Carême 1989 :

LA PASSION DE DAVID


Fils de David, aie pitié de nous !

Ce
cri retentit trois fois dans l’évangile de Matthieu, poussé par des aveugles ou
par une femme , d’ailleurs païenne , suppliant Jésus en faveur de sa fille
malade. Plus loin, c’est la foule enthousiaste qui, le jour des Rameaux, célèbre
et implore le Fils de David par son Hosanna, avant que, jusque dans le
temple, des enfants se joignent au concert de louanges.


C’est bien un titre messianique qui est ainsi ouvertement proclamé dans un
espoir éphémère, mais Jésus lui-même, le Fils de l’homme, se gardera toujours de
se l’arroger, prêchant un Royaume qui n’est pas celui que ses contemporains, ou
même ses disciples, pouvaient attendre.

A
leurs yeux, pourtant, la figure de David garde un prestige immense, à mille ans
de distance. Rappelez-vous la prophétie de Natan ([1]).
Au petit pâtre inconnu pris au pâturage derrière le troupeau pour recevoir
soudain l’onction royale, voici que le Seigneur promet un nom aussi grand que le
nom des grands de la terre, une maison stable, un trône à jamais affermi, une
descendance royale qui n’aura pas de fin. Et, en effet, David symbolise bien
l’accomplissement le plus parfait des voies de Dieu pour son peuple. Quant à sa
personne, elle réunit les traits les plus éclatants. Physiquement il est beau,
il est fort, il est habile. Chef d’une puissante armée après la mort de Saà¼l, il
écrasera, par une série de campagnes militaires, tous ses ennemis : Philistins à 
l’ouest ; Ammon, Edom et Moab à l’est ; Aram (c’est-à -dire la Syrie) au
nord-est, accumulant butin et tributs de guerre.

Il
a le sens de la justice, punissant les meurtriers qui ont assassiné
traîtreusement le fils de Saà¼l, son ennemi.

Il
a le cœur infiniment généreux : qui ne se souvient de l’indéfectible amitié qui
le lie à Jonathan, de l’extraordinaire miséricorde dont il use à l’égard du roi
Saà¼l, lequel a juré sa perte et le traque dans le désert : par deux fois, il
épargne son impitoyable adversaire alors qu’il le tenait en son pouvoir. Quand
enfin Saà¼l est vaincu et tué à Guilboa, loin de se réjouir de la disparition du
roi infidèle, il le pleure dans une poignante élégie. Plus tard, il accueillera
dans sa maison et à sa table le dernier survivant de la famille décimée de Saà¼l,
le fils de Jonathan, un malheureux estropié.


David, l’homme au grand cœur, David, aussi, l’harmonieux joueur de harpe, et
l’immortel poète des psaumes. David, enfin, le serviteur du Seigneur auquel il
obéit d’un cœur droit. S’il ne lui est pas permis de bâtir le temple du
Seigneur, il installera l’arche sainte à Jérusalem. Oui, que de beauté et de
grandeur !


Mais, tout glorieux qu’il soit, l’homme a de graves faiblesses. Nous allons le
voir maintenant en proie à la tentation, accablé par l’épreuve, et nous le
suivrons sur le chemin de l’homme de douleurs.

La
tentation d’abord. Point n’est besoin de raconter l’histoire de Bethsabée : la
femme était très belle et alluma l’ardente convoitise du roi qui en fit aussitôt
et facilement la conquête. Mais il faut rappeler l’odieuse machination royale :
le mari trompé, Urie le hittite rappelé de l’armée en campagne et renvoyé
porteur en sa propre main de la lettre qui contient son arrêt de mort, à savoir
l’organisation cynique du guet-apens où il doit perdre la vie.


Alors Natan le prophète vint trouver David de la part du Seigneur
. Cette
fois, il ne s’agit plus des grandes promesses de bénédictions. Le verdict est
dur, tranchant, impitoyable. Tu as tué par l’épée, eh bien, l’épée ne
s’écartera jamais de ta maison puisque tu m’as méprisé Ainsi parle le
Seigneur : voici, je vais faire surgir ton malheur de ta propre maison
.


David reconnaît son péché et Dieu lui laisse la vie, mais le temps du malheur
est proche.

