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Nous reviendrons, nous serons consolés !

Nous arrivons au bout de la plainte, à ce moment où les pleurs se tarissent et où la vie, repoussant la douleur, fait à nouveau sentir ses exigences. Il va falloir espérer. Les prophètes bibliques, apparus au temps des grandes crises politiques d’Israël et de Juda, nous ont transmis une vision tragique de l’histoire. Mais elle reste néanmoins habitée d’une incroyable certitude : Dieu veut un avenir pour son peuple. Il le renouvelle dans son Alliance. Il le fera revenir à Jérusalem. Cette espérance, la lecture chrétienne des Lamentations la reprendra à son compte dans l’annonce de la résurrection du Christ. Mais que signifient ces paroles et ces actes de consolation ? Comment les recevoir, les vivre, les mettre en œuvre ?

Cinquième chant (Lamentations 5,1-22)

Seigneur, souviens-toi de ce qui nous est arrivé. Regarde et vois comme on nous insulte.

Le pays que tu nous as donné est passé à des étrangers, Nos maisons sont entre les mains d’inconnus.

Nos pères ne sont plus là. Nous voici orphelins. Nos mères sont comme des veuves. Notre eau, nous ne pouvons la boire qu’en l’achetant. Notre bois, nous ne pouvons l’avoir qu’en le payant. Ceux qui nous font souffrir ne nous lâchent pas. Nous sommes épuisés, il n’y a pas de repos pour nous. Nous tendons la main vers l’Égypte et l’Assyrie pour avoir assez à manger. Nos parents ont péché. Ils ne sont plus là, et c’est nous qui portons le poids de leurs fautes.

Des esclaves sont nos maîtres, et il n’y a personne pour nous arracher à leur pouvoir. À cause des bandits du désert nous risquons notre vie pour avoir de la nourriture. À cause de la faim, notre peau est brûlante de fièvre, comme si nous étions dans un four. Nos ennemis ont fait violence aux femmes dans Sion, et aux jeunes filles dans les villes de Juda. Ils ont eux-mêmes pendu des ministres, ils n’ont montré aucun respect pour les anciens. Des jeunes gens portent la pierre qui sert à écraser le grain,

des garçons perdent l’équilibre en transportant du bois. Les vieillards ne vont plus à la porte de la ville, et les jeunes gens ont cessé de chanter. La joie a disparu de notre cœur, nos danses joyeuses se sont changées en deuil. Nous avons perdu notre honneur. Nous avons péché, quel malheur pour nous !

Notre cœur est malade, et nous ne voyons plus clair. En effet, la montagne de Sion est devenue un désert où les renards se promènent.

Mais toi Seigneur, tu es roi pour toujours, ton pouvoir royal dure de génération en génération. Est-ce possible que tu nous oublies pour toujours, que tu nous abandonnes pour toute la vie ? Fais-nous revenir vers toi, Seigneur, et nous reviendrons vraiment. Renouvelle notre vie, rends-la semblable à celle d’autrefois. Est-ce que tu nous as vraiment rejetés pour toujours ? Est-ce que ta colère dépasse tout ?

L’avenir existe

« Fais-nous revenir vers toi, Seigneur, et nous reviendrons vraiment. Renouvelle notre vie, rends-la semblable à celle d’autrefois. » Cette prière du prophète n’est pas le dernier mot des Lamentations, mais la version juive du texte la fait répéter en finale, si bien que la plainte de Jérémie s’achève par une ouverture sur l’avenir. La prière dit l’espérance : un retour à Jérusalem !

Ce retour se fera. Il y aura de nouveaux exils de Jérusalem, et encore des retours ! Il y aura à travers les siècles, la force de ces mots dans la prière juive : « L’an prochain à Jérusalem ! » Il y aura enfin, nourrie par la parole des prophètes bibliques, cette vision grandiose : « Lui qui rassemble les exilés d’Israël déclare : ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. Je réunirai d’autres peuples à mon peuple, aux siens déjà rassemblés. » (Ésaïe 56,7-8)

Mais comment comprendre et recevoir cette promesse, cette vision ? Comment les intérioriser, les expliquer, les partager ? Pour saisir vraiment la nature de la consolation, le sens du retour, il faut repartir de l’expérience de l’homme et de sa condition historique. Est-il possible de se consoler ? Après les malheurs, les épreuves, après tout ce que les Lamentations nous ont fait voir, et les horreurs qui se répètent à travers les siècles, est-il possible de recevoir consolation ? D’être un jour vraiment consolé ?

