Carême 1989 : La Passion

LA PASSION DE MOà SE


Ainsi donc, au milieu de la nuit, le peuple d’Israël quitte précipitamment le
pays d’Egypte. Nuit tragique ! L’ange exterminateur a frappé les premiers-nés
des oppresseurs, mais il a passé par-dessus les maisons des opprimés que le
Seigneur avait promis d’épargner. Nuit de la Pâque, où l’on a mangé l’agneau
rôti avec les herbes amères, debout, en toute hâte, et fait cuire les galettes
sans levain qui serviront de provision pour la route. Nuit de veille pour le
Seigneur qui a tout préparé pour le grand départ, loin de la maison de
servitude. Maintenant les Egyptiens atterrés pressent leurs voisins de
déguerpir, ils les chargent même d’objets précieux pour qu’ils s’en aillent au
plus vite. Voici l’immense colonne, avec ses chariots et son bétail, sur le
chemin de l’Orient. Voici la longue route qui commence pour le peuple sauvé,
c’est le début de l’interminable itinéraire dont le terme est la terre promise ;
pour le pasteur qui conduit le troupeau, pour Moïse, c’est le début d’une
terrible épreuve, de cette vraie passion de l’homme de Dieu dont le terme est la
mort.


Première épreuve : les délivrés campent face à un bras de mer, et voici que six
cents chars de Pharaon sont à leurs trousses. Etrange nuit, celle qu’éclaire
l’ange de Dieu, dans une colonne de feu, pour les seuls fils d’Israël. Et
pourtant, déjà terrifiés, les voilà qui crient vers Dieu et s’en prennent à 
Moïse.


Qu’as-tu fait ? N’y a-t-il pas assez de tombeaux en Egypte ? Mieux valait servir
les Egyptiens plutôt que mourir dans le désert
.


Première rébellion d’une série qui sera longue.


N’ayez pas peur
, réplique Moïse, restez tranquilles, le Seigneur va
combattre pour vous, le salut arrive
.

Et
c’est la traversée de la Mer Rouge à pied sec, alors qu’aussitôt après, les
flots engloutissent Pharaon, ses chars, ses chevaux et ses cavaliers. Cette
fois, la délivrance est complète : ceux que Dieu a fait sortir d’Egypte à main
forte et à bras levé forment maintenant pour toujours son peuple, le peuple
auquel il donnera son amour et son pardon envers et contre tout.


Suivons maintenant ses étapes. Pour commencer, trois jours sans eau et lorsqu’on
en trouve enfin, à Mara, c’est une eau amère, imbuvable. Les plaintes, les
murmures s’élèvent : Qu’allons-nous boire ? Moïse implore le Seigneur,
l’eau s’adoucit, un peu plus loin, une oasis accueillante, pourvue de douze
sources les réconforte un moment.

Le
désert particulièrement aride de Sin les attend maintenant : cette fois, c’est
la nourriture qui fait cruellement défaut. Les murmures reprennent : évidemment
ils sont toujours dirigés contre le responsable, Moïse et son frère Aaron qui
est son porte-parole.


Ah, si nous étions morts en Egypte, assis près des marmites de viande, quand
nous mangions du pain à satiété
 ([1]) !


L’esclavage est donc déjà si loin, un mois et demi après la sortie d’Egypte ?
Moïse et Aaron ne peuvent que les avertir : Ce n’est pas contre nous, mais
bien contre le Seigneur que vous murmurez
. Mais lui est compatissant. Il
entend les murmures et, pour y couper court, il manifeste sa gloire dans la
nuée.


Bien plus, il répond aussi à leurs besoins concrets : du ciel, directement,
s’abattent des cailles pour remplacer les marmites de viande si regrettées ;
d’en haut aussi vient sur la terre la manne, le pain du ciel qui sera désormais
la nourriture quotidienne du peuple pendant ses quarante ans de marche dans le
désert.


Précieuse, mais périssable nourriture : il fallait la consommer tout de suite et
elle ne se conservait pas, Dieu la renouvelait chaque jour, pourvoyant aux
besoins quotidiens comme lui seul peut le faire.

