(Luc 6 v. 20 à 26 - Colossiens 1 v. 12 à 20 )
On admet généralement, au nom de la liberté de conscience, que chacun vive selon ses convictions dans sa vie intime et ses rapports personnels avec les autres. Par contre, dès qu'on aborde les domaines qui concernent la collectivité, il y a débat.
Par exemple, la foi chrétienne comme d'ailleurs les autres religions - doit-elle être prise en compte quand on touche aux questions sensibles de la vie et de la mort, de la sexualité, ou de la famille, en particulier lorsque le législateur est appelé à intervenir ? Certains considèrent que le christianisme est une valeur constitutive de notre société, qui ne peut être négligée sous peine de décadence. D'autres pensent qu'il représente une forme élaborée d'humanisme, qui doit être défendue. Mais d'autres au contraire, y compris parmi les croyants, considèrent que les convictions religieuses doivent rester privées et qu'elles n'ont pas à être prises en compte dans les débats publics.
La question se pose aussi lorsqu'on touche le domaine de l'économie. Là, elle se teinte d'une certaine ironie, tant les chrétiens font souvent figure de doux rêveurs. A la limite, on peut accepter qu'ils prêchent la fraternité et la solidarité, comme des utopies qu'il faut garder en point de mire, mais on devient très méfiant lorsque les Eglises prétendent dire quelque chose sur le partage des ressources et du travail, la justice sociale et la réduction des inégalités, le chômage ou la remise de la dette aux pays les plus pauvres. La foi apparaît tellement loin des réalités économiques !
Et le débat se durcit encore dès qu'il est question de politique. "Occupez-vous du ciel ! Nous nous occuperons de la terre !", répondait un ministre éminent, il y a quelques années, à des responsables d'Eglise qui prétendaient s'exprimer sur la course à l'armement nucléaire. Et bon nombre de chrétiens eux-mêmes considèrent que la foi n'a rien à faire en politique, qu'elle ne peut que s'y salir, et l'Eglise s'y compromettre.
Je vois là, d'abord, la réaction contre une Eglise qui prétendrait diriger la société, soit en intervenant directement au nom de Dieu, soit au travers de partis et de mouvements chargés de traduire son influence. Nous n'en sommes plus là aujourd'hui. Les Eglises chrétiennes ont clairement accepté de s'inscrire dans une société laïque, et d'en respecter les principes de tolérance et de respect de l'autre. Le protestantisme y a été plus rapidement sensible, à cause de sa situation minoritaire en France et de sa revendication historique de la liberté de conscience. Mais le catholicisme a aussi nettement pris position dans ce sens, comme le rappelait la Lettre aux catholiques de France publiée en 1996 par la Conférence des Evêques. Les Eglises ne revendiquent aucune position dominante dans la société, ni pour elles, ni pour le message dont elles se veulent porteuses. Ce qui ne veut pas dire qu'elles renoncent à témoigner de leur foi, j'y reviendrai.
Un second ensemble de raisons à cette sorte de "privatisation" de la foi chrétienne tient sans doute à la complexité croissante des problèmes. Par exemple, à propos des questions que pose aujourd'hui l'accompagnement de la mort, la limite est extrêmement ténue entre l'euthanasie active dont on peut craindre tous les arbitraires - et le nécessaire soulagement de la souffrance des mourants. Ou bien, à propos du clonage de l'être humain, s'il fait peur lorsqu'il s'agit de reproduction, surtout de reproduction sélective, qu'en dire s'il s'agit de soigner en régénérant des organes malades ? Sur toutes ces questions il est difficile de se prononcer abruptement par un "oui" ou un "non".
De plus, nous sommes sensibles à la grande diversité des situations humaines. On ne peut pas, par exemple, aborder les questions économiques et écologiques de la même manière si l'on se trouve dans un pays riche ou un pays pauvre même si, globalement, c'est un seul problème !
Et enfin, il me semble que cette distance établie entre la foi et les grands problèmes de notre monde participe d'un mouvement plus général. J'ai l'impression que notre horizon s'est rétréci. Cela peut paraître paradoxal par rapport aux possibilités de communication qui nous permettent théoriquement en tous cas d'être en lien avec tout ce qui se passe un peu partout ! Mais il me semble que nous vivons une période de replis désenchantés et parfois même pessimistes : repli sur les petits groupes identitaires, sur le pragmatisme de la réalité, sur le quotidien et le court terme. Les grandes idéologies qui prétendaient expliquer le monde et son histoire ont presque disparu. On ne rêve guère plus le monde, mais on se contente de le gérer au jour le jour.
La foi doit-elle donc, elle aussi, renoncer à toute vision de ce monde, et se limiter au domaine des convictions et des sentiments personnels ? Je crois au contraire que la foi au Christ nous propose toujours une parole, une révélation sur ce monde, pour comprendre son histoire, prendre part aux recherches et aux débats actuels, et nous diriger de manière responsable.
Approches bibliques
Avant d'aller plus loin dans notre réflexion, peut-être faut-il passer rapidement en revue quelques grands thèmes bibliques à propos du monde et de son histoire.
L'affirmation essentielle, c'est que le monde est création de Dieu. Une affirmation théologique forte, c'est-à-dire une proposition pour comprendre le monde à la lumière de la foi, et non pas une donnée historique ou scientifique.
Vu comme création, le monde apparaît en tension, à la recherche de son sens. D'un côté, il y a la parole créatrice qui l'appelle à être, et à être bon, pour la vie. Et de l'autre, il y la parole de malédiction qui dit les limites et les contraintes, l'insatisfaction des désirs, la dureté du travail, l'antagonisme entre les humains et la nature, le désir de domination qui ouvre la porte à la violence. C'est, dans l'antique récit de la Genèse, la tension entre le jardin d'Eden et la chute, entre "Adam" l'homme créé pour vivre, et Caïn l'homme qui tue et qui porte sur lui le signe de son crime. C'est la tension toujours actuelle dans laquelle s'inscrit l'histoire avec ses soubresauts, et où se mêlent, parfois de manière inextricable, la bénédiction de la vie qui grandit et se renouvelle, et la malédiction de la peine à vivre, et à mourir...
Une autre lecture du monde nous est proposée au travers du thème de l'Alliance. C'est ce que décrit l'histoire bien connue de Noé et du déluge. Le monde y apparaît menacé, fragilisé par la méchanceté humaine, mais maintenu par la fidélité de Dieu, qui s'engage dans une Alliance. Une assurance proposée à la foi, parce que Dieu est fidèle ! Mais d'une fidélité qui appelle et nourrit la nécessaire fidélité de l'homme. L'Alliance ouvre les yeux et avertit : attention, la catastrophe peut toujours naître de la folie qui renie les principes élémentaires de paix, de justice et de vie. Les prophètes d'Israël le répéteront sans cesse ! Et les tragédies actuelles des génocides, et les explosions de violences qui secouent de temps en temps notre monde ou nos cités, montrent bien ce danger toujours latent de l'engrenage incontrôlable vers la barbarie, la destruction et la mort, quand les principes élémentaires qui fondent la vie du monde sont bafoués !
Dans ces deux grandes visions, on peut remarquer que le monde est décrit de manière concrète et profane. Le monde créé est matière, objets, corps vivants. Dans le récit de la Genèse, le soleil, la lune et les étoiles sont des lampes, et pas des dieux. La terre et l'eau ne sont pas des puissances mystérieuses. Et plus tard, les prophètes d'Israël lutteront sans cesse contre l'idolâtrie, c'est-à-dire la tentation de diviniser des choses ou des humains. La Bible propose donc la vision d'un monde désacralisé, ouvert à une action humaine libre et responsable. Ce qui ne veut pas dire que l'homme peut y faire n'importe quoi, en se prenant à son tour pour un dieu ! Et nous nous rendons sans doute mieux compte, en cette fin de siècle, des dangers que font courir à la vie notre vie et celle de la planète les actions irresponsables, c'est-à-dire celles dont les conséquences et les risques sont hors de proportion avec ce que nous pouvons réellement assumer !
Un monde désacralisé. Ce qui ne veut pas dire que Dieu en soit absent. Au contraire, au travers de tout le message biblique, Dieu se montre proche, il se révèle à son peuple, il intervient par sa Parole. Il inscrit dans l'histoire de ce monde une histoire de salut. Conviction paradoxale quand elle s'applique aux moments les plus noirs de l'histoire d'Israël, au temps de l'exil ou de l'incertitude ! Mais, même là - et les prophètes le disent avec force -, Dieu conduit encore son peuple ! Et leur foi en la fidélité de Dieu leur permet d'affirmer qu'elle ne se démentira pas, jusqu'au bout, et malgré tous les aléas de l'histoire.
Dans les Evangiles, ces visions bibliques du monde et de son histoire se nouent avec une intensité dramatique nouvelle autour de la venue de Jésus. Ce qui se passe autour de lui, et le rejet dont il est victime renforcent le sentiment d'un désordre menaçant, et appellent à la vigilance dans un monde difficile et ambigu : "Faites attention que personne ne vous trompe... Faites attention à vous-même... Restez éveillés..." répète Jésus d'après la petite apocalypse de Marc 13. Un monde et un temps périlleux, qui réclament à la fois audace et prudence : "Je vous envoie comme des moutons au milieu des loups ; soyez donc prudents comme les serpents et innocents comme les colombes ". (Matthieu 10.16).
