Carême 1989 : La Passion

LA PASSION D’ABRAHAM

Au
bout des semaines du Carême se profile la Croix. C’est un temps de méditation
mais non pas de deuil. Réjouissez-vous, dit hardiment l’apôtre Pierre,
dans la mesure où vous avez part aux souffrances du Christ
. Cette année,
nous voulons vivre quelques instants avec ces hommes de la Bible qui ont
vraiment, par anticipation, communié aux souffrances du Seigneur. Fixons un
moment les regards sur eux, pour mieux les fixer sur Jésus, lui qui a mené la
foi à son accomplissement. Et d’abord, la grande figure d’Abraham.


L’histoire du peuple juif commence avec Abraham. L’histoire du peuple chrétien
commence aussi avec Abraham.


Nous avons Abraham pour père
, disaient les Juifs à Jésus avec fierté.


Abraham notre père
, dit l’apôtre Jacques s’adressant aux nouveaux convertis
dispersés à l’étranger.


Abraham notre père à tous
, écrit l’apôtre Paul aux Romains, car, père
d’une multitude de peuples
, il est porteur d’un message universel : celui de
la foi au Dieu vivant. Oui, la grande figure du patriarche, le premier à entrer
vraiment dans l’histoire, reste après quatre mille ans le modèle de la foi pure
et simple, de la foi qui est reçue et qui agit.


Abraham crut Dieu, aussi fut-il tenu pour juste. Abraham crut Dieu quand Dieu
lui donna l’ordre étrange de tout quitter, pays, famille, maison paternelle,
pour une destination inconnue. Abraham crut Dieu quand, dans une nuit de feu, il
conclut avec lui une étonnante alliance, assortie de la promesse d’une postérité
innombrable. Abraham crut Dieu lorsque les trois messagers vinrent lui annoncer
qu’en son âge avancé un fils lui serait donné en dépit de la vieillesse et du
rire de Sarah. Abraham crut Dieu quand il reçut l’ordre incroyable de prendre ce
fils, cet unique, cet Isaac bien-aimé, pour aller l’offrir en sacrifice sur la
montagne. Mais ici, au chapitre 22 de la Genèse, nous entrons dans une des
histoires les plus rudes, les plus difficiles aussi de la Bible : nous entrons
dans la passion d’Abraham ([1]).


Dans ce récit du sacrifice, ou plutôt du non-sacrifice d’Isaac, les innombrables
commentateurs mettent en général l’accent sur l’obéissance d’Abraham mis à 
l’épreuve, sur l’acte de foi inconditionnel du patriarche et ils ont raison.
Mais je voudrais m’arrêter un instant sur ce qui ne doit pas être occulté, sur
l’énormité du sacrifice, proprement monstrueux, qui est demandé à Abraham. Et de
prime abord, on ne comprend pas. Un de mes petits-enfants me demanda un jour :
"Est-ce que tu aurais obéi, toi ?". Je lui ai répondu sans hésiter : "Non !". Et
je pense que vous diriez comme moi. Non, car mon premier mouvement est de
révolte contre un crime abominable. Non, parce que je n’ai pas la foi d’Abraham,
parce que je ne crois pas assez fort que Dieu, éternellement fidèle à ses
promesses, ne peut en aucun cas se renier lui-même, que s’il impose à son
serviteur Abraham une épreuve surhumaine, ce n’est pas pour une œuvre de mort,
mais pour une œuvre de salut et de Rédemption. Alors pourquoi passer par ce qui
nous paraît être un jeu cruel ? Il me semble que les pages de la Bible nous
donnent la réponse.

De
quoi s’agit-il ? De l’offrande des premiers-nés que nous trouvons aux origines
de l’histoire. Ah, certes, les peuples païens connaissaient ce rite barbare
destiné à conjurer le mauvais sort. Il fallait s’assurer la faveur d’un dieu
redoutable. Les exemples en abondent, à commencer par celui que nous fournit le
second livre des Rois ([2]).
Assiégé dans sa ville, Mesha, roi de Moab, prit son premier-né... et l’offrit
en holocauste sur la muraille
.