Cet
épisode , beaucoup plus qu’un épisode ! , ce signe de la manne restera gravé
dans la conscience juive. Ce n’est pas par hasard que la multiplication des
pains est racontée dans les quatre évangiles, et le miracle, le vrai miracle
tient en ces trois mots : Tous furent rassasiés. Peu après le récit que
rapporte Saint Jean, des gens de la foule, décidément encore incertains sur ce
qui vient de se passer ou alors complètement aveugles, disent à Jésus : Quel
signe vas-tu nous faire voir pour que nous puissions te croire ?... Nos pères
ont mangé la manne au désert
.


Oui, la manne était vraiment tangible, et puis elle a tout de même duré quarante
ans. Alors, toi ? Jésus leur répondit : En vérité, je vous le dis, Moise ne
vous a pas donné le pain du ciel, mais c’est mon Père qui vous donne le
véritable pain du ciel ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel,
et qui donne la vie au monde... Je suis le pain de vie
. Là dessus, poursuit
l’Evangile, et cette coïncidence est tout à fait remarquable, les Juifs se
mirent à murmurer à son sujet parce qu’il avait dit : Je suis le pain qui
descend du ciel
. Toujours des murmures !


Jésus reprit : Cessez de murmurer entre vous... Vos pères ont mangé la manne
au désert et ils sont morts... Je suis le pain vivant descendu du ciel. Celui
qui mangera de ce pain vivra à jamais. Et le pain que je donnerai, c’est ma
chair pour la vie du monde
 ([2]).
Ma chair, c’est-à -dire ma personne toute entière donnée.


Ainsi, le début de la marche du peuple hébreu dans le désert, lieu d’épreuve où
il reçoit le pain de la grâce de Dieu, nous a conduit tout naturellement au
repas du Seigneur.


Retrouvons Moïse sur son chemin qui, plus il avance, va être son chemin de
croix.


Quittant le désert de Sin, on arrive par étapes à un lieu sans eau, Rephidim.
Donnez-nous de l’eau
, crie le peuple qui querelle Moïse et murmure de
nouveau contre lui, renouvelant ses griefs : Pourquoi donc nous as-tu fait
monter d’Egypte si c’est pour nous laisser mourir de soif ?
Moïse est
ulcéré, car c’est Dieu lui-même qu’ils mettent à l’épreuve, et l’homme ne peut
pas lancer un défi à Dieu. Menacé dans sa propre vie , encore un peu ils vont
me lapider
, Moïse crie de nouveau au Seigneur, et le Seigneur répond
encore. Je vais me tenir devant toi, là , sur le rocher... Tu frapperas le
rocher, il en sortira de l’eau et tu donneras à boire à la communauté et à ses
troupeaux
. Moïse frappa le rocher par deux fois. Et voici que l’eau jaillit
en abondance, là , à Mériba, lieu de la querelle ([3]).

Le
Targum palestinien (un targum est une traduction du texte hébreu en araméen,
langue parlée par les Juifs qui, après l’exil, ne comprenaient plus la langue
des textes sacrés : au temps même de Jésus, à la Synagogue, le traducteur se
tenait à côté du lecteur et traduisait au fur et à mesure, mais la tradition
avait ajouté des commentaires qui avaient pour but d’expliquer et d’actualiser
le texte) , ce targum, dis-je donc, raconte ceci à propos des deux coups frappés
sur le rocher par Moïse : "La première fois, il laissa dégoutter du sang, la
seconde fois il sortit de l’eau en abondance".

Du
sang et de l’eau ! D’où vient cette étonnante tradition ? Je ne saurais le dire,
mais comment n’en serait-on pas aussi ému que surpris ?

Cet
acte de salut demeurera enraciné dans la conscience juive. Souvenez-vous de cet
étonnant développement allégorique , un vrai commentaire rabbinique (midrash) ,
que Paul lui donnera ([4]) :
Nos pères mangèrent à une même nourriture spirituelle, et tous burent le même
breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait : ce
rocher, c’était le Christ
.


