(II Corinthiens 7 v. 17 à 20 - Actes des Apôtres 15 v.1 à 35)
Nous traversons aujourd'hui une crise morale !
C'est une phrase que l'on entend souvent, et qui peut exprimer des sentiments très différents. Pour certains, c'est le regret, parfois scandalisé, de voir s'effondrer des valeurs qu'ils pensent essentielles et éternelles. Pour d'autres, c'est l'expression de leur désarroi dans une situation floue : où est le bien ? où est le mal ? où sont les repères ? Pour d'autres encore, c'est la prise de conscience de l'urgence à rechercher de nouvelles lignes de force pour nos vies et notre société aujourd'hui.
Au cours des dernières décennies, les grands systèmes de morale ont globalement perdu de leur influence. En tous cas, ils ne réunissent plus un large accord. C'est vrai pour la morale chrétienne traditionnelle, de plus en plus contestée au fur et à mesure de l'avancée de la déchristianisation. Mais c'est vrai aussi pour la morale laïque qui était à la fois son décalque et sa rivale.
Cette chute des références s'accompagne de plus en plus de la montée de violences diverses : des voitures qui brûlent dans les rues aux charniers du Kossovo, en passant par l'automobiliste irascible qui règle ses comptes à coups de fusil, sans oublier la violence économique qui rejette les plus fragiles et les plus démunis, et même parfois la violence domestique entre voisins, mari et femme, parents et enfants.
"L'enfer, c'est les autres" écrivait Sartre il y a quelques années. Et c'est vrai que nous sommes souvent inquiets, méfiants les uns à l'égard des autres, ou exaspérés ! Même les plus tolérants finissent par se fatiguer de voir leurs efforts de conciliation ou de générosité se retourner contre eux.
Qui est l'autre pour moi ? Comment vivre en relation avec lui ?
Et pourquoi ne pouvons-nous pas vivre tranquillement ?
Conflit
Je crois que nous sommes en train de nous réveiller durement de l'illusion de ces dernières décennies que le monde deviendrait naturellement plus harmonieux et que le progrès éloignerait de nous violences et crises. Comme si le message : "Aimez-vous les uns les autres" était une formule magique qui dispenserait de prendre en compte la réalité. Les chrétiens ont parfois cédé à cette facilité en oubliant que la Bible nous présente au contraire des hommes et des femmes qui portent difficilement cette parole dans un monde en tension, un monde plongé dans une histoire agitée de conflits, entre individus, clans, nations,... comme entre les humains et Dieu.
Ces conflits y sont bien sûr compris tout d'abord comme le résultat de la désobéissance à Dieu, de l'oubli de son Alliance de justice, et la conséquence des désirs plus ou moins avoués de puissance, de richesse et de domination... C'est par exemple l'analyse tout à fait lucide de l'épître de Jacques : "D'où viennent les luttes et les querelles parmi vous ? Elles viennent de vos passions qui combattent sans cesse dans vos corps. Vous désirez quelque chose, mais vous ne pouvez pas l'avoir, et alors vous êtes prêts à tuer... " (4.1-2).
Mais la lecture de la Bible suggère aussi que c'est au travers de conflits que se joue l'histoire du salut. Jésus avertit : "N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix au monde, je ne suis pas venu apporter la paix, mais le combat... " (Mat. 10.34-35). C'est au travers de luttes internes ou dans son environnement, que la première communauté chrétienne grandit, qu'elle essaime, qu'elle transmet sa prédication, qu'elle s'organise et qu'elle s'édifie... C'est aussi au travers de conflits que Paul poursuit son ministère d'ouverture parmi les païens... etc.
Bien sûr, certains de ces conflits sont la marque de la violence d'une culture ou d'un monde qu'on doit refuser aujourd'hui. On ne devrait plus, par exemple, avoir besoin de massacrer ses ennemis pour affirmer sa fidélité à Dieu, comme le demandaient les antiques règles de la guerre sainte !
Mais ce serait certainement une erreur de penser que le conflit peut entièrement disparaître de notre histoire.
Si nous la lisons à la lumière de la Croix, il y est inscrit d'une manière essentielle. C'est le conflit qui naît du "non" de Dieu au monde de l'injustice, de la violence, de la haine, le "non" qui ouvre un combat contre toutes les puissances constitutives de ce monde-là. Et qui naît aussi du "oui" de Dieu au salut, à la vie, à la paix, à la justice, et qui ouvre les changements et les luttes pour construire ce monde-là. La Croix révèle ce conflit essentiel, elle nous y situe, et ce serait illusion que de vouloir nous en extraire. Mais, en même temps et je vais y revenir - elle le dépasse en le contestant fondamentalement.