Le
voici qui surgit, en effet, comme prédit, du sein même de la famille royale. Une
passion folle, une ruse sordide entraînent un fils du roi, Amnon, à l’inceste
avec sa sœur Tamar. Deux ans après, Absalom, autre fils du roi, fait assassiner
son frère Amnon et prend lui-même la fuite. David est maintenant dans le deuil.
Plus tard, une intrigue de palais permet le retour d’Absalom. David, toujours
généreux, accepte la réconciliation, il découvrira bientôt qu’il est trahi : son
chemin douloureux va commencer, c’est ici la passion de David.


Il n’y avait personne dans tout Israël d’aussi beau qu’Absalom, d’aussi vanté
que lui
. Ainsi débute toute l’affaire au chapitre 14 du deuxième livre de
Samuel ([2]).
Grisé par sa popularité et son ambition, conscient sans doute aussi que l’unité
du royaume est moins solide qu’il n’y paraît, Absalom se met habilement, nous
est-il dit, à circonvenir les gens d’Israël. Sournoisement il s’attaque à 
la fonction royale la plus éminente, celle de justicier, car c’est David qui
rend la justice. Entouré d’une bande de partisans, posté à la porte de la ville
près du tribunal, il interpelle tous ceux qui viennent plaider leur procès.
Ta cause est excellente
, dit-il à chacun, seulement, chez le roi, il n’y
a personne pour l’écouter. Ah, si j’étais juge dans ce pays, c’est moi que
viendraient trouver ceux qui ont des procès à juger, et je leur rendrais
justice !
Il mène ainsi sa propagande pendant plusieurs années, puis,
jugeant l’opinion mà »re et les circonstances favorables, il envoie des émissaires
dans toutes les tribus d’Israël pour tramer un véritable complot. Son parti
devient tellement puissant que David informé juge la situation désespérée. Il ne
lui reste plus qu’à quitter Jérusalem, à fuir, car sa vie-même est menacée, il
sait qu’Absalom ne fera pas de quartier. Fuite lamentable ; une courte pause à 
la dernière maison de la ville pour voir passer ceux qui se sauvent avec le
roi : ses serviteurs, ses gardes, mercenaires étrangers restés fidèles, et les
habitants désemparés.


Tous les gens du pays pleuraient à grands sanglots Le roi traversa le torrent
du Cédron et le peuple s’avança sur la route qui mène au désert
. Car c’est
dans le désert que David va chercher refuge. Impossible d’emporter l’arche
sainte ; elle restera à Jérusalem avec les prêtres. David montait par la
montée des Oliviers, il montait en pleurant, il avait la tête voilée et marchait
nu-pieds. Tout le peuple qui l’accompagnait s’était voilé la tête. Ils
montaient, montaient en pleurant
.


Quoi de plus pathétique que cette montée du roi déchu au mont des Oliviers ?
Plus tard, Jésus descendra la pente du mont des Oliviers, accompagné lui aussi
par une foule. Celle-ci acclamera le roi éphémère qui vient au nom du Seigneur
et qui, peu de jours après, sera mis à mort. Mais, dans la liesse du moment, ce
sont les mêmes larmes : Quand Jésus s’approcha de la ville et qu’il
l’aperçut, il pleura sur elle. Il disait : Si toi aussi tu avais su en ce jour
comment trouver la paix !... Mais, hélas, cela a été caché à tes yeux
 ([3]).
Et cette paix , comment ne pas le dire aujourd’hui , est toujours cachée à nos
yeux.


David fuit Jérusalem et la même Jérusalem rejettera le fils de David : Il
sera livré aux païens, soumis aux moqueries, aux outrages, aux crachats ; après
l’avoir flagellé, ils le tueront...
([4]).