La
Phénicie, Carthage, connaissaient les sacrifices rituels d’enfants, à l’occasion
d’une calamité naturelle, d’un désastre de la cité ou simplement de la fondation
d’une ville.

A
ces pratiques succédèrent peu à peu, au long des siècles, les sacrifices animaux
de substitution. C’est de ceux-là seuls que parle toujours la Bible dès les
débuts du peuple d’Israël. Tel est le sens du sacrifice des agneaux
premiers-nés. C’est une antique coutume nomade que, plus tard, voudra accomplir
Moïse en Egypte, à trois jours de marche, et que lui refusera Pharaon. Or, à la
première Pâque qui précède l’Exode, l’agneau va être immolé dans chaque famille
des Hébreux sur le point de quitter l’Egypte, à la date du quinzième jour du
mois de Nisan. La tradition juive fixe à la même date l’offrande d’Isaac,
donnant à celle-ci la valeur d’une Pâque de Salut. On est loin ici de quelque
tuerie rituelle. Dans tout l’Ancien Testament, les premiers-nés doivent être,
non pas livrés à la mort, mais donnés, consacrés à Dieu. Tu ne livreras pas
l’un de tes enfants pour le faire passer au Molek (ou au Moloch)
proclame la
Torah ([3]).
Les prophètes s’élèvent avec indignation contre une coutume à laquelle, en une
époque royale tardive, le peuple dévoyé par l’idolâtrie cananéenne ambiante
n’hésitera pas à se laisser aller. Michée, Jérémie la condamnent dans les termes
les plus rigoureux. C’est là , dit le Seigneur par la bouche de ce dernier,
une chose que je n’ai pas ordonnée et qui n’est jamais entrée dans mon intention
.


Mais laissons cet aspect de l’offrande d’Abraham qui peut paraître bien suranné
à nos auditeurs, bien que, hélas, les sacrifices d’enfants, sous les fusées des
guerres, les armes des répressions et les bombes des terrorismes soient un
atroce sujet de l’actualité quotidienne. Et concluons déjà que Dieu, mettant
Abraham à l’épreuve, n’a jamais eu l’intention, non jamais, de sacrifier Isaac.
En effet, moins que du sacrifice ou du non-sacrifice d’Isaac, c’est de la
passion d’Abraham qu’il s’agit dans ce récit. 


J’en reprends donc le cours, et je ferai souvent appel aux commentaires de la
littérature juive : le Midrash et le Targum. Le Midrash, c’est une recherche
soigneuse de tous les sens possibles de chaque mot, de chaque verset, un
développement narratif qui puise à des traditions orales fidèlement répétées de
génération en génération. Le Targum, lui, est une traduction araméenne du texte
hébreu devenu incompréhensible aux Juifs après l’exil, traduction prolongée en
explications, en paraphrases transmises elles aussi par des traditions
séculaires.


Vous connaissez les paroles du début de l’épreuve d’Abraham :
, Prends ton fils.
, Mais lequel ?
, Ton unique.
, Mais chacun est l’unique de sa mère !
, Celui que tu aimes.
, Mais y a-t-il une limite à mon affection ?


Isaac ! C’est bien Isaac, l’enfant de la promesse, qu’Abraham va devoir choisir.


, Va au pays de Morijya
 : ce n’est autre que la colline de Sion, l’endroit
où sera bâti le Temple, le seul lieu où Adonaï, le Seigneur veut être adoré.
Là , tu offriras ton fils en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai
.

Et
voilà Abraham parti avec son âne, ses deux jeunes gens et son fils Isaac. Le
troisième jour, il leva les yeux et vit de loin ce lieu. Le Midrash rappelle ici
la parole du prophète Osée : Après deux jours il nous fera revivre, le
troisième jour il nous relèvera
. N’est-ce pas déjà à nos yeux le gage que
l’épreuve va vers son terme, que la mort va faire place à la vie ? Et ne
pensons-nous pas, nous chrétiens, au-delà du Midrash cette fois, à la
préfiguration du Christ ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures ([4]) ?