Réconciliation
En même temps qu'elle ouvre nos yeux sur les réalités de la violence, la Bible témoigne de l'espérance d'un avenir de réconciliation.
Au fil des textes, elle en propose d'abord plusieurs voies réalistes. La voie de la sagesse, qui consiste à bien se connaître, soi et les autres, afin de se maîtriser, ne pas déclencher de conflit inutile. La voix de la discipline, pour limiter la violence. La voix des rites pour la réconciliation avec Dieu et la réconciliation avec l'autre, par exemple la cérémonie du Grand Pardon de Lévitique 16, avec le bouc émissaire et le rite d'absolution avec le sang de taureaux... Il y a ainsi, en particulier dans l'Ancien Testament, une tension entre réalisme et utopie, entre d'un côté l'histoire de Jacob qui, au moment de retrouver son frère rival Esaü, n'oublie pas le rite des petits cadeaux, et la prudence des séparations négociées (Genèse 32 et 33), et de l'autre la prophétie d'Esaïe (11, 6-9) :
"Le loup séjournera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau.
Le veau et le lionceau se nourriront ensemble, un petit garçon les conduira...
On ne commettra ni mal, ni dommage sur toute la montagne sainte du Seigneur,
car la connaissance du Seigneur remplira le pays,
aussi parfaitement que les eaux recouvrent le fond des mers."
Mais, surtout, c'est le message radical de la réconciliation qui est au coeur de l'affirmation centrale du salut par grâce, par le moyen de la foi, comme nous le rappelle Paul dans le chapitre 5 de la première épître aux Corinthiens : "Dès que quelqu'un est uni au Christ, il est un être nouveau : ce qui est ancien a disparu, ce qui est nouveau est là. Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ, et nous a confié la tâche d'amener d'autres hommes à être réconciliés avec lui. Car, par le Christ, Dieu agissait pour réconcilier tous les hommes avec lui, sans tenir compte de leurs fautes. Et il nous a chargés d'annoncer cette oeuvre de réconciliation.
C'est donc de la part du Christ que nous prenons la parole, comme si Dieu lui-même vous adressait un appel par nous : nous vous en supplions, au nom du Christ, acceptez d'être réconciliés avec Dieu." (5, 17-20)
Paul souligne la dynamique qui sous-tend la prédication chrétienne, la tension qui naît de la foi, c'est-à-dire de la lecture de notre histoire au travers de l'événement du Christ.
En Christ, la réconciliation est accomplie : c'est un passé, déjà inscrit dans notre histoire dans l'événement de la Croix et de Pâques ; il n'y a rien à ajouter à ce don de l'amour de Dieu et de sa volonté de salut.
Pourtant, dans ce monde, la réconciliation reste à venir, elle est un projet à mettre en oeuvre : les chrétiens, ceux qui ont reçu cette réconciliation de Dieu, et l'apôtre en premier, en ont le ministère, le service, pour que ce monde devienne ce qu'il est déjà dans la volonté de Dieu révélée en Jésus-Christ.
C'est dans cette dynamique entre passé et avenir que me semble résider l'originalité de la Parole évangélique. Elle n'est pas une vérité supérieure, qu'il s'agirait simplement de recevoir et d'appliquer. Elle ne propose pas un de ces ordres religieux préétablis comme les aiment les fanatiques, et qu'il faut imposer, par la terreur s'il le faut !
Mais c'est une parole qui nous rencontre dans la réalité de la vie, dans sa tension essentielle, pour nous faire comprendre sa dynamique, et nous y situer avec la connaissance et l'espérance que nous donnent la foi.
Par la foi, en Christ, nous savons que le monde ancien est passé et qu'une réalité nouvelle est déjà là.
Nous en sommes les ambassadeurs et nous en portons la Parole.
La prédication de la réconciliation
"Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu !".
Nos Eglises n'ont certainement pas de leçons à donner dans ce domaine, alors qu'elles ont été mêlées, et le sont encore, à tant de conflits : Irlande, Europe centrale, sans parler des guerres de religion encore vives dans notre mémoire française ! Et alors que ces mêmes Eglises ne sont pas capables de se reconnaître et de s'accueillir pleinement les unes les autres ! Si donc nous voulons témoigner de réconciliation, nous ne devons pas sauter l'étape de notre propre confession des péchés. Je ne veux pas oublier les efforts faits, dans notre histoire passée comme dans notre actualité, par les Eglises et les chrétiens. Mais il s'agit d'affirmer nettement que nous ne pouvons nous poser ni en exemple, ni en experts.
Au fond, l'Eglise n'a rien d'autre à proposer, en matière de réconciliation, que l'Evangile : la réconciliation fondée et accomplie à la Croix, la réconciliation qui vient d'un Autre, la réconciliation donnée par Dieu. L'Eglise vit par cette Parole reçue, et sa tâche première, son service premier, c'est la prédication de cette Parole.
Je crois que notre monde a besoin de cette prédication. A condition bien sûr que ce ne soit pas du bla-bla-bla ! Mais une parole efficace qui l'aide à lire son histoire, à se comprendre, et à travailler à sa réconciliation, en s'éloignant du balancement dangereux entre pessimisme inquiet et bouffées de rêve qui me semble caractériser notre temps.
D'une part, en effet, les nombreux conflits, de toutes sortes, et leur médiatisation, ont amené le sentiment d'une division croissante, d'une société fracturée, où chacun doit se défendre sans cesse contre les autres s'il veut simplement subsister : et c'est la montée des individualismes, des sectarismes, des corporatismes, des nationalismes, des racismes...
Et d'autre part, de temps en temps, et souvent de manière très émotionnelle, renaît le rêve d'un monde de paix et de fraternité que l'on perçoit proche. Par exemple en Europe lors de la chute du Mur de Berlin ou, pour nous Français, après le Mundial de foot ! Reportez-vous à vos journaux de l'époque !
Ces deux sentiments renvoient l'un à l'autre, et s'amplifient l'un l'autre : l'angoisse de la division amène à se précipiter vers n'importe quelle illusion de paix ; et les déceptions qui suivent les espoirs de paix renvoient à une angoisse encore plus forte, dans une sorte de balancement vicieux !
La prédication de la réconciliation qui vient de la Croix ne se berce pas d'illusions. Elle ne méconnaît pas la réalité des conflits et des divisions. Et en même temps, elle maintient fermement l'espérance de la réconciliation, car elle est fondée, non sur des occurrences historiques ou politiques, mais en Dieu. Nous sommes appelés, pour le service des autres, a témoigner clairement de cette vision de notre monde, de son histoire, et de la relation entre les humains qui naît de la connaissance de la Croix du Christ : "Ce qui est ancien a disparu, ce qui est nouveau est là. Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ, et nous a confié la tâche d'amener d'autres hommes à être réconciliés avec lui".
Le ministère de la réconciliation
Ce service de la réconciliation, c'est la mission que le Christ nous a confiée, tout à la fois le service de la réconciliation avec l'autre, de la réconciliation avec soi-même, et de la réconciliation avec Dieu. Nous sommes appelés à l'exercer, par la prédication de l'Evangile - je l'ai dit - mais aussi au travers de nos attitudes et de nos conduites personnelles, et peut-être encore en mettant en oeuvre un véritable service dans nos Eglises, pour des actions préparées et proposées.
Un récit biblique me semble particulièrement intéressant à cet égard, l'histoire du conflit dans l'Eglise d'Antioche et la manière dont il a été résolu, d'après le chapitre 15 du livre des Actes des Apôtres.
Au départ, un conflit à propos du rite de la circoncision : dans cette communauté, il y a des juifs qui ont accepté le message de Jésus ; et il y a aussi des païens qui ont été touchés par l'Evangile.
Peuvent-ils vivre ensemble ? C'est un véritable problème : car les juifs convertis veulent rester fidèles à leur identité et leur peuple, et fraterniser avec des incirconcis les rendrait impurs et les discréditerait. Mais, d'un autre côté, les païens doivent-ils se faire circoncire, c'est-à-dire devenir juifs, pour pouvoir être admis dans la communauté chrétienne ?
Aujourd'hui, la question nous semble d'un ritualisme désuet, mais il faut bien voir que les enjeux étaient importants : pour les tenants de la circoncision, il s'agissait d'affirmer l'élection d'Israël, sa mission particulière dans l'histoire du salut et l'enracinement de la mission de Jésus dans celle de son peuple. Et pour l'apôtre Paul, qui s'oppose à la circoncision des païens, il s'agit de la vérité de l'Evangile de la Croix qui ne peut être conditionnée par quelque Loi que ce soit. Un conflit entre des convictions fortes et essentielles pour les uns et pour les autres.
Comment le résoudre ? Ce sera l'objet de tout un processus de médiation qu'il est intéressant de noter.
D'abord, il y a le voyage et la réunion à Jérusalem, c'est-à-dire la volonté de ne pas rester enfermé dans le conflit, mais d'entamer ensemble une démarche.
Puis il y a le temps de l'écoute les uns des autres, Paul et ses compagnons, Pierre, Jacques. Chacun expose ce qui est essentiel pour lui et, ce qui est important, chacun est entendu par les autres.
Puis il y a la définition d'un compromis, inscrit dans une lettre que des messagers porteront aux Eglises.
Ce qui me frappe, c'est tout ce travail, avec ses multiples étapes. La réconciliation ne tombe pas toute prête du ciel ! Et le maintien de la concorde exigera encore d'autres soins...