David arrive au sommet du mont et presque à la même heure Absalom fait son
entrée dans la ville et bafoue son père. Mais d’autres stations douloureuses
vont jalonner l’itinéraire de David : il apprend d’abord la trahison d’un de ses
conseillers, passé au service d’Absalom, puis celle du petit-fils survivant de
Saà¼l, cet infirme qu’il avait naguère épargné et secouru, et qui maintenant, lui
aussi, aspire à la royauté. David redescend maintenant vers la plaine. Alors un
certain Shiméï, du clan de Saà¼l, le suivit sur le flanc de la montagne. Tout
en avançant, il l’accablait d’injures et jetait des pierres à David et à ses
serviteurs. Il lui lançait des imprécations : Va-t-en, va-t-en , homme de sang,
vaurien ! Il continuait à le maudire et les pierres faisaient voler la poussière
dans sa direction
. Voilà à quoi en est réduit le roi glorieux. Mais, même en
cet état, il refuse la violence : un de ses fidèles veut s’élancer pour abattre
le misérable, David le lui interdit, il s’en remet au Seigneur qui seul, si
telle est sa volonté, rendra le bonheur au lieu de la malédiction. David le
miséricordieux, David qui pardonne ! Jamais il n’est plus grand que dans cette
abjection et cette humilité. C’est le Christ aux outrages qui vient à notre
mémoire :


Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le battaient. Ils lui
avaient voilé la face et lui demandaient : Prophétise ! Qui est-ce qui t’a
frappé ? Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres insultes
 ([5]).


Ils le dévêtirent et lui mirent un manteau écarlate ; ils tressèrent une
couronne d’épines qu’ils lui mirent sur la tête, ainsi qu’un roseau dans la main
droite... Ils crachèrent sur lui et, prenant le roseau, ils le frappaient à la
tête... puis ils l’emmenèrent pour le crucifier
. Mais, comme dit Esaïe du
Serviteur souffrant : brutalisé, il s’humilie ; il n’ouvre pas la bouche.
Et l’apôtre Pierre, de son côté, écrit : Insulté, il ne rendait pas
l’insulte, dans sa souffrance, il ne menaçait pas, mais s’ en remettait au juste
juge
 ([6]).


Le roi et toute sa troupe arrivèrent exténués à Bahourim
. Mais, avertis
qu’ils étaient déjà poursuivis, ils passèrent le Jourdain. Dans la bataille
décisive où vont s’affronter les armées ennemies du père et du fils, va se jouer
le drame ultime de la passion de David.


David voit défiler ses soldats devant lui. Et contrairement à tout ce que l’on
attendait de sa part, il donne cet ordre à ses chefs de guerre : Par égard
pour moi, ménagez le jeune Absalom ! Tout le peuple entendit le roi donner cet
ordre à tous les chefs au sujet d’Absalom
.

Un
violent combat se déroule alors dans une forêt, les rebelles sont battus et
s’enfuient de tous les côtés. Le récit de la mort d’Absalom est si célèbre qu’il
suffira de la résumer brièvement. Absalom, en fuite sur un mulet, s’engagea sous
un grand térébinthe à la ramure enchevêtrée. La chevelure du jeune homme , qui
était très fournie et touffue , se prit dans les branches et il resta suspendu
par la tête, entre ciel et terre, le mulet ayant passé sous lui. Un homme le vit
et vint en faire le rapport à Joab, chef de l’armée. Joab lui dit : Ainsi tu
l’as vu ? Pourquoi ne l’as-tu pas frappé et abattu sur place ?


L’homme dit à Joab : C’est à nos oreilles que le roi t’a donné cet ordre...
Prenez garde que nul ne touche au jeune Absalon...
Mais Joab ne l’entendait
pas ainsi. La raison d’Etat devait prévaloir. Joab prit en main trois épieux
et les planta dans le cœur d’Absalom encore vivant au milieu du tébérinthe On
prit Absalom et on le jeta dans la forêt, dans une grande fosse et l’on érigea
dessus un gros tas de pierres
.

Le
roi David, retranché dans une ville, attendait l’issue de la bataille. Elle lui
fut annoncée par deux coureurs qui crièrent : bonne nouvelle ! Le roi dit :
Tout va-t-il bien pour le jeune Absalom ?
Le premier messager esquiva la
réponse, le second répondit : Qu’ils aient le sort de ce jeune homme, les
ennemis de mon seigneur le roi et tous les adversaires qui veulent ton malheur !