Heureusement, l’histoire donne des réponses positives : l’histoire biblique d’abord, puisqu’elle se fonde sur le récit de l’Exode. Le peuple hébreu, asservi en Égypte, est conduit vers la liberté. Et après la captivité à Babylone il y aura le retour à Jérusalem. Le Temple sera reconstruit, après avoir été détruit. À un autre niveau Job, terriblement éprouvé par la maladie, connaîtra la guérison, il engendrera de nouveaux enfants, il possèdera d’autres biens. L’histoire, presque toujours, offre des périodes d’accalmie, où l’on panse les plaies, où l’on reconstruit. Des temps où ce qui semblait inespéré s’accomplit sous nos yeux. Sur les ruines s’élèvent de nouvelles demeures. Des champs dévastés voient fleurir de jeunes pousses. D’anciens ennemis se réconcilient et signent des traités de paix. Les enfants retrouvent santé et insouciance… Alors du cœur humain monte un sentiment de reconnaissance. La foule vit des moments de liesse. La tempête est écartée. Tout semble à nouveau possible !

Pourtant celui qui se souvient médite l’Ecclésiaste : « Il y a un temps pour tout sous le soleil, un temps pour la guerre et un temps pour la paix, un temps pour pleurer et un temps pour rire… » Et s’il se réjouit de ce qui est réjouissant, il sait que la paix est fragile. Il sait qu’il faut rester vigilant, attentif. Recevoir consolation. Participer à l’allégresse commune. Mais ne pas oublier ! Garder du passé une mémoire vive, afin de protéger l’avenir. Car l’histoire menace toujours de se répéter : celle de Jérusalem et du peuple juif le montrera si souvent à travers les âges. Et cette histoire peut être comprise comme emblématique de la condition universelle de l’homme, marquée par la précarité et la fragilité.

Une autre consolation ?

Au-delà de ces répits entre les tempêtes, notre besoin de consolation trouve-t-il une autre réponse ? Cette vision de paix que nous portons en nous n’est-elle qu’un songe ? Une évasion hors de la réalité ? Ou existe-t-il une consolation venue d’ailleurs, qui témoignerait d’un temps différent de ce temps cyclique, ce temps qui alterne les malheurs et les bonheurs, les joies et les peines, les tempêtes et les accalmies ? Une consolation telle que la lumière qu’elle diffuse ne laisserait plus jamais l’homme et le monde orphelins ? Car cette lumière traverserait les ténèbres les plus épaisses, ne serait-ce que sous forme d’étincelle !

Cette espérance inouïe existe. Elle a une voix : celle de la prophétie biblique, qui du fond du malheur a su lui donner forme, puissance, beauté :

« Pour être éclairée Jérusalem, tu n’auras plus besoin du soleil pendant le jour, ni de la lune pendant la nuit. Moi le Seigneur ton Dieu, je serai pour toi une lumière sans fin et je t’éclairerai de toute ma clarté… Ton temps de deuil sera terminé ». (Ésaïe 60,19)

Pour fonder cette espérance, les prophètes nous ont légué ce monothéisme dont le Dieu est comparé à un roc, et dont la qualité fondamentale est la fidélité. « Faites confiance au Seigneur pour toujours, oui au Seigneur, solide rocher qui dure éternellement », dit le prophète Ésaïe (26,4). Il exprime ainsi la fidélité de Dieu en terme de solidité, de fiabilité. Contrairement aux idoles Dieu ne s’effondre pas. Il ne peut manquer ni à sa parole, ni à son peuple. Mais l’espérance des prophètes nous donne encore ce christianisme dont la naissance s’enracine dans une résurrection : la résurrection du Christ.

Et chaque matin de Pâques, à l’aube, après une longue veillée de méditation et d’attente, les cloches sonnent, les chants s’élèvent, portant d’année en année cette bonne nouvelle de vie : « C’est vrai : le Christ est ressuscité ! Le troisième jour après sa mort, il est ressuscité ».

Quel est le sens de cette espérance ? Que signifie l’annonce de la résurrection ? Ne s’agit-il pas d’une simple consolation religieuse, qui concerne seulement ceux qui veulent bien se laisser persuader ?

Si tel est le cas, cette consolation religieuse ne change rien à la nature cyclique et répétitive du temps. Les croyants y ajoutent simplement cet au-delà où les morts ressuscitent, et cette vie éternelle où on obtient compensation de toutes les misères endurées en ce monde. Mais si elle ne concerne pas toute l’humanité, toute la création, cette consolation reste une espérance creuse, une espérance vide. Quel poids peut-elle avoir face aux malheurs de l’histoire, face aux graves questions que l’homme se pose sur sa condition et son avenir ? Quel sens peut-elle représenter, pour nos esprits du XXIe siècle, saturés de discours, d’images et d’univers virtuels ? Un mirage parmi d’autres ? Une assurance supplémentaire ?

Tel n’est pas le sens de la parole des prophètes ! Tel n’est pas non plus le sens de la résurrection. Il ne s’agit pas d’une consolation à bon marché, ni d’une consolation sélective, ni d’une consolation superstitieuse, qui à base d’illusions et de doux rêves, aiderait chacun à supporter sa vie et ses maux en attendant de copieuses compensations ! Et même, pourquoi pas, une sorte d’immortalité !

L’amour fort comme la mort !

Cette aspiration à l’immortalité existe, indéniablement. Mais en son âme, en son corps, en son intelligence l’être humain est marqué d’un manque bien plus fondamental, d’une soif plus intense. Pour être vraiment consolé, il exige autre chose que l’oubli, l’illusion ou le repos éternel. Sans quoi, à l’instar de Rachel pleurant sur ses enfants, il refuserait d’être consolé. Le sens de la parole des prophètes, le sens de la résurrection du Christ, a trait à cette exigence fondamentale, qui est l’amour. Mais un amour tel que, selon la parole du Cantique des Cantiques « il est fort comme la mort. » La seule consolation véritable, c’est cet « amour fort comme la mort. » Car s’il est fort comme la mort, il met la mort en échec. En lui enlevant justement ce qui fait sa toute-puissance : c’est-à-dire son caractère absolu. Si l’amour est fort comme la mort, il est victorieux. La mort n’a pas le dernier mot. Son énigme tragique est relativisée par une énigme bien plus éclatante : celle d’une vie éclairée par l’amour. Indestructible. Seul cet amour étanche la soif de l’être humain, apaise son besoin d’être consolé.

Mais pour être reçue, pour être comprise, cette consolation ne peut rester passive. Sinon elle ne parle pas. Elle demeure lettre morte : un discours pieux. Pour connaître que l’amour est fort comme la mort, il n’y a pas d’autre moyen que d’en faire l’expérience : aimer, apprendre à aimer.

Pour entendre la parole de résurrection il n’y a pas d’autre moyen que de vivre la résurrection : celle du Christ telle qu’elle est célébrée le jour de Pâques, et rappelée chaque dimanche. Mais aussi la résurrection personnelle, telle que chaque expérience de grâce l’inscrit dans la suite des jours. Et enfin celle des autres, reçue par témoignage dans la communion des cœurs. Faire l’expérience de la résurrection ! Apprendre à ressusciter, chaque jour. À sortir de ce linceul qu’est une vie en absence d’amour !

Pour comprendre la parole des prophètes il n’y a pas d’autre moyen que de se laisser traverser par ce souffle de l’Esprit, cette joie parfois douloureuse et parfois heureuse de porter passionnément le « dire » de Dieu ! Le « dire Dieu » dans ce monde et ce temps. Ni pour juger ni pour condamner, mais pour aimer ce monde, pour éclairer son histoire et son avenir.

Afin d’être reçue, d’être comprise, la consolation doit être active. Elle doit même être actée. Comme doit être acté l’amour fort comme la mort !

Alors le temps humain est véritablement bouleversé : ce temps humain marqué par les cycles du bonheur et du malheur, de la vie et de la mort. Et ce bouleversement, avant de changer l’avenir, concerne le présent, l’actualité.