Ce n'est là qu'un exemple particulier, mais il me semble qu'il permet de souligner avec force que la restauration et le maintien d'une vraie relation les uns avec les autres exige un service concret, attentif et continu. La paix ne se maintient pas toute seule, et la réconciliation, comme l'écrivait l'apôtre Paul, c'est un ministère, c'est-à-dire une fonction de l'Eglise qu'il s'agit de mettre en oeuvre comme les fonctions de l'enseignement, de l'unité, du diaconat... et toutes les autres. Sans quoi elle risque d'être un corps atrophié, ou malade, ou incapable d'agir dans ce monde !
Le Christ nous a confié le ministère de la réconciliation !
Comment vivre ce service de la réconciliation aujourd'hui, de manière personnelle et en Eglise ? Il revient bien sûr à chacun de prendre ses responsabilités, par rapport à sa situation, à ses possibilités, et aussi aux dons qui sont les siens. Mais permettez-moi de suggérer quelques pistes.
Premièrement, pourrions-nous apprendre à mieux contrôler nos peurs ? Nous vivons dans un monde où il y a des tas de raisons pour avoir peur : peur de sortir le soir, peur d'être agressé, peur de perdre son boulot, peur de la maladie, .. et toutes ces peurs plus ou moins refoulées se conjuguent pour aboutir souvent à une agressivité à fleur de peau : on s'énerve facilement, on ne contrôle plus ses paroles, on ne supporte plus les autres,... pas seulement dans les banlieues "chaudes", mais aussi parfois dans nos cercles amicaux et familiaux, parfois même dans nos Eglises ! Peut-être faut-il apprendre à avouer nos peurs, à en être conscients pour en limiter le poids ? Peut-être nous faut-il apprendre à parler sans agresser, à proposer sans imposer, à discuter sans vouloir abattre ? Peut-être nous faut-il ainsi apprendre à recevoir la paix, de la part de Dieu, et à la vivre, avec les autres ?
Deuxièmement, je me demande aussi si nous ne devrions pas mieux nous former pour pouvoir être acteurs de réconciliation ? J'ai déjà insisté sur l'importance qu'il y aurait à proposer ce service, pas seulement quand la violence est déchaînée, mais aussi pour la prévenir autant que possible ! Ce n'est pas facile, et bien souvent la bonne volonté ne suffit pas ! Que de fois le médiateur improvisé d'une bagarre de rue ou d'une dispute familiale ne fait qu'aggraver le conflit, ou s'en retrouve la première victime ! Ne devrions-nous pas apprendre les conduites qui permettent l'écoute des autres, la négociation et la résolution des conflits ?
Et puis, dans un monde qui devient de plus en plus guerrier, où on nous répète qu'il s'agit de vaincre, d'écraser l'autre, que ce soit en politique, dans les affaires, mais aussi dans le sport ou dans bien d'autres lieux de la vie sociale, je me demande si nous ne devrions pas contribuer à réhabiliter l'idée de compromis. Non pas la compromission qui est la résignation à la magouille, mais le compromis qui est la recherche d'une avancée possible dans le respect de l'autre, d'une collaboration acceptable même si on n'est pas d'accord sur tout, le compromis qui refuse la radicalisation des conflits, et laisse la porte ouverte à l'espérance ?
Et enfin, ne devrions-nous pas changer fondamentalement notre façon de concevoir nos relations avec les autres ? Car nous partons souvent de l'idée fausse qu'elles devraient être naturellement bonnes, sans qu'on ait besoin de s'en occuper et que, s'il y a un problème, une crise, un conflit, il suffit de réparer l'erreur ou la faute commise. Comme s'il y avait un "avant" qui était bon, et que la réconciliation consiste simplement à revenir en arrière. L'avenir réconcilié ne serait rien d'autre que le passé rétabli ! Cette sorte "d'aplatissement" de la réconciliation ne rend pas compte de sa réalité, et ne permet pas de la vivre dans sa durée, au travers des nécessaires étapes qui amènent à son achèvement. Ce qui expose à bien des déceptions et des découragements quand les conflits resurgissent, parce qu'ils n'ont pas été véritablement réglés !
La réconciliation en Christ est tout autre : elle s'inscrit dans une histoire qu'elle ne veut pas arrêter, elle y reçoit la paix de Dieu, elle la manifeste et elle la projette, elle l'accueille et elle l'espère ; elle a besoin de la confession des péchés et de l'exhortation et de l'action, mais aussi de la prière, et de la louange... :
"Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ, et nous a confié le ministère de la réconciliation... Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu ! ".
CD 2689062 MCR Classic - The Best of Vivaldi
[01] - Plage 05 : "L'hiver" des "Quatre saisons" (1'05")