Alors le roi frémit. Oubliant tous ses griefs, c’est en père aimant malgré tout
qu’il réagit. Il donne libre cours à son chagrin. On l’entend sangloter dans la
chambre haute où il marche de long en large en disant : Mon fils Absalom !
Mon fils, mon fils Absalom, que ne suis-je mort moi-même à ta place ! Absalom,
mon fils, mon fils !
Désespoir et passion du père pour le fils. Le père
pardonne tout.

Il
faut que Joab indigné vienne faire à David les plus violents reproches pour le
ramener à son devoir de roi. Quoi ! Il n’est que temps maintenant de montrer sa
force, de reprendre en main le peuple désorienté, de rallier toutes les tribus,
de retourner promptement à Jérusalem.


David retrouve sa dignité, il règnera encore longtemps sur tout Israël, mais il
n’est pas douteux que sa vie soit restée profondément marquée par la plus dure
épreuve qu’il ait connue : la déchéance, l’humiliation complète et la passion de
la mort du fils rebelle et bien-aimé.


Cela, il l’a exprimé aussi en poète dans l’admirable psaume 22, celui-là même
dont Jésus récite le début sur la croix, le vrai psaume de la Passion. On ne
connaît pas les circonstances qui ont inspiré ce cri d’appel au secours, ce
chant où le désespoir, la plainte déchirante font place peu à peu à l’espérance,
puis à l’hymne de louange.

Il
manque ici toute mention précise comme celles qui indiquent que tel psaume a été
composé quand David était dans la caverne, fuyant Saà¼l ou dans le
désert de Juda
ou même quand il fuyait devant son fils Absalom ([7]).


David se trouve-t-il là dans une situation analogue ? C’est possible. Pourtant,
le psaume indique ici une solitude absolue, alors que, dans la fuite au désert,
David avait une bande de fidèles compagnons, et que dans la débâcle devant
Absalom, il avait tout de même avec lui le peuple de Jérusalem et une véritable
armée.


S’agit-il de la dernière épreuve de David, lorsque, ayant désobéi à Dieu en
procédant au recensement illicite du peuple d’Israël, il reçut de nouveau la
visite de Natan le prophète, mais cette fois pour lui donner, de la part du
Seigneur, le choix entre trois châtiments : la famine dans le pays, la déroute
militaire ou la peste sur le peuple ? Alors, certes, David a dà » se trouver
complètement seul, délaissé, face à l’ange exterminateur. Au reste, peu
importent les circonstances : lisons, tel qu’il est, ce psaume de la Passion.


Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné,
Restant loin de mon salut, des paroles que je rugis ?
Mon Dieu, j’appelle de jour, et tu ne réponds pas,
De nuit, et pas de trêve pour moi.
Pourtant, tu es le Saint, tu habites les louanges d’Israël !
Nos pères ont eu confiance en toi,
Ils ont eu confiance et tu les as délivrés,
Ils ont crié vers toi et ils étaient sauvés,
En toi ils se sont confiés et ils n’ont pas été déçus.
Mais moi, je suis un ver et non pas un homme,
Opprobre des humains et méprisé du peuple.
Tous ceux qui me voient se moquent de moi,
Ils grimacent et hochent la tête :
Tourne-toi vers le Seigneur, qu’il le délivre !
Qu’il le libère puisqu’il l’aime !
Oui, c’est toi qui m’as tiré du sein maternel,
Tu m’as mis en sécurité sur la poitrine de ma mère,
Sur toi je fus jeté dès ma naissance,
Dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu !
Ne t’éloigne pas de moi car la détresse est proche :
Personne pour m’aider.
De nombreux taureaux m’entourent,
Des bêtes puissantes de Bashan m’encerclent,
Ils ouvrent leur gueule contre moi,
Tel un lion qui déchire et rugit.
Comme l’eau je me répands et tous mes os se disloquent ;
Mon cœur est devenu comme la cire,
Il fond au milieu de mes entrailles.
Ma force est desséchée comme un tesson.
Ma langue colle à mes mâchoires,
Et tu m’étends dans la poussière de la mort.
Oui, des chiens me cernent, une bande de malfaiteurs m’entoure.
Comme au lion ils me lient les mains et les pieds.
Je peux compter tous mes os.
Eux, ils me toisent, ils me regardent.
Ils se partagent mes habits,
Et sur mon vêtement ils jettent le sort.
Mais toi, Seigneur, ne t’éloigne pas ;
O ma force, hâte-toi à mon secours !
Sauve ma vie de l’épée,
Ma personne de la patte du chien !
Sauve-moi de la gueule du lion !