Ainsi, pour Paul, le Christ de Dieu est déjà là , présent auprès du peuple en
détresse, même rebelle ; mieux encore, il le suit pas à pas et donne à tous
l’eau de la vie. Jean l’évangéliste rejoindra l’apôtre quand il décrira la scène
célèbre de Jésus avec la Samaritaine. Jésus, fatigué du chemin et altéré, lui
aussi, commence par demander de l’eau à la femme de Samarie. Puis, devant son
étonnement, il lui déclare : Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif,
mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ;
l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie
éternelle
 ([5]).


Trois mois après la sortie d’Egypte, Moïse arrive dans un désert chaotique, il
fraye la voie entre des monts escarpés, il parvient au pied du Sinaï et en
gravit le sommet. Trois jours après, dans la fumée d’une fournaise et le
grondement de la montagne, le Seigneur descend au sein d’une nuée : rencontre
bouleversante de l’homme seul avec Dieu seul. Moïse parlait et Dieu lui
répondait. C’est là qu’il lui dicte les commandements de sa Torah, qu’il lui
donne les préceptes de son alliance, car c’est bien une alliance qui est conclue
dans tous ses détails, avec des clauses concernant la vie pratique de tous les
jours, la vie sociale, les relations humaines, et le culte au Dieu unique, et la
demeure de l’arche sainte, siège de la présence ineffable, dans le tabernacle.
Dieu s’engage entièrement de son côté. Ah, que du sien, le peuple observe
fidèlement l’alliance !

Et
cette alliance est scellée par un sacrifice de paix. Alors Moïse fit aspersion
du sang sur le peuple et dit : Voici le sang de l’alliance que le Seigneur a
conclue avec vous
. Le sang de l’alliance ! Bien des siècles passeront avant
que Jésus, dans la chambre haute de la Cène, après avoir rendu grâces, rompu le
pain et pris la coupe, prononce les paroles de sa Pâque : Ceci est mon corps,
ceci est mon sang... cette coupe est la Nouvelle Alliance en mon sang
.


Ainsi le geste de Moïse préfigure le sacrifice éternel et parfait qui donne le
salut au monde.


Moïse redescend de la montagne. Alors, c’est presque un coup de lance qui le
transperce ! Les fils d’Israël, les enfants de l’Alliance, ne sont-ils pas là ,
sous ses yeux, en train d’adorer un veau d’or ? Quarante jours et quarante nuits
sur la montagne, était-ce trop long pour recevoir la plénitude de la révélation
divine, plénitude telle que, selon la tradition juive, toute la loi orale des
générations futures et toute la prophétie des siècles à venir, tout cela aussi
était contenu dans le message divin ? Quarante jours et quarante nuits, oui,
c’était trop long pour le peuple versatile, déjà oublieux, qui ne songe qu’à 
manger, à boire et à se divertir. Par quel châtiment le Dieu de justice ne
va-t-il pas punir les coupables ? Mais avec quelle intensité de prière Moïse
intercède encore en faveur des rebelles !


Seigneur, souviens-toi de tes promesses ! Reviens, Seigneur ! Reviens !
Et
cette fois encore, le Seigneur de miséricorde pardonne : Va, maintenant !
Conduis le peuple vers le bon pays que j’ai promis à Abraham, à Isaac et à Jacob
et que je te donne ; un ange marchera devant toi
.


L’alliance renouvelée, le peuple se remet en marche. Mais, éternel
contestataire, il va aller de rébellion en rébellion. Moïse est d’abord en butte
à sa propre famille : il encourt les critiques et la jalousie de son frère Aaron
et de sa sœur Myriam qui doivent être sévèrement rappelés à l’ordre. Puis,
arrivé aux frontières du pays de Canaan, il se heurte à une opposition beaucoup
plus grave. Douze hommes ont été envoyés en exploration pour reconnaître le pays
et ses défenses. A leur retour, s’ils confirment bien que c’est un bon pays,
ruisselant de lait et de miel, avec des vignobles superbes, ils n’en sèment pas
moins l’épouvante , tout au moins dix d’entre eux , car ils ont, disent-ils,
repéré d’énormes forteresses et aperçu des guerriers géants : impossible de s’y
attaquer. C’en est trop ! Ce ne sont plus de simples murmures, mais une révolte
ouverte qui gronde contre Moïse. Le cri est général : "Nommons un chef et
retournons en Egypte". Voilà où ils en sont arrivés ! Une fois de plus, le
Seigneur, lassé par l’ingratitude de ce peuple au cou roide, est prêt à 
l’anéantir ; une fois de plus, Moïse lutte avec son Dieu dans une intercession
pathétique ; une fois encore, le Seigneur revient et pardonne. Toutefois
l’entrée en Canaan sera différée ; des fils d’Israël qui sont sortis d’Egypte
aucun n’entrera dans ce bon pays, sauf Josué et Caleb restés fidèles ;
maintenant ils vont errer 40 ans dans le désert et seuls leurs enfants
connaîtront la terre promise. La révolte renaît plus tard avec Coré et sa bande.
Coré conteste à Moïse la place de conducteur de la communauté : Moïse, lui dont
il nous est dit qu’il était un homme très humble, plus qu’aucun homme sur la
terre. Quelle coupe amère pour le pasteur du peuple ! Moïse excédé les soumet
cette fois au jugement de Dieu : la terre s’ouvre pour engloutir les rebelles.


Plus tard, dans ses pérégrinations, le peuple entrera en contact avec les
populations installées à l’est : Moab, Madian. Débauche et idolâtrie en sont la
conséquence. On oublie le Dieu unique pour le Baal cananéen, un dieu fait par la
main des hommes. Puis ce sont de rudes combats qu’il faut affronter contre les
divers peuples s’opposant au passage des fils d’Israël ; des fléaux divers qui
frappent ceux-ci : Moïse est là , toujours là pour intercéder et ramener sur eux
la miséricorde du Seigneur. Les voilà qui, malgré leur progression victorieuse,
se lassent et perdent courage. C’est encore la même terrible rengaine :
Pourquoi nous avez-vous fait monter d’Egypte ? Pour mourir dans le désert ? Pas
d’eau, pas de pain, rien que ce pain de misère !


Oui, la manne céleste, ces granules un peu douceâtres que la rosée dépose chaque
matin sur le sol et qui ne coà »tent que la peine de les ramasser, on finit par
s’en dégoà »ter...

Le
rappel à l’ordre est brutal : c’est une invasion de serpents à la morsure
brà »lante qui fait un grand nombre de victimes. Le peuple vient trouver Moïse et
confesse sa faute : "Intercède, intercède pour nous !".


Le Seigneur fit faire à Moïse un serpent d’airain qu’il fixa â une hampe ;
chaque fois qu’un homme mordu par un serpent venimeux regardait cet emblème, il
avait la vie sauve
. Là encore apparaît une saisissante image du salut
présentée par Moïse en figure du Christ. Jésus dit à Nicodème ([6]) :
Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’homme
soit élevé afin que quiconque croit en Lui ait la vie éternelle
.

De
la morsure du péché, de la blessure du monde déchiré, on ne peut guérir qu’en
regardant à la croix du Christ, à sa croix et à son exaltation.


Maintenant, les quarante années de marche, d’épreuve, de tentation et de
révolte, les quarante années de grâce et de pardon vont s’achever. Moïse
vieillissant s’apprête à confier son bâton à Josué. L’homme de Dieu avec qui,
nous est-il dit ([7]),
Dieu parlait directement comme un homme parle à son ami, celui qui, caché dans
le creux du rocher, avait vu de dos passer la forme divine, Moïse a encore deux
grandes leçons à nous apprendre.