En même temps, la vision s'élargit : c'est le monde entier qui est tendu par l'action créatrice de la Parole, jusqu'à la révélation finale de Dieu lui-même. C'est ce que révèlent la venue du Christ et la proclamation de l'Evangile, comme le souligne par exemple le prologue de Jean : "La Parole était dans le monde. Dieu a fait le monde par elle, et pourtant le monde ne l'a pas reconnue... La Parole est devenue un être humain et a vécu parmi nous, pleine de grâce et de vérité. Nous avons vu sa gloire... ! " (Jean 1,10 et 14).
Un monde ouvert à la responsabilité humaine, mais fragile.
Une histoire risquée et chaotique, mais que Dieu habite par sa Parole.
Il nous a arrachés et fait passer...
Pour comprendre cette ambiguïté du monde, la Croix est un événement décisif. Ecoutons l'apôtre Paul au début de l'épître aux Colossiens (1,12-20) :
"Remerciez avec joie Dieu le Père : il vous a rendus capables d'avoir part aux biens qu'il réserve dans le royaume de lumière pour ceux qui lui appartiennent. Il nous a en effet arrachés à la puissance de l'obscurité et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé, grâce auquel nous sommes délivrés du mal et nos péchés sont pardonnés.
Le Christ est l'image visible du Dieu invisible. Il est le Fils premier-né, supérieur à tout ce qui a été créé. Car c'est par lui que Dieu a tout créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, les puissances spirituelles, les dominations, les autorités et les pouvoirs. Dieu a tout créé par lui et pour lui. Il existait avant toutes choses, et dans leur relation avec lui toutes les parties de la création sont maintenues à leur place. ".
"Il nous a arrachés ... et fait passer..."
La Croix est arrachement. Arrachement violent de la vie de Jésus, par les violents. Arrachement de Jésus aux siens.
Mais, surtout, arrachement de Jésus à la mort, par l'acte de Dieu qui le ressuscite. Pâques nous dit et nous fait vivre la création, l'origine : la vie arrachée à la mort, la justice arrachée à l'injustice, la joie arrachée aux pleurs, l'histoire arrachée au chaos.
Arrachement et réenracinement, transfert, car la Croix signifie que Dieu est intervenu dans ce monde. Elle y est la marque de cet acte, même si elle est méconnue, refusée, bafouée, ridiculisée... La Croix marque déjà, comme un fait accompli, notre arrachement au monde des ténèbres et notre transfert dans le Royaume du Christ.
Remarquez bien qu'il s'agit là de l'action de Dieu. Et non d'une action humaine. La Croix du Golgotha n'est pas le signe d'une destinée individuelle exceptionnelle, celle du Christ d'abord et puis celle de tous les humains qui suivraient sa voie. Mais elle est l'enseigne, le drapeau planté sur ce monde qui indique qui en est le véritable Seigneur, et quel est son véritable statut : il est déjà libéré des puissances de mort qui pesaient sur lui, des contraintes et des dominations qui affaiblissent la vie, et il est ouvert à un avenir autre, à une espérance sûre, à la réalité du Royaume.
Cette proclamation s'adresse à la foi. Elle invite, à la lumière de la Croix, à lire autrement notre monde et son histoire. Car la réalité de l'action de Dieu n'y est pas évidente ! Bien au contraire, ce monde est trop souvent traversé de fatalités terribles qui l'amènent de famines en catastrophes, et de conflits en massacres. Et Dieu lui-même, pour ceux qui y croient, apparaît comme lointain et incompréhensible, quand nous nous heurtons au mur du non-sens et de la souffrance. Pourtant, quand on regarde aussi ce monde avec les yeux de la foi, on peut y voir des signes de la présence et de l'action de son Seigneur : des signes modestes, presque imperceptibles, des hommes et des femmes qui ne se laissent pas abattre et qui luttent inlassablement, des gestes de solidarité, des progrès qui aident à la vie, des délivrances inattendues, des murs de haine ou d'égoïsme qui s'écroulent, des prières exaucées, une Eglise qui même au travers de ses faiblesses continue à être témoin de la Seigneurie du Christ.
Il nous a arrachés et fait passer...
Une oeuvre de Dieu qui marque déjà ce monde.
Un mystère que la foi seule révèle, mais que nous pouvons voir et vivre.
Une parole qui déjà nous inscrit dans le monde nouveau du Royaume du Christ.
Car il est bien là ce Royaume.
Paroles du Royaume
"Jésus regarda alors ses disciples et dit :
Heureux, vous qui êtes pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous !
Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous aurez de la nourriture en abondance !
Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous rirez ! "
Et un peu plus loin :
"Mais malheur à vous qui êtes riches, car vous avez déjà eu votre bonheur !
Malheur à vous qui avez tout en abondance maintenant, car vous aurez faim !
Malheur à vous qui riez maintenant car vous serez dans la tristesse et vous pleurerez ! ".
(Luc 6, 20-21 et 24-25)
Tout le monde connaît les Béatitudes, que je viens de lire dans la version de l'Evangile de Luc. Je voudrais les entendre aujourd'hui comme les paroles du Royaume, ce Royaume que Jésus déclare, de façon si radicale et si paradoxale.
Il me semble que ces paroles nous invitent à comprendre et à vivre notre monde comme Royaume de Dieu avec une triple lucidité : humaine, théologique, et spirituelle.
Lucidité humaine d'abord parce que ces paroles décrivent la réalité du monde : il y a les riches et les pauvres, ceux qui ont faim et ceux qui ont tout en abondance, ceux qui pleurent et ceux qui rient. Jésus ne rêve pas le monde, mais il le prend comme il est. Il me semble que la foi chrétienne devrait nous pousser d'abord au réalisme. Trop souvent, nous préférons nous cacher les réalités qui nous gênent.
C'est la tentation de notre monde, et quand nous regardons notre histoire récente, nous sommes bien obligés de le reconnaître. Nous nous sommes caché et nous nous cachons encore les réalités de l'injustice et de l'exclusion, sous des hypothétiques : "demain, ça ira mieux !". Nous nous sommes caché et nous nous cachons encore les réalités du racisme devenu ordinaire dans notre société française, en nous gargarisant de discours sur notre générosité et nos principes. Nous nous sommes caché et nous nous cachons encore la réalité destructrice des mécanismes de violence liés à une société éclatée et livrée à toutes sortes de rivalités, en espérant confusément qu'avec un peu plus de police et quelques jugements sévères, tout cela passera !
C'est aussi la tentation de l'Eglise de se réfugier dans un monde à part, un monde religieux parfois, sous prétexte de fidélité. De ne pas voir ce qui n'entre pas dans nos principes. De ne pas parler des choses qui fâchent... De faire comme si...
La parole du Royaume concerne le monde tel qu'il est. Elle nous attend aujourd'hui dans notre société sécularisée, dans ses recherches de sens, dans ses problèmes sociaux, dans ses questions éthiques... Non pas comme une parole qui s'imposerait, mais comme une parole qui aide à discerner, une parole qui critique, une parole qui propose, une parole qui soutient et qui relève. La Parole du Royaume, c'est d'abord la parole de la lucidité.
Cette lucidité humaine est soutenue par ce que j'appelle la lucidité théologique. La parole que Jésus donne au monde est fondée sur sa connaissance de Dieu. Quand Jésus dit : "Heureux !" aux pauvres, à ceux qui ont faim ou qui pleurent, ce n'est pas une promesse de revanche, ici bas ou dans un autre monde, ce n'est pas une parole pour les consoler et leur permettre d'attendre, mais c'est le "Heureux" que Dieu prononce sur eux ! Et quand il lance "Malheur à vous !", c'est l'avertissement de Dieu aux profiteurs d'hier comme d'aujourd'hui !
La parole du Royaume c'est celle qui proclame sur nous la vérité de Dieu, Dieu tel qu'il s'est fait connaître, de la crèche à la Croix, Dieu avec les petits, Dieu avec les exclus, Dieu avec les malades de la vie qui avaient besoin d'un médecin, Dieu pour la vie, Dieu pour la justice et pour la paix. Et cette parole de vérité sur Dieu nous dit la vérité sur nous-mêmes et sur le monde. Il est destiné à être son Royaume. Mieux, la Croix en fait déjà son Royaume. Et c'est en regardant vers elle que nous pouvons connaître sa vérité.
Lucidité humaine, lucidité théologique, pour la lucidité spirituelle. La Parole du Royaume indique à la foi le vrai sens du monde, et elle ouvre ainsi le chemin que l'Esprit indique à notre foi, le chemin du service.
La foi ne résout pas les problèmes économiques, mais elle nous assure que l'avenir est du côté du service et du partage. La foi ne résout pas les tensions internationales, mais elle nous assure qu'il vaut la peine de se battre pour la justice, la paix et le respect de toute vie. La foi ne fait pas de notre vie est long fleuve tranquille, comme ironisait le film,
mais elle nous donne, en regardant à Christ, de garder la vérité de l'espérance.
Oui, la foi nous ouvre le monde et son histoire.
Oui, la foi nous ouvre à la liberté de vivre déjà ce monde nouveau,
à la responsabilité d'en dire la Parole, et d'en donner les signes.
"Car Dieu nous a arrachés au pouvoir des ténèbres
et nous a "fait passer" dans le Royaume du Fils de son amour... ".
CD 811 038-2 "Local Hero" Music by Mark KNOPFLER
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