Je
m’arrête à cette première partie. Le grand cri du début exprime tragiquement le
sentiment d’abandon complet. Dieu reste loin, malgré les appels répétés. Il n’y
a pas de réponse. Les pères, jadis, n’avaient jamais connu pareil silence, leur
confiance avait été récompensée : il faut que celui qui a reçu l’onction du
Seigneur , et le mot “oint†est le mot-même qui signifie “Messieâ€Â
, connaisse pareille déréliction. Sa condition n’est plus celle d’un homme, la
souffrance physique se traduit ici par des images très concrètes et très
fortes : liquéfaction, desséchement, dislocation. La souffrance morale est due à 
l’hostilité générale des hommes, comparés à des bêtes féroces ; à leur haine
s’ajoutent le mépris et la honte : moqueries, grimaces, hochements de tête, tous
les outrages que subira le Christ livré à ses ennemis, jusqu’au défi à Dieu :
qu’Il le délivre ! Qu’Il le sauve puisqu’Il l’aime ! Et jusqu’au partage des
vêtements du condamné, sa robe tirée au sort. Rien ne lui est épargné dans cette
détresse absolue : comme l’eau je m’écoule, dit David ; mon cœur fond
comme la cire, termes auxquels répond, dans l’hymne de Paul de l’épître aux
Philippiens : il s’est anéanti lui-même, du mot kénose qui veut
dire : le vide complet ([8]).

Du
fond de l’abîme jaillit soudain la prière confiante :


Ma force, hâte-toi de me secourir, libère ma vie, sauve-moi !

Et
la délivrance arrive : Tu m’as répondu !


Alors aussitôt, l’action de grâces.

 Tu
m’as répondu en me tirant des cornes de buffles.
Je veux annoncer ton nom à mes frères.
Je te louerai en pleine assemblée ;
Vous qui craignez le Seigneur, louez-le !
Vous tous, descendance de Jacob, glorifiez-le !
Et craignez-le, vous tous, postérité d’Israël !
Car il n’a pas méprisé ni abhorré la misère du miséreux,
Il ne lui a pas caché sa face et il a écouté quand il criait vers lui...
Que tous les confins de la terre se souviennent et reviennent au Seigneur...
Et que toutes les familles des nations se prosternent devant ta face,
Car au Seigneur la royauté ! Il domine les nations...
Qu’une postérité le serve.
Que l’on annonce le Seigneur à cette génération !
Qu’ils viennent proclamer sa justice au peuple qui va naître, car il a agi !
 


Oui, le Seigneur a agi ! Il va poursuivre son œuvre jusqu’à son plein
accomplissement. Au temps fixé, il envoie son Fils pour être le parfait
Serviteur qu’annonçait le prophète Esaïe. Il descend jusqu’à nous, revêtant la
condition humaine ; il offre sa vie pour le salut du monde. Il aime jusqu’à 
l’extrême de l’amour, jusqu’à la mort et à la mort de la croix. Fils de David,
il nous montre le visage du Fils de l’homme venu du Père pour faire sa volonté,
et il retourne au Père, sorti de la mort à travers les souffrances de sa
Passion.


David, arraché à l’abandon, proclamait son espérance dans le règne de Dieu, le
retour au Seigneur de toutes les nations, la venue d’une descendance qui Le
servirait.

A
vous aussi, Jésus dit : Je ne vous abandonnerai pas... Je viens à vous ([9]).

Que
ce carême ne soit donc pas une période de deuil sans espoir. La croix n’est pas
le terme ; le Christ est ressuscité, vous êtes ressuscités avec Lui pour dire au
peuple de la nouvelle naissance l’Evangile de sa justice et de Son salut.


([1])
2 Samuel 8/17.
([2])
2 Samuel 14.
([3])
Luc 19/37-43.
([4])
Luc 18/32-33.
([5])
Luc 22/63-65.
([6])
1 Pierre 1/23.
([7])
Psaumes 57, 142, 63 et 3.
([8])
Philippiens 2/7.
([9])
Jean 14/18.