Je
tire la première du dernier discours qu’il prononce devant tout Israël ([8]) :
il lui rappelle solennellement les paroles de l’alliance : Les commandements
du Seigneur ne sont pas trop difficiles pour toi, ils ne sont pas hors de ton
atteinte. La parole est toute proche de toi, elle est dans ta bouche et dans ton
cœur : mets-la en pratique
. Et il ajoute que l’homme est entièrement
responsable de sa conduite et de sa fidélité ; deux voies s’ouvrent devant lui :
celle de la vie et celle de la mort, celle de la bénédiction et celle de la
malédiction. Eh bien, choisis la vie ! Voilà le choix décisif que tu as à faire,
homme de jadis, homme d’hier et de maintenant, choisis la vie ! Choisis-la
aujourd’hui !

La
seconde leçon est, il faut bien le dire, une dure leçon. Moïse, le plus humble
des hommes et aussi le plus grand des prophètes, Moïse le libérateur de
l’esclavage d’Egypte et le dispensateur de la Loi Sainte, Moïse ami de Dieu,
Moïse figure du Messie, ce Moïse n’est pas entré dans la terre de la promesse.

Le
récit biblique ([9])
est ici particulièrement bouleversant. Le Seigneur dit à Moïse : Monte sur
cette montagne
, c’est le Nébo qui domine le Jourdain et la Mer Morte ,
et regarde le pays que je donne aux fils d’Israël. Tu le verras, puis tu seras
enlevé Tu mourras sur la montagne
.

On
reste étonné, stupéfait que le serviteur fidèle entre tous ne reçoive pas sa
récompense, qu’il n’entende pas la voix du maître : Viens, bon et fidèle
serviteur, sur beaucoup je t’établirai
. On croit entendre plutôt l’écho
d’une autre parole : Quand vous aurez fait tout ce qui vous était ordonné,
dites : nous sommes des serviteurs insignifiants. Nous n’avons fait que ce que
nous étions tenus de faire 
([10]).
En termes voilés, le texte biblique fait allusion à une faute commise par Moïse,
dans l’épisode du rocher, au lieu dit de la querelle, Mériba, où il se serait
montré solidaire des contestataires et n’aurait pas exécuté à la lettre l’ordre
de Dieu. Pour un instant de faiblesse, pour un trébuchement sur le chemin de sa
passion, Moïse subit une punition qui nous semble bien lourde. Le porteur de la
grande promesse, sur le point de la voir se réaliser, n’est pas admis à son
accomplissement. Il est exclu ! N’est-ce pas le destin-même des prophètes ? Les
plus grands d’entre eux, qui ont proclamé si haut le Dieu trois fois saint,
Esaïe, Jérémie, n’ont-ils pas connu, eux aussi, un sort misérable ?


Jean-Baptiste, le plus grand qui soit né d’une femme, le premier à avoir
désigné du doigt l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, n’est-il pas mort,
sur le caprice d’une reine, décapité dans son cachot ? Mystère de la solitude,
de la déréliction, mystère de Gethsémani où Jésus est laissé seul, seul avec
l’ange de l’Eternel, mystère de l’abandon de la croix.


Dieu demande à être servi gratuitement dans le don total de soi. Alors il est
fidèle éternellement. Moïse fut enlevé et mourut sur la montagne. Mais Celui
qui, au buisson ardent, avait dit à son serviteur : Je suis avec toi, l’a
recueilli là où il a pu, enfin, voir son Dieu face à face.

Que
ce temps de carême, qui remémore peut-être tant d’épreuves pour beaucoup d’entre
vous, soit aussi un temps d’attente confiante. A vous aussi le Seigneur
ressuscité dit : Ne crains pas, je suis avec toi. Alors, selon la
promesse de Jésus, vous saurez que je suis en mon Père et que vous êtes en
moi, et moi en vous
 ([11]).


([1])
Exode 16/3.
([2])
Jean 6/30-51.
([3])
Nombres 20/11.
([4])
1 Corinthiens 10/3-4.
([5])
Jean 4/13-15.
([6])
Jean 3/14.
([7])
Exode 33/11.
([8])
Deutéronome 30.
([9])
Nombres 27/12, Deutéronome 32/49.
([10])
Luc 17/10.
([11])
Jean 14/20.