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Nous arrivons au bout de la plainte, à ce
moment où les pleurs se tarissent et où la vie, repoussant la douleur, fait à
nouveau sentir ses exigences. Il va falloir espérer. Les prophètes bibliques,
apparus au temps des grandes crises politiques d’Israël et de Juda, nous ont
transmis une vision tragique de l’histoire. Mais elle reste néanmoins habitée
d’une incroyable certitude : Dieu veut un avenir pour son peuple. Il le
renouvelle dans son Alliance. Il le fera revenir à Jérusalem. Cette espérance,
la lecture chrétienne des Lamentations la reprendra à son compte dans l’annonce
de la résurrection du Christ. Mais que signifient ces paroles et ces actes de
consolation ? Comment les recevoir, les vivre, les mettre en œuvre ?
Seigneur, souviens-toi de ce qui nous
est arrivé. Regarde et vois comme on nous insulte.
Le pays que tu nous as donné est passé à des étrangers, Nos maisons sont entre
les mains d’inconnus.
Nos pères ne sont plus là. Nous voici
orphelins. Nos mères sont comme des veuves. Notre eau, nous ne pouvons la boire
qu’en l’achetant. Notre bois, nous ne pouvons l’avoir qu’en le payant. Ceux qui
nous font souffrir ne nous lâchent pas. Nous sommes épuisés, il n’y a pas de
repos pour nous. Nous tendons la main vers l’Égypte et l’Assyrie pour avoir
assez à manger. Nos parents ont péché. Ils ne sont plus là, et c’est nous qui
portons le poids de leurs fautes.
Des esclaves sont nos maîtres, et il n’y a
personne pour nous arracher à leur pouvoir. À cause des bandits du désert nous
risquons notre vie pour avoir de la nourriture. À cause de la faim, notre peau
est brûlante de fièvre, comme si nous étions dans un four. Nos ennemis ont fait
violence aux femmes dans Sion, et aux jeunes filles dans les villes de Juda.
Ils ont eux-mêmes pendu des ministres, ils n’ont montré aucun respect pour les
anciens. Des jeunes gens portent la pierre qui sert à écraser le grain,
des garçons perdent l’équilibre en transportant du bois.
Les vieillards ne vont plus à la porte de la ville, et les jeunes gens ont
cessé de chanter. La joie a disparu de notre cœur, nos danses joyeuses se sont
changées en deuil. Nous avons perdu notre honneur. Nous avons péché, quel malheur
pour nous !
Notre cœur est malade, et nous ne voyons
plus clair. En effet, la montagne de Sion est devenue un désert où les renards
se promènent.
Mais toi Seigneur, tu es roi pour
toujours, ton pouvoir royal dure de génération en génération. Est-ce possible
que tu nous oublies pour toujours, que tu nous abandonnes pour toute la vie ?
Fais-nous revenir vers toi, Seigneur, et nous reviendrons vraiment. Renouvelle
notre vie, rends-la semblable à celle d’autrefois. Est-ce que tu nous as
vraiment rejetés pour toujours ? Est-ce que ta colère dépasse tout ?
« Fais-nous revenir vers toi, Seigneur, et
nous reviendrons vraiment. Renouvelle notre vie, rends-la semblable à celle
d’autrefois. » Cette prière du prophète n’est pas le dernier mot des Lamentations,
mais la version juive du texte la fait répéter en finale, si bien que la
plainte de Jérémie s’achève par une ouverture sur l’avenir. La prière dit
l’espérance : un retour à Jérusalem !
Ce retour se fera. Il y aura de nouveaux
exils de Jérusalem, et encore des retours ! Il y aura à travers les siècles, la
force de ces mots dans la prière juive : « L’an prochain à Jérusalem ! » Il y
aura enfin, nourrie par la parole des prophètes bibliques, cette vision
grandiose : « Lui qui rassemble les exilés d’Israël déclare : ma maison sera
appelée une maison de prière pour tous les peuples. Je réunirai d’autres
peuples à mon peuple, aux siens déjà rassemblés. » (Ésaïe
56,7-8)
Mais comment comprendre et recevoir cette
promesse, cette vision ? Comment les intérioriser, les expliquer, les partager
? Pour saisir vraiment la nature de la consolation, le sens du retour, il faut
repartir de l’expérience de l’homme et de sa condition historique. Est-il
possible de se consoler ? Après les malheurs, les épreuves, après tout ce que
les Lamentations nous ont fait voir, et les horreurs qui se répètent à travers
les siècles, est-il possible de recevoir consolation ? D’être un jour vraiment
consolé ?