Abraham a maintenant laissé de côté ses jeunes gens avec l’âne ; il poursuit sa
route, il a chargé les bà »ches de l’holocauste sur les épaules de son fils, il a
pris le feu et le couteau, et tous deux allaient ensemble , d’un cœur
parfait , ajoute le commentaire.


Isaac parla à son père Abraham : Mon père, dit-il. Et Abraham répondit :
Me voici, mon fils. Il reprit : Voici le feu et les bà »ches, où est
l’agneau pour l’holocauste ?
Abraham répondit : Dieu saura voir l’agneau
pour l’holocauste, mon fils
.


Ici, j’emprunte aux Targums palestiniens, les développements les plus frappants.


Abraham dit : "Si Dieu ne voit pas l’agneau, il te fera monter en holocauste,
mon fils. Ainsi, c’est toi l’agneau de l’holocauste".


"C’est toi l’agneau !". Parole qui retentit en nous. Isaac, figure messianique,
nous renvoie aussitôt à celui dont Jean-Baptiste, l’apercevant de loin, dit :
Voici l’agneau de Dieu !


Puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel au-dessus des bà »ches.

Là ,
le Targum amplifie ; Isaac dit à son père : "Lie-moi bien pour que je ne me
débatte pas à cause de l’angoisse de mon âme, de sorte que ton offrande serait
rendue invalide !".


Cette ligotation d’Isaac, l’aqéda, en hébreu, aura une très grande valeur
symbolique dans le judaïsme qui fera par la suite toujours appel aux mérites
d’Isaac pour conforter son espérance. N’est-ce pas en souvenir de la fidélité du
père et du fils que Dieu accorde aux Hébreux la libération d’Egypte et le
passage de la mer Rouge ? L’aqéda traduit l’acceptation complète, le
consentement nécessaire d’un Isaac qui , j’ai oublié de le dire et vous ne le
savez peut-être pas , est âgé de trente-sept ans. C’est l’offrande non imposée
mais volontaire du fils, qui trouvera un écho dans les chants du Serviteur
souffrant d’Esaïe et qui nous annonce aussi, à nous, l’offrande volontaire,
unique et parfaite de Jésus dans l’angoisse et dans les liens, le don gratuit du
Christ rédempteur ([5]).

Le
Targum s’attarde sur ce moment pathétique : "Les yeux d’Abraham étaient fixés
sur les yeux d’Isaac et ses larmes tombaient dans les yeux d’Isaac, et les yeux
d’Isaac étaient fixés sur les anges d’en-haut, mais Abraham ne le voyait pas". 

La
suite du récit biblique est bien connue :
Abraham tendit la main pour prendre le couteau et immoler son fils.
Alors l’ange du Seigneur l’appela du ciel et cria : Abraham ! Abraham !
Il répondit : Me voici.
Il reprit : N’étends pas la main sur le jeune homme. Ne lui fais rien, car
maintenant je sais que tu crains Dieu, toi qui n’a pas épargné ton fils unique
pour moi
.


Abraham leva les yeux, il regarda et voici qu’un bélier était pris par les
cornes dans un fourré. Il alla le prendre pour l’offrir en holocauste à la place
de son fils. Abraham nomma ce lieu le Seigneur voit.

On
traduit souvent : le Seigneur pourvoit ou s’est pourvu et, en
effet, cette nuance est bien englobée dans le sens général du texte : le
Seigneur s’est pourvu de l’agneau et il pourvoit à tout, mais la traduction
toute simple du verbe voir est plus forte encore.


Le Seigneur voit !
Il voit la foi d’Abraham en même temps que sa détresse.
Il ne veut pas la mort d’Isaac. Sa miséricorde l’emporte sur sa rigueur. Il est
jusqu’à travers la mort, le Dieu du salut.


L’ange du Seigneur appela Abraham du ciel une seconde fois et dit : Je le
jure par moi-même, oracle du Seigneur. Parce que tu as fait cela et n’as pas
épargné ton fils unique, je m’engage à te bénir, et à faire proliférer ta
descendance autant que les étoiles du ciel et le sable au bord de la mer. Ta
descendance occupera la porte de tes ennemis ; c’est en elle que se béniront
toutes les nations de la terre parce que tu as écouté ma voix
.


C’est ce que répète le Psaume 47 :


Les princes des peuples se sont assemblés, c’est le peuple du Dieu d’Abraham
 ([6]).
La foi d’Abraham introduit l’universalité du salut : Abraham est bien notre père
dans la foi.


Ainsi s’achève la passion d’Abraham. Le texte nous dit ensuite : Il revint
vers les jeunes gens, ils se levèrent et partirent ensemble pour Beer Shéba
.


Mais tout n’est pas fini, car il y a encore deux personnages qui restent
atteints par cette grande aventure.


Isaac d’abord, dont il n’est plus question à la fin du chapitre et qui,
apparemment, ne retourne pas avec son père et avec les jeunes gens. Là encore,
j’ai recours aux commentaires rabbiniques. Bien sà »r, pour nous ils ne sont pas
la Sainte Ecriture, mais ils véhiculent des traditions si anciennes et si
profondément éclairantes qu’il n’est pas sans intérêt de les rapporter.

Un
Midrash explique la curieuse disparition d’Isaac de la scène : le Seigneur l’a
envoyé dans une maison d’étude pour approfondir sa connaissance de la Torah.

Un
des Targums de Jérusalem nous raconte qu’au moment où il était ligoté et couché
sur l’autel, Isaac, les yeux tournés vers le ciel, eut une vision
extraordinaire : il vit le trône de gloire et ses perfections et contempla la
présence dont le nom est imprononçable. Il en reçut un éblouissement tel qu’il
en restera marqué pour la vie ; ses yeux s’obscurcirent et nous nous rappelons
ce que dit la Bible d’Isaac devenu vieux : ses yeux s’éteignaient et il n’y
voyait plus
. C’est en aveugle qu’il donnera à son second fils Jacob la
bénédiction du premier-né.


Sarah ensuite. De Sarah il nous est simplement dit qu’après ces événements, elle
mourut. Notre Targum, qui n’est jamais à court d’explications, raconte que,
pendant l’absence d’Abraham et la montée au Mont Morijya, elle reçut la visite
de Satan qui lui annonça qu’Abraham avait immolé son fils. Sarah se leva, se mit
à pousser des cris et à suffoquer, et elle mourut de douleur. Sarah, la belle
princesse, qui avait accompagné Abraham, depuis son départ de Harran, tout le
long de sa vie, Sarah est la seule victime de la montée de Morijya.


Nous avons vu à quel point, y compris la date du 15 du mois de Nisan, ce drame
sera lié à la Pâque de l’Exode. Le sang du bélier de Morijya, comme le sang de
l’agneau de la première Pâque est signe que l’ange destructeur ne passera pas :
le salut est arrivé.


Vous savez, dit Jésus à ses disciples, que dans deux jours, c’est la Pâque.
Jésus veut célébrer sa dernière Pâque, mais il lui donne un sens tout nouveau
car, agneau de Dieu, il offre au monde son corps et son sang et institue le
mémorial de l’unique offrande. Son heure est venue et aussitôt après, il va
entrer dans sa Passion : le drame du Père et du Fils est noué.


Arrivés à ce point, l’on doit sérieusement s’interroger : la passion d’Abraham
est la passion du Père. Est-il permis, est-il possible d’évoquer quoi que ce
soit de semblable devant le mystère de la croix ? Le Père qui a livré son Fils
bien-aimé, en qui il avait mis toute sa dilection, en qui habitait toute sa
plénitude, est-il là , présent à l’infinie souffrance de Celui qui va s’anéantir
lui-même ?


Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné
 ([7]) ?
Dieu, ce Dieu que l’on proclame d’essence immuable et impassible, est-il
vraiment absent à cette heure ? Le cri de Jésus a une telle profondeur, recèle
un mystère si insondable qu’il est impossible de donner à cette question une
réponse pleinement convenable.


Reprenant les paroles du chapitre 22 de la Genèse, l’apôtre Paul écrit : Dieu
n’a pas épargné son propre Fils
, il ajoute : Il l’a livré pour
nous tous
 ([8]).
Livré, oui, mais pas à la manière des hommes qui l’ont livré et condamné. Livré,
oui, mais selon l’admirable expression de Durrwell, "en l’engendrant dans ce
monde". Livré, oui, mais en l’exaltant dans la gloire sur le bois de la croix ;
non pour l’abandon dans la mort, mais pour la résurrection dans la vie, pour le
salut du monde.


Alors, nous comprenons peut-être mieux que la Croix n’est pas une simple affaire
juridique et pénale entre le Dieu de justice et le Fils devenu péché.

Il
y a plus, et ce plus, c’est l’éternel vis-à -vis d’amour du Père et du Fils dans
et par le lien du Saint-Esprit : ce plus, c’est l’abaissement au plus bas de la
condition humaine, de Jésus-Christ dans la pleine communion de son Père. Dieu
lui-même est concerné, est impliqué dans la Passion du Christ. Il en est, a-t-on
pu dire, mystérieusement atteint. Tout-puissant, il ne l’est jamais plus que
dans l’abandon de la forme divine dans le Fils. Seul, écrit Moltmann, "son amour
passionné et passible est tout-puissant".


Paroles audacieuses, certes, et chacun est en droit de rester en pleine foi au
seuil de ce mystère.


Telle est bien pourtant l’approche qu’en font aujourd’hui de grands théologiens,
tant catholiques que protestants. C’est le réformé Jà¼rgen Moltmann qui donne
pour titre à l’un de ses livres : "Le Dieu crucifié". C’est le Père Durrwell qui
intitule un chapitre de son dernier ouvrage : "Le Père immolé". Et il écrit :
"Tout amour vrai est immolé, il est don de soi... Jésus révèle l’immolation du
Père qui ne fait qu’un avec lui".


Voilà donc où nous a menés cette lointaine histoire. Le drame du Père et du Fils
fait resplendir leur amour qui outrepasse la mort. L’auteur de l’épître aux
Hébreux a tracé un parallèle saisissant entre l’épreuve d’Abraham et la Passion
du Christ. Abraham mis à l’épreuve offrit Isaac, il offrait son fils unique,
lui qui avait reçu les promesses... Aussi le recouvra-t-il par une sorte de
préfiguration
 ([9]).

La
même épître au chapitre 5 v. 7 nous dit du Christ : C’est lui qui, au cours
de sa vie terrestre, offrit prières et supplications avec grand cri et larmes à 
celui qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de sa
soumission... Aussi, parvenu à un plein accomplissement, il devient pour tous
ceux qui lui obéissent cause de salut éternel
.


Jean, au chapitre 8 de son évangile, projette une perspective pascale sur
l’épreuve du Mont Morijya : Abraham votre père, dit Jésus, a exulté de
joie dans l’espoir de voir mon jour : il l’a vu et a été transporté de joie
.


Telle est cette passion du Père et du Fils, disons mieux : cette passion du Fils
et cette passion du Père à laquelle doit nous conduire ce temps de Carême.


Puissions-nous, pendant les semaines qui viennent, vivre dans l’attente de Celui
qui a dit : Avant qu’Abraham fà »t, JE SUIS ([10]).


([1])
Genèse 22.
([2])
2 Rois 3/17.
([3])
Lévitique 18/21.
([4])
1 Corinthiens 15/4.
([5])
Esaïe 53.
([6])
Psaume 47/10.
([7])
Psaume 22/1.
([8])
Romains 8/32.
([9])
Hébreux 11/17-18.
([10])
Jean 8/58.