, comme si je devais tirer de moi-même la confiance joyeuse d’une pleine adhésion à la Parole de Dieu. La foi, selon le Nouveau Testament, c’est toujours la foi de Jésus qui m’est annoncée dans la parole de l’Evangile comme étant plus forte que le monde et qui me concerne, moi qui suis un homme rempli d’objections et de doutes.

Qu’est-ce qu’espérer ? Est-ce nier la mort ? Fermer les yeux pour ne pas voir ? Croire que cela va durer ? Non, mais c’est la prendre avec Jésus-Christ. Car Jésus-Christ s’est livré à la mort d’une manière unique et décisive, de sorte que nous ne pouvons pas maintenant les séparer l’un de l’autre et considérer la mort en elle-même. La mort à l’état pur n’existe pas. Jésus est avec elle. Ici encore, espérer c’est comprendre. "Quoi que vous fassiez, dit l’apôtre Paul, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ". C’est en cela que la foi est une nouvelle intelligence des choses, un nouveau chemin, une nouvelle manière de voir qui consiste à ne rien prendre sans y comprendre Jésus-Christ.

Cela vous semble-t-il difficile ? Vous ne voyez pas comment vous pourriez inclure Jésus-Christ à toute circonstance où vous êtes mêlé ? Craignez-vous que les circonstances soient en général trop étrangères à l’Evangi1e pour qu’il vous soit possible de les comprendre comme nous avons dit ? Mais je vous pose ici une question : n’êtes-vous pas mêlé à ces circonstances ? Se pourrait-il que votre personne ne signifie rien pour ces circonstances ? N’êtes-vous pas porteur de la parole de la réconciliation ? N’êtes-vous pas témoin de Jésus-Christ jusqu’aux extrémités de la terre ? Partout où il ne vous apparaît pas que Jésus-Christ puisse avoir quelque chose à faire avec une situation, c’est vous qui êtes le signe que cette situation n’est cependant pas étrangère à Jésus-Christ, car vous êtes chargé de sens pour elle, ne serait-ce que par votre présence. Une grâce vous a été faite à vous qui portez dans votre baptême la marque du retournement des situations. Comment pourriez-vous être où que ce soit, sans y être l’annonce de l’espérance dont vous avez été l’objet ? "Comme le Père m’a envoyé dans le monde, dit Jésus, moi aussi je vous envoie". Comment pourriez-vous être où que ce soit dans le monde, sans y être envoyé, c’est-à -dire mandataire et chargé de mission ? Là où il n’y a aucun signe, c’est vous qui êtes le signe. Il faut prendre parti sur ce point. Je voudrais faire de ceci une application qui nous fera reprendre encore une fois le thème de la communion humaine.

La communion humaine semble particulièrement difficile à concevoir entré le croyant et l’incroyant, entre celui qui a la foi et celui qui ne l’a pas. Je veux montrer qu’au contraire, cette foi qui les distingue l’un de l’autre ne les sépare pas, mais plutôt les rapproche, les rend utiles l’un à l’autre et les unit dans une communion d’espérance et de charité.

En effet, comment le croyant voit-il l’incroyant ? Je dois dire que ces mots ne me plaisent guère, mais je n’en trouve pas d’autres. J’appelle incroyant celui qui ne croit pas l’Evangile de Jésus-Christ dont il a cependant entendu parler. Ce n’est pas l’ignorant que l’on peut toujours chercher à instruire, mais l’incroyant qui est saturé d’enseignement et qui en reste là . Je demande comment le croyant le voit-il ? Selon la prospective chrétienne, il le voit avec Jésus-Christ, car il ne peut pas le comprendre autrement. L’incroyant se tient peut-être éloigné de Jésus-Christ, mais le croyant doit voir que Jésus-Christ ne se tient pas éloigné de lui. Sans cela, comment serait-il encore le croyant ? De toute façon, c’est au croyant de commencer. Comment l’incroyant, qui n’a pas la foi, pourra-t-il croire que Jésus-Christ est avec lui si le croyant, qui a la foi, ne le croit pas lui-même ? Ce n’est pas à l’incroyant de comprendre le croyant, car à ses yeux d’incroyant, le croyant tient une position incompréhensible. Mais c’est au croyant de comprendre l’incroyant, c’est-à -dire de le prendre avec Christ. Après ce que nous avons dit, ceci ne peut vouloir dire qu’une chose : il faut voir l’incroyant à la lumière de la réconciliation accomplie en Jésus-Christ, ayant part lui aussi à l’espérance de la création, non pas figé et comme déjà jugé dans sa position, mais en chemin vers l’accomplissement.

Et comment le voir ainsi, puisqu’il nie précisément la grâce de Dieu ? Certes, il y a là une difficulté, mais il se trouve que nous sommes en relations avec lui. S’il est au-dessus de nos moyens de le comprendre avec Christ puisqu’il nie le Christ, nous pouvons cependant le comprendre avec nous puisque nous sommes envoyés vers lui. Il s’agit de le respecter dans son honnêteté d’incroyant, de l’instruire s’il écoute, mais surtout de se tenir à ses côtés comme la parole qui lui est adressée, qu’il ne peut prendre lui-même à son compte, mais qui lui est adressée. Il s’agit d’être auprès de lui le signe d’une vérité qu’il ne peut confesser, mais qui enveloppe son doute et qui est aussi sa vérité. Pourquoi cesserait-on, justement dans ce cas, d’être le témoin de Jésus-Christ jusqu’aux extrémités de la terre ?

Il se trouve d’ailleurs que, par un étrange retour, l’incroyant, de son côté, signifie quelque chose pour le croyant. En effet, si un homme a la foi, ce n’est pas comme une qualité naturelle qu’il tire de son propre fond, ni comme une œuvre qu’il accomplirait, c’est le don de Dieu accordé à celui qui est naturellement incrédule. Le danger, dans cette situation, est de s’approprier la grâce de Dieu, c’est-à -dire son pardon, sa présence, sa communion, comme une chose qui va de soi et qui devient banale. C’est-à -dire de ne plus la connaître comme la grâce que Dieu accorde. L’incrédule ici est comme envoyé au croyant comme le rappel et l’image vivante de ce que le croyant tend à oublier, à savoir qu’il est lui-même cet homme auquel Dieu fait grâce par pure miséricorde, cet homme qui a justement besoin d’être gracié, cet homme naturellement incrédule que Dieu maintient dans son alliance. L’étonnement ressenti par le croyant que Dieu puisse accorder sa grâce à l’incrédule est à la mesure et sert d’image à l’étonnement que le croyant doit conserver d’être gracié. Sinon, ce n’est pas la grâce.

Le croyant et l’incroyant sont donc deux partenaires qui ont besoin l’un de l’autre, chacun servant de signe d’une vérité que l’autre a toute chance de laisser échapper. Mais, pour le redire, c’est au croyant de commencer. C’est à lui de comprendre , et comprendre ici, c’est avoir la foi.

La communion humaine telle que nous l’entendons n’est donc pas ruinée de ce que les uns sont croyants et les autres incroyants. Peut-être faut-il rappeler ici ce que l’apôtre dit de Jésus-Christ : "Il a renversé le mur de séparation. Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin et à ceux qui étaient près". Il importe seulement que le croyant remplisse sa fonction qui est de pratiquer la prospective chrétienne.

Je vous laisse pour terminer l’exhortation du jour : "Ne vous conformez pas au siècle présent, c’est-à -dire à sa manière de voir, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu".