Carême 2009 : A LA DÉCOUVERTE DE JEAN CALVIN

JEAN CALVIN ET L’ÉGLISE

« Il n’est pas licite de séparer ces deux choses que Dieu a conjointes : c’est que l’Eglise soit la mère de tous ceux dont il est le Père. [1] »

Cette phrase ne vient pas de Rome, mais du réformateur Jean Calvin ce qui surprend les protestants surtout ! Le protestantisme n’est-il pas en effet la religion des libres croyants, des fiers « tutoyeurs de Dieu », des hommes et des femmes qui confessent leur foi de manière personnelle, et assument eux-mêmes les choix de leur vie ?Et qui n’ont donc guère besoin de l’Église, ni pour leur salut éternel, ni pour leur vie quotidienne ?

Alors, pourquoi l’Église comme « mère » ?

L’Église a été au centre des préoccupations de Calvin, et sa doctrine de l’Église est un de ses apports originaux au mouvement de la Réforme. D’un point de vue théologique, Calvin est en effet un luthérien. Avec Martin Luther, Calvin veut retrouver la pureté de la prédication évangélique. Comme Luther, Calvin retourne aux Écritures bibliques pour soumettre à leur autorité toute doctrine et toute pratique. Avec Luther, il centre la prédication chrétienne sur l’Évangile de la grâce de Dieu, seule source du salut humain, par le moyen de la foi en Jésus-Christ. Et comme Luther, il se consacre à la diffusion de ce message. Mais à la différence de Luther, il doit construire l’Église.

Pour dire les choses de façon simple : pour Luther, la vie de l’Église continue ; elle se réforme à l’écoute de la prédication évangélique et sous l’autorité des Princes acquis aux idées nouvelles, elle corrige son culte quand c’est nécessaire, elle révise ses pratiques mais en gros, elle continue, avec le même clergé et dans les mêmes lieux. Alors que pour Calvin, il s’agit de reconstruire l’Église, et ceci dans deux situations différentes.

A Genève, il doit reconstruire une Église forte. Il y a connu l’échec de la réforme de Guillaume Farel ,œ dont il a été le collaborateur ,œ balayée par un conflit de pouvoir avec le Conseil genevois. Il a dà » partir en exil trois ans à Strasbourg. Et quand il est rappelé à Genève, c’est avec la mission explicite de « mettre ordre sus l’Eglise », c’est à dire d’organiser l’Église de manière stable, pour mettre fin aux tensions qui ont agité les premières années de la Réforme dans cette cité. L’Église construite là par Calvin sera donc « mère », essentiellement comme éducatrice : elle devra enseigner les fidèles, former les pasteurs, corriger les maux de la cité, mais aussi discipliner et, quand il le faut, punir.

En France, c’est une autre situation. Après un premier temps où les idées dites « nouvelles » se répandent, y compris à la cour royale et dans le clergé, la Réforme est de plus en plus en diffculté. Au lieu d’être un mouvement dans l’Église, de réforme de l’Église, elle est de plus en plus rejetée comme un mouvement extérieur. Là même où des paroisses, curé en tête, avaient adopté les idées évangéliques, la religion catholique romaine est peu à peu rétablie, et les réformés doivent s’organiser à part, se construire en cercles évangéliques nouveaux. On appelle Calvin en renfort pour soutenir et défendre aussi bien les idées de la Réforme que le peuple qui les a adoptées. Les églises qui se dressent petit à petit lui réclament les pasteurs qu’il doit former et envoyer. Il est consulté dans les débats théologiques et sur les conduites à tenir. Bref, il doit édifier l’Église, essentiellement comme la mère protectrice : la mère qui plaide pour ses enfants, les soigne, les encourage et les nourrit dans la foi évangélique.

Cette année 2009, 500ème anniversaire de la naissance de Jean Calvin, est aussi celle du 450ème anniversaire du premier synode des Églises réformées en France, c’est-à -dire la première réunion de quelques pasteurs et représentants de ces Églises nouvelles qui scellent entre elles une union. L’époque est alors encore à la croissance des Églises réformées, malgré les menaces, et les pasteurs français réclament à Calvin une confession de foi qui pourrait être présentée au Roi pour l’influencer en faveur de la Réforme. Sa proposition, aménagée par le Synode, deviendra la « Confession de foi des Églises réformées de France », adoptée définitivement à La Rochelle en 1570 : ce texte restera l’une des références principales pour les Églises de la Réforme calviniste qui s’édifieront dans le monde entier.

L’à€°glise comme « mère » : à cause de ce double contexte historique donc ,œ sà »rement ! ,œ mais pas seulement.

Au tout début du livre IV de l’Institution chrétienne
,œ son œuvre majeure ,œ Calvin ouvre sa réflexion sur l’Église en se référant à l’acte qui la fonde, tel que le décrit l’épître aux Éphésiens Épître aux Éphésiens [2], un texte que je lis dans sa traduction œcuménique moderne : « C’est lui (c’est-à -dire Dieu) qui a donné certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres encore comme évangélistes, d’autres enfin comme pasteurs et chargés de l’enseignement afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude. »

L’à€°glise comme mère, l’Église avec ses ministères, l’Église comme corps du Christ, l’Église dans son unité, c’est le don de Dieu : « c’est lui qui a donné  » ! Cette formule est sans doute la clef de la pensée ecclésiologique de Calvin. Et c’est à partir d’elle que je vous propose de poursuivre avec deux thèmes qui peuvent nourrir notre réflexion aujourd’hui :
- L’à€°glise parce que Dieu donne ;
- L’Église pour un service, et jusqu’au Christ dans sa plénitude.

L’Église parce que Dieu donne

La pensée et l’action de Jean Calvin sont tendues entre deux convictions théologiques fortes.

D’une part, l’affirmation de la souveraineté absolue de Dieu : «  Soli deo gloria ! A Dieu seul la gloire ! ». Non pas une souveraineté insensible ou capricieuse, mais la souveraineté de Celui qui ordonne parce qu’il donne tout par grâce !

Et d’autre part, la confession de la nature fondamentalement pécheresse de l’humanité : « [3] ». Non pas comme une sorte de malédiction éternellement culpabilisante, mais à la fois comme la reconnaissance d’une triste réalité ,œ dès qu’ils ne sont plus conduits par la parole de liberté, les humains cèdent à l’esclavage de leurs désirs ,œ et comme la nécessaire et humble confession qui ouvre à la parole de grâce.

L’Église naît de la rencontre entre la parole du Dieu souverain et l’humain pécheur. Calvin affirme : « partout où la prédication de l’Evangile est révéremment écoutée et où les sacrements ne sont point négligés, là apparaît, pour un temps, certaine forme d’Église, dont on ne peut douter, et dont il n’est pas licite de dédaigner l’autorité ou mépriser les admonitions, ou rejeter le conseil, ou avoir les réprimandes en moquerie [4] ».

Ce point est essentiel : l’Église ne naît ni de l’autorité d’une succession apostolique, ni de la qualité spirituelle ou morale de ses membres, mais de la Parole prêchée et signifiée par les sacrements. Pas même de l’orthodoxie doctrinale de la prédication ou de la rectitude dans l’administration des sacrements ,œ bien que Calvin ne néglige ni l’une ni l’autre ,œ mais du simple fait qu’on se met en peine de recevoir cette Parole ! L’Église n’est pas Église par quelque chose qu’elle détiendrait ou qu’elle ferait correctement, par son efficience ou sa légitimité, sa tradition ou ses ministères, bref par elle-même, mais par la Parole qu’elle reçoit, et elle seule.

Calvin développe là une conception polémique contre l’Église romaine, mais qui est aussi une vision largement œcuménique ,œ avant l’heure. Car il précise bien : « Quant à ce que nous disions que le pur ministère de la Parole et la pure manière d’administrer les sacrements sont de bons gages et arrhes pour nous assurer qu’il y a Église en toutes compagnies où nous verrons l’un et l’autre, cela doit avoir une telle importance, que nous ne devons rejeter nulle assemblée qui entretienne l’un et l’autre, bien quelle soit sujette à plusieurs vices. [5] »

L’Église toujours Église, reconnue dès qu’il y a prédication de l’à€°vangile, et ce malgré toutes imperfections, erreurs, ou déviations ! C’est cette vision qui amènera d’ailleurs Calvin, malgré sa vive contestation de l’enseignement de l’Église romaine, de ses rites et son pouvoir, à reconnaître qu’il y a en elle « trace d’Église », en montrant ainsi une ouverture surprenante en son temps ! Une ouverture qui contraste avec les réticences actuelles des Églises qui refusent à entrer dans un chemin de reconnaissance réciproque !

Calvin défend ainsi une vision marquée à la fois par une large ouverture et une forte exigence. C’est ce qui apparaît dans sa distinction entre l’Église « invisible », celle que Dieu seul connaît, qui réunit toutes celles et ceux en qui la Parole de Dieu a fait naître la foi en Christ, et l’Église « visible », institution incarnée, historique, limitée, faillible, en laquelle on sait bien que les infidèles sont mêlés aux fidèles ! D’un côté donc, ouverture parce que Calvin refuse d’exercer un jugement qui appartient à Dieu seul : lui seul connaît ! Mais de l’autre, exigence de réforme : par la prédication de la Parole, il s’agit de faire naître la foi, de corriger les mœurs, de dévoiler les erreurs et de combattre pour la vérité.

Cette distinction ne signifie pas que l’Église visible est une institution négligeable, bien au contraire : « De même donc qu’il nous est nécessaire de croire l’Eglise qui nous est invisible et connue de Dieu seul, aussi il nous est commandé d’avoir cette Église visible en honneur, et de nous maintenir en sa communion. [6] »

Car cette Église visible a autorité. Même si Calvin est tout à fait réaliste sur les « vices » ,œ comme il dit ,œ et les tentations de l’Église, il manifeste sa confiance dans son ministère lorsqu’il est ,œ et qu’il est seulement ,œ prédication de la Parole : « Nous confessons donc ,œ comme c’est la vérité ,œ que le Seigneur éternellement assiste les siens, et qu’il les conduit par son Esprit ; que cet Esprit n’est pas d’erreur, ignorance, mensonge ou ténèbres, mais de révélation, vérité, sagesse et lumière, duquel ils puissent sans tromperie apprendre quelles choses leur sont données de Dieu Mais comme les fidèles reçoivent seulement quelque goà »t et commencement de cet Esprit en cette chair, même ceux qui par-dessus les autres sont pleins de richesses et de grâces de Dieu, il ne leur reste rien de meilleur, sinon qu’en reconnaissant leur faiblesse, ils se contiennent soigneusement sous les termes de la Parole de Dieu, de peur que s’ils voulaient procéder outre (c’est à dire aller au-delà ) par leurs sens, ils ne dévoient (dévient) incontinent de la droite voie [7] »

Il s’agit là à la fois d’une affirmation fortement positive de l’autorité de l’Église et de la nécessité pour le fidèle de la prendre en considération, mais aussi de sa nature seconde : l’autorité n’appartient pas constitutivement à l’Église, mais reste le don qu’elle doit constamment se mettre en situation de recevoir, à l’écoute de la Parole ; l’autorité de l’Église découle de l’autorité de la Parole, et elle ne peut s’affranchir de celle-ci : elle se vérifie à la mesure de cette Parole, et elle ne peut se risquer hors de ce qui est enseigné par cette Parole.

Pour Calvin, la mission de l’Église ,œ et donc l’autorité qui lui est confiée et qu’elle exerce par ses pasteurs ,œ consiste donc essentiellement en la meilleure « restitution » possible de la Parole de Dieu, que les Écritures présentent, selon lui, de manière claire ,œ en tout cas à celui qui se met en peine de les lire, surtout s’il a été formé pour cet exercice : « L’Eglise est établie gardienne de la vérité de Dieu, afin qu’elle ne s’abolisse point en ce monde Dieu se sert du ministère ecclésiastique, pour garder et entretenir la pure prédication de sa Parole [8] » Et Calvin tonnera sans cesse contre les fous qui prétendront s’affranchir de cette aide que Dieu leur donne, ou contre ceux qui prendront le risque de se séparer d’elle, jusqu’à écrire : « L’unité de l’Église a une telle puissance qu’elle peut nous retenir en la compagnie de Dieu [9] ».

Cette à€°glise, mère des fidèles, c’est l’Église que Dieu a donnée, avec la richesse de son passé et de sa tradition, que Calvin est loin de négliger. C’est l’Église que Dieu donne aujourd’hui, avec l’autorité de son ministère comme la nécessité de sa réforme permanente. Et c’est encore l’à€°glise que Dieu donnera : la Réforme est confiance dans l’avenir de l’à€°glise, parce que c’est en Dieu, et en lui seul, qu’elle place son espérance !

L’Église pour un service

Si pour Calvin, l’Église est Église « parce que » ,œ parce qu’elle est don de Dieu ,œ elle est aussi à€°glise « pour » ,œ pour l’édification des fidèles. C’est cette mission qui légitime son autorité, mais aussi la limite et la relativise.

C’est ainsi que Calvin définit le rôle de l’Église dans l’Institution chrétienne : « Je parle de la puissance spirituelle, qui est propre à l’Eglise. Or elle consiste en trois membres : à savoir en la doctrine, en la juridiction, et en la faculté d’ordonner lois et statuts. Le point de la doctrine contient deux parties : la première de faire des articles de foi ; la seconde, l’autorité d’exposer ce qui est contenu en l’Ecriture. Or, avant de commencer je prie et exhorte tous fidèles lecteurs de réduire tout ce qui est dit de la puissance de l’Eglise à la fin pour laquelle S. Paul dit qu’elle a été donnée : c’est à savoir en édification, et non point en destruction (2 Co 10.8 ; 13.10). [10] »

Assigner à l’autorité de l’Église un but et des domaines de compétence, c’est encore une fois la légitimer, mais en même temps la limiter et la relativiser ; elle n’a de légitimité que dans ces domaines : l’enseignement de la Parole de Dieu au sens large, la discipline c’est-à -dire la détermination des règles de vie du disciple, et l’organisation de sa vie ecclésiastique. Et elle n’a de légitimité que par rapport à un but positif : l’édification. Calvin récuse l’Église quand elle détruit ou persécute. On voit ici le caractère historiquement situé de cette protestation, mais qui n’en limite pas la portée ! Car elle rappelle ,œ y compris au sein des Églises de la Réforme ,œ que l’autorité n’est pas un absolu, mais qu’elle est donnée, limitée et subordonnée à une mission.

L’Église est ainsi une réalité seconde. Le salut ne lui appartient pas, pas plus que la vérité. Si elle est mère, ce n’est pas pour materner ses enfants, décider ou croire pour eux, mais bien pour les faire grandir jusqu’à être des adultes devant Dieu, comme le disait l’apôtre. Et Calvin insiste : « nous n’obtenons point le salut parce que nous serions prêts à recevoir pour vrai tout ce que l’Eglise aura déterminé, ou parce que nous lui remettrions la charge d’enquérir et de connaître : mais en tant que nous connaissons Dieu nous être un Père bienveillant, à cause de la réconciliation qui a été faite en Christ, et parce que nous recevons Christ, comme nous étant donné en justice, sanctification et vie. [11] » Rien n’est plus important, plus essentiel que la relation personnelle entre le croyant et son Dieu, dans laquelle il le découvre tel qu’il est vraiment et reçoit de lui son salut, par la foi en Jésus-Christ. Rien d’autre n’est absolument nécessaire. Et rien ,œ y compris le lien avec une Église ou la soumission à son autorité ,œ ne peut venir s’immiscer dans cette relation, ou y suppléer.

Mais si Calvin marque ainsi nettement les limites de la mission de l’Église, ces limites sont loin de diminuer son autorité évangélique : au contraire, elles en confirment l’origine dans la Parole prêchée elle-même !

Ainsi par exemple, à propos de l’autorité d’enseignement confiée aux pasteurs, sa démonstration frise l’ironie : « ce nous est un très bon et utile exercice d’humilité, quand (Dieu) nous accoutume à obéir à sa Parole, encore qu’elle nous soit prêchée par des hommes semblables à nous, voire même quelquefois inférieurs en dignité [12] . » L’autorité de la prédication ne passe pas par l’infaillibilité des pasteurs, mais au contraire par leur humanité et leur faiblesse. Calvin parlera même d’eux comme d’« aides ou moyens inférieurs [13] » ! Et il souligne l’importance du fait que les fidèles sont ainsi enseignés par des fidèles comme eux, pour que l’autorité de la Parole se manifeste par elle-même, et non par un pouvoir hiérarchique.

Ou encore, c’est d’une manière très réaliste qu’il décrit le pouvoir de juridiction de l’Église, qui n’est pas une loi divine, mais un simple instrument : « La discipline est donc comme une bride pour retenir et dompter ceux qui sont rebelles à la doctrine, et comme un éperon pour piquer ceux qui d’eux-mêmes sont tardifs et nonchalants [14] » Et là aussi, il veille à ce que le pasteur n’exerce pas seul cette autorité disciplinaire, mais toujours avec un conseil qui le soutient et l’accompagne.

Ou enfin à propos du troisième pouvoir d’ordonner lois et statuts, il s’exprime de manière péremptoire : « on ne doit imposer nécessité aux consciences dans les choses dont elles sont affranchies par Jésus-Christ [15] » Faire de Calvin un des pères de la laïcité serait certainement un anachronisme, mais il manifeste déjà une vive conscience de la nécessité de ne pas engager l’autorité de l’Église là où elle n’a rien à faire. Certes, pour Calvin comme pour tous ceux de son temps, il n’y a qu’une seule autorité, celle de Dieu, qui s’impose au magistrat comme à l’Église ; cependant toutes les lois ne traduisent pas un ordre divin, plus simplement les nécessités du bon ordre. La Parole de Dieu enseigne certes à honorer le magistrat, mais Calvin précise bien : «  toutes lois humaines (j’entends celles qui sont droites et justes) ne lient point la conscience, parce que la nécessité de les observer ne gît point aux choses qu’elles commandent, comme si c’était péché en soi de faire ceci ou cela, mais que le tout doit se rapporter à la fin générale, qu’il y ait bon ordre et police entre nous. [16] » N’y a-t-il pas, dans ce souci de reconnaître l’autonomie de ce qui concerne l’organisation de la société en vue des fins qu’elle se donne, quelques prémices du principe démocratique ?

En tous cas, Calvin se manifeste comme un opposant résolu à ce que nous nommerions aujourd’hui l’intégrisme, c’est-à -dire la volonté d’imposer en toutes choses un ordre religieux prétendument divin, et il n’hésite pas à moquer cette prétention : «  il nous sera facile de discerner quelles constitutions des hommes sont contraires à la Parole de Dieu, à savoir toutes celles qu’on dit appartenir à vraiment servir Dieu, et à l’observation desquelles on astreint les consciences, comme si elles étaient nécessaires. Calvin, op. cit. IV, X, 8, p. 179. »

* * *

Une à€°glise par la Parole, la Parole de Dieu qui libère et qui construit

Une Église pour une mission, au service des fidèles, pour qu’ils deviennent des humains adultes

Cette voie pour la réforme de l’Église, ouverte par Jean Calvin, n’est-elle pas encore à poursuivre aujourd’hui ? Dans un monde qui change, et contre toutes les tentations de l’intégrisme et du repli sur soi, la réforme est toujours un acte d’espérance !

Pasteur Marcel Manoël

Notes

[1Jean Calvin : L’Institution de la religion chrétienne, livre IV, chapitre I,paragraphe 1, page 11 de l’édition publiée en 1958 par les éditions Labor et Fides.

[24.11-12

[3nés dans la corruption, enclins au mal, incapables par nous-mêmes de faire le bien

[4Calvin, op. cit., IV,1, 10, p.22.

[5Calvin op. cit. IV, I, 12, p. 24.

[6Calvin, op. cit. IV, I, 7, p. 20.

[7Calvin, op. cit., IV, VIII, 11, p. 150-151.

[8Calvin, op. cit., IV, I, 10, p. 22.

[9Calvin, op.cit. IV, I, 3, p. 13.

[10Calvin, op. cit., IV, VIII, 1, p. 140-141.

[11Calvin, op. cit., III, II, 2, p. 18.

[12Calvin, op. cit., IV, III, 1, p. 54.

[13Confession de foi de La Rochelle, article 25.

[14Calvin, op. cit. IV, XII, 1, p. 216

[15Calvin, op. cit. IV, X, 1, p. 172-173.

[16Calvin, op. cit. IV, X, 5, p. 177.