Heureusement, l’histoire donne des réponses
positives : l’histoire biblique d’abord, puisqu’elle se fonde sur le récit de
l’Exode. Le peuple hébreu, asservi en Égypte, est conduit vers la liberté. Et
après la captivité à Babylone il y aura le retour à Jérusalem. Le Temple sera
reconstruit, après avoir été détruit. À un autre niveau Job, terriblement
éprouvé par la maladie, connaîtra la guérison, il engendrera de nouveaux
enfants, il possèdera d’autres biens. L’histoire, presque toujours, offre des
périodes d’accalmie, où l’on panse les plaies, où l’on reconstruit. Des temps où
ce qui semblait inespéré s’accomplit sous nos yeux. Sur les ruines s’élèvent de
nouvelles demeures. Des champs dévastés voient fleurir de jeunes pousses.
D’anciens ennemis se réconcilient et signent des traités de paix. Les enfants
retrouvent santé et insouciance… Alors du cœur humain monte un sentiment de
reconnaissance. La foule vit des moments de liesse. La tempête est écartée.
Tout semble à nouveau possible !
Pourtant celui qui se souvient médite
l’Ecclésiaste : « Il y a un temps pour tout sous le soleil, un temps pour la
guerre et un temps pour la paix, un temps pour pleurer et un temps pour rire… »
Et s’il se réjouit de ce qui est réjouissant, il sait que la paix est fragile.
Il sait qu’il faut rester vigilant, attentif. Recevoir consolation. Participer
à l’allégresse commune. Mais ne pas oublier ! Garder du passé une mémoire vive,
afin de protéger l’avenir. Car l’histoire menace toujours de se répéter : celle
de Jérusalem et du peuple juif le montrera si souvent à travers les âges. Et
cette histoire peut être comprise comme emblématique de la condition
universelle de l’homme, marquée par la précarité et la fragilité.
Au-delà de ces répits entre les tempêtes,
notre besoin de consolation trouve-t-il une autre réponse ? Cette vision de
paix que nous portons en nous n’est-elle qu’un songe ? Une évasion hors de la
réalité ? Ou existe-t-il une consolation venue d’ailleurs, qui témoignerait
d’un temps différent de ce temps cyclique, ce temps qui alterne les malheurs et
les bonheurs, les joies et les peines, les tempêtes et les accalmies ? Une
consolation telle que la lumière qu’elle diffuse ne laisserait plus jamais
l’homme et le monde orphelins ? Car cette lumière traverserait les ténèbres les
plus épaisses, ne serait-ce que sous forme d’étincelle !
Cette espérance inouïe existe. Elle a une
voix : celle de la prophétie biblique, qui du fond du malheur a su lui donner
forme, puissance, beauté :
« Pour être éclairée Jérusalem, tu n’auras
plus besoin du soleil pendant le jour, ni de la lune pendant la nuit. Moi le
Seigneur ton Dieu, je serai pour toi une lumière sans fin et je t’éclairerai de
toute ma clarté… Ton temps de deuil sera terminé ». (Ésaïe 60,19)
Pour fonder cette espérance, les prophètes
nous ont légué ce monothéisme dont le Dieu est comparé à un roc, et dont la
qualité fondamentale est la fidélité. « Faites confiance au Seigneur pour
toujours, oui au Seigneur, solide rocher qui dure éternellement », dit le
prophète Ésaïe (26,4). Il exprime ainsi la fidélité
de Dieu en terme de solidité, de fiabilité. Contrairement aux idoles Dieu ne
s’effondre pas. Il ne peut manquer ni à sa parole, ni à son peuple. Mais
l’espérance des prophètes nous donne encore ce christianisme dont la naissance
s’enracine dans une résurrection : la résurrection du Christ.
Et chaque matin de Pâques, à l’aube, après
une longue veillée de méditation et d’attente, les cloches sonnent, les chants
s’élèvent, portant d’année en année cette bonne nouvelle de vie : « C’est vrai
: le Christ est ressuscité ! Le troisième jour après sa mort, il est ressuscité
».
Quel est le sens de cette espérance ? Que
signifie l’annonce de la résurrection ? Ne s’agit-il pas d’une simple
consolation religieuse, qui concerne seulement ceux qui veulent bien se laisser
persuader ?
Si tel est le cas, cette consolation
religieuse ne change rien à la nature cyclique et répétitive du temps. Les
croyants y ajoutent simplement cet au-delà où les morts ressuscitent, et cette
vie éternelle où on obtient compensation de toutes les misères endurées en ce
monde. Mais si elle ne concerne pas toute l’humanité, toute la création, cette
consolation reste une espérance creuse, une espérance vide. Quel poids
peut-elle avoir face aux malheurs de l’histoire, face aux graves questions que
l’homme se pose sur sa condition et son avenir ? Quel sens peut-elle
représenter, pour nos esprits du XXIe
siècle, saturés de discours, d’images et d’univers virtuels ? Un mirage
parmi d’autres ? Une assurance supplémentaire ?
Tel n’est pas le sens de la parole des prophètes
! Tel n’est pas non plus le sens de la résurrection. Il ne s’agit pas d’une
consolation à bon marché, ni d’une consolation sélective, ni d’une consolation
superstitieuse, qui à base d’illusions et de doux rêves, aiderait chacun à
supporter sa vie et ses maux en attendant de copieuses compensations ! Et même,
pourquoi pas, une sorte d’immortalité !
Cette aspiration à l’immortalité existe,
indéniablement. Mais en son âme, en son corps, en son intelligence l’être
humain est marqué d’un manque bien plus fondamental, d’une soif plus intense.
Pour être vraiment consolé, il exige autre chose que l’oubli, l’illusion ou le
repos éternel. Sans quoi, à l’instar de Rachel pleurant sur ses enfants, il
refuserait d’être consolé. Le sens de la parole des prophètes, le sens de la
résurrection du Christ, a trait à cette exigence fondamentale, qui est l’amour.
Mais un amour tel que, selon la parole du Cantique des Cantiques « il est fort
comme la mort. » La seule consolation véritable, c’est cet « amour fort comme
la mort. » Car s’il est fort comme la mort, il met la mort en échec. En lui
enlevant justement ce qui fait sa toute-puissance : c’est-à-dire son caractère
absolu. Si l’amour est fort comme la mort, il est victorieux. La mort n’a pas
le dernier mot. Son énigme tragique est relativisée par une énigme bien plus
éclatante : celle d’une vie éclairée par l’amour. Indestructible. Seul cet
amour étanche la soif de l’être humain, apaise son besoin d’être consolé.
Mais pour être reçue, pour être comprise,
cette consolation ne peut rester passive. Sinon elle ne parle pas. Elle demeure
lettre morte : un discours pieux. Pour connaître que l’amour est fort comme la
mort, il n’y a pas d’autre moyen que d’en faire l’expérience : aimer, apprendre
à aimer.
Pour entendre la parole de résurrection il
n’y a pas d’autre moyen que de vivre la résurrection : celle du Christ telle
qu’elle est célébrée le jour de Pâques, et rappelée chaque dimanche. Mais aussi
la résurrection personnelle, telle que chaque expérience de grâce l’inscrit
dans la suite des jours. Et enfin celle des autres, reçue par témoignage dans
la communion des cœurs. Faire l’expérience de la résurrection ! Apprendre à
ressusciter, chaque jour. À sortir de ce linceul qu’est une vie en absence
d’amour !
Pour comprendre la parole des prophètes il
n’y a pas d’autre moyen que de se laisser traverser par ce souffle de l’Esprit,
cette joie parfois douloureuse et parfois heureuse de porter passionnément le «
dire » de Dieu ! Le « dire Dieu » dans ce monde et ce temps. Ni pour juger ni
pour condamner, mais pour aimer ce monde, pour éclairer son histoire et son
avenir.
Afin d’être reçue, d’être comprise, la
consolation doit être active. Elle doit même être actée. Comme doit être acté
l’amour fort comme la mort !
Alors le temps humain est véritablement
bouleversé : ce temps humain marqué par les cycles du bonheur et du malheur, de
la vie et de la mort. Et ce bouleversement, avant de changer l’avenir, concerne
le présent, l’actualité.
C’est aujourd’hui que l’amour est plus fort
que la mort. Car au moment où il se manifeste, et si humble que soit le geste
de sa manifestation, il exprime la plénitude de l’être. Aujourd’hui même. En
cela il est plus fort que la mort. Là est la seule et sublime consolation. Mais
elle fonde toute la liberté de l’homme. Car cet amour fort comme la mort ouvre
les portes du temps. Si cet amour est vrai aujourd’hui, s’il est vivant en cet
instant, même sous forme d’infime étincelle, même dans la plus petite attention
de l’un vers l’autre, alors il conduit l’humain vers son accomplissement et sa
réalisation ultime. Et aussi bien cet instant présent de l’amour fort comme la
mort que cette réalisation à venir ne concernent pas seulement les croyants,
mais le monde dans son ensemble, la création toute entière. Celui qui sauve un
homme sauve l’humanité. Celui qui met en acte l’amour plus fort que la mort
promet au monde, dès aujourd’hui, sa résurrection. Il lui promet la vie.
« L’amour ne peut faire autrement que
d’avoir des effets. Il n’existe pas d’acte d’amour envers le prochain qui tombe
dans le vide 14 », écrit Franz Rosenzweig. Et encore : « L’acte
de l’amour même est encore aveugle, il ne sait pas ce qu’il fait, et il ne doit
pas le savoir ; il est plus rapide que le savoir ; il fait la chose la plus
proche, et ce qu’il fait, il pense que c’est la chose la plus proche 15.
» Avec ces mots le sens de la consolation s’affine et s’éclaire, ainsi que les
paroles : « espérance des prophètes », « résurrection du Christ ». La
consolation apparaît désormais comme un acte dans la vie humaine. Un acte
d’amour fort comme la mort, un acte de résurrection. Un acte d’amour aveugle
avant même d’être conscient. « Il est plus rapide que le savoir », dit
Rosenzweig. Et cet acte d’amour – comme instinctif – déchire l’ordre du temps,
et du malheur et du bonheur. A l’instant où il s’accomplit, plus rapide que le
savoir, il brise le pouvoir de la mort.
Mais pour que la consolation soit de
plénitude, l’acte d’amour ne peut rester aveugle et
instinctif ; il lui faut la résonance de la conscience. Ce sont la pensée, les
mots qui donnent cette résonance. C’est la prière qui éveille et illumine cette
conscience. « La Prière, écrit encore Rosenzweig, n’est pas aveugle,
elle place l’instant et l’acte qui vient d’être réalisé en cet instant, ainsi
que la volonté qui vient de se décider, dans la lumière de l’amour divin
16. » C’est ainsi, par la prière, que l’acte
1.
Franz
Rosenzweig,L’étoile de la rédemption,
Seuil, Paris, 2002, p. 376.
2.
Ibidem, p. 374.
3.
Ibidem, p. 374.
d’amour devient un acte d’amour conscient. Cet acte qui un
instant porte le monde au-dessus de l’abîme. Merveilleusement sauvé.
Merveilleusement vivant.
Car la prière est pensée, parole,
intelligence du cœur et de la création.
Mais que demande la prière ? « Fais-nous
revenir vers toi Seigneur et nous reviendrons vraiment ! Renouvelle notre vie !
Rends-la semblable à celle d’autrefois ! » Voilà ce que fondamentalement
exprime la prière, avant toute autre supplique. Elle demande la consolation des
consolations : le retour vers Dieu ! Ce geste de retournement vers Dieu, qu’on
appelle techouva en hébreu, va
signifier aussi un retournement sur soi-même. Au cœur de soi-même. La prière
demande que Dieu ait vers l’homme le geste qui lui permette à son tour d’avoir
ce geste vers Dieu et vers lui-même. Ce geste de revenir !
Mais si étrange que cela puisse paraître, si
ce geste est demandé dans la prière, c’est qu’il a déjà eu lieu. Ce geste de
retour – geste de l’amour fort comme la mort – est déjà accompli : mouvement
aveugle et entier du cœur qui veut aimer, qui veut n’être qu’amour ! La prière
qui le demande est en réalité la prière qui l’atteste. Mais il faut qu’elle
l’atteste pour que ce retour vers Dieu soit bien cet acte d’amour conscient
véritablement fort comme la mort, c’est-à-dire une résurrection de l’être. Ce
qu’obtient la prière, c’est la conscience de ce retour vers Dieu, déjà accordé…
cet être-là avec l’invisible, disant « tu » dans le chuchotement du cœur et le
murmure des lèvres. Et sur fond de cet événement, tous les autres pourront
s’exprimer, les événements qui marquent l’histoire humaine de dates et de
lieux, les événements qui font la trame de chaque existence, les malheurs, les
joies, les peines les espoirs… et le deuil de Jérusalem ! Et le retour à
Jérusalem ! Et la peine de Job. Et la consolation de Job. Et le déchirement de
la passion du Christ. Et l’éblouissement de sa résurrection. Puisque la prière
atteste que Dieu a déjà fait le geste, a déjà écouté,
déjà entendu, il n’est rien qui ne puisse se dire devant Dieu, rien qui ne soit
interdit. Puisque déjà l’acte d’amour a eu lieu, avant tout jugement ! Puisque
la résurrection est effective !
C’est cela la prière, et il faudrait pouvoir
trouver des mots assez justes pour qu’il n’y ait pas d’erreur, pour que, ni par
le croyant ni par l’athée, Dieu ne soit transformé en idole. Défiguré par l’un.
Ignoré par l’autre ! Afin que la prière soit bien cet acte de parole libre,
offert à toute conscience, et qui atteste la merveilleuse humanité de l’homme,
sa peine infinie, mais aussi sa confiance toujours possible, sa joie prête à
jaillir, sa reconnaissance éblouie devant la splendeur du monde ! Cet acte de
parole si vrai, si juste, qui donne aux Lamentations des accents bouleversants,
et aux psaumes cette faculté d’exprimer les tréfonds de l’âme humaine. En ce
lieu la plainte n’est plus l’envers de la louange, ni l’espérance celui de la
désolation. Elles se nourrissent de la même puissance, du même souffle, qui poussent l’homme à sortir de lui-même, à se lever du tombeau
de sa désespérance, à secouer la stupeur qui le pétrifie.
Le cri de sa douleur et le cri de sa joie
s’entremêlent comme le rire et les larmes.
« Tu nous a fait revenir vers toi
Seigneur, et nous sommes revenus ! »
« Merveilleusement gardés par des forces
bienveillantes, nous attendons confiants ce qui peut advenir. Tu es avec nous,
le matin, à midi et le soir et tu le seras certainement jusqu’au dernier jour.
»
Notre consolation, c’est la vie, la
répétition infatigable de ce qui en fait la valeur, les mots précieux qui
portent cette répétition de génération en génération, et de cœur à cœur. Ce
temps, ce lieu, cette terre, Dieu nous les a donnés. La liberté et la
responsabilité de les habiter, Il nous les confie. Notre consolation, c’est la
tâche infinie qui nous attend, pour Sa joie et pour la nôtre :
« Voici je mets devant vous la vie et la
bénédiction, la mort et la malédiction. Choisissez donc la vie pour que vous
viviez, vous et vos enfants.
Aimez le Seigneur votre Dieu en écoutant
ce qu’il dit, en vous attachant à lui. Ainsi vous pourrez vivre et passer de
nombreuses années sur la terre que le Seigneur a promis de donner à vos
ancêtres Abraham et Sara, Isaac et Rébecca, Jacob, Rachel, Léa… et tant
d’autres. » (Dt
30,19-20).