C’est aujourd’hui que l’amour est plus fort que la mort. Car au moment où il se manifeste, et si humble que soit le geste de sa manifestation, il exprime la plénitude de l’être. Aujourd’hui même. En cela il est plus fort que la mort. Là est la seule et sublime consolation. Mais elle fonde toute la liberté de l’homme. Car cet amour fort comme la mort ouvre les portes du temps. Si cet amour est vrai aujourd’hui, s’il est vivant en cet instant, même sous forme d’infime étincelle, même dans la plus petite attention de l’un vers l’autre, alors il conduit l’humain vers son accomplissement et sa réalisation ultime. Et aussi bien cet instant présent de l’amour fort comme la mort que cette réalisation à venir ne concernent pas seulement les croyants, mais le monde dans son ensemble, la création toute entière. Celui qui sauve un homme sauve l’humanité. Celui qui met en acte l’amour plus fort que la mort promet au monde, dès aujourd’hui, sa résurrection. Il lui promet la vie.

« L’amour ne peut faire autrement que d’avoir des effets. Il n’existe pas d’acte d’amour envers le prochain qui tombe dans le vide 14 », écrit Franz Rosenzweig. Et encore : « L’acte de l’amour même est encore aveugle, il ne sait pas ce qu’il fait, et il ne doit pas le savoir ; il est plus rapide que le savoir ; il fait la chose la plus proche, et ce qu’il fait, il pense que c’est la chose la plus proche 15. » Avec ces mots le sens de la consolation s’affine et s’éclaire, ainsi que les paroles : « espérance des prophètes », « résurrection du Christ ». La consolation apparaît désormais comme un acte dans la vie humaine. Un acte d’amour fort comme la mort, un acte de résurrection. Un acte d’amour aveugle avant même d’être conscient. « Il est plus rapide que le savoir », dit Rosenzweig. Et cet acte d’amour – comme instinctif – déchire l’ordre du temps, et du malheur et du bonheur. A l’instant où il s’accomplit, plus rapide que le savoir, il brise le pouvoir de la mort.

Le retour vers Dieu

Mais pour que la consolation soit de plénitude, l’acte d’amour ne peut rester aveugle et instinctif ; il lui faut la résonance de la conscience. Ce sont la pensée, les mots qui donnent cette résonance. C’est la prière qui éveille et illumine cette conscience. « La Prière, écrit encore Rosenzweig, n’est pas aveugle, elle place l’instant et l’acte qui vient d’être réalisé en cet instant, ainsi que la volonté qui vient de se décider, dans la lumière de l’amour divin 16. » C’est ainsi, par la prière, que l’acte

1.     Franz Rosenzweig,L’étoile de la rédemption, Seuil, Paris, 2002, p. 376.

2.     Ibidem, p. 374.

3.     Ibidem, p. 374.

d’amour devient un acte d’amour conscient. Cet acte qui un instant porte le monde au-dessus de l’abîme. Merveilleusement sauvé. Merveilleusement vivant.

Car la prière est pensée, parole, intelligence du cœur et de la création.

Mais que demande la prière ? « Fais-nous revenir vers toi Seigneur et nous reviendrons vraiment ! Renouvelle notre vie ! Rends-la semblable à celle d’autrefois ! » Voilà ce que fondamentalement exprime la prière, avant toute autre supplique. Elle demande la consolation des consolations : le retour vers Dieu ! Ce geste de retournement vers Dieu, qu’on appelle techouva en hébreu, va signifier aussi un retournement sur soi-même. Au cœur de soi-même. La prière demande que Dieu ait vers l’homme le geste qui lui permette à son tour d’avoir ce geste vers Dieu et vers lui-même. Ce geste de revenir !

Mais si étrange que cela puisse paraître, si ce geste est demandé dans la prière, c’est qu’il a déjà eu lieu. Ce geste de retour – geste de l’amour fort comme la mort – est déjà accompli : mouvement aveugle et entier du cœur qui veut aimer, qui veut n’être qu’amour ! La prière qui le demande est en réalité la prière qui l’atteste. Mais il faut qu’elle l’atteste pour que ce retour vers Dieu soit bien cet acte d’amour conscient véritablement fort comme la mort, c’est-à-dire une résurrection de l’être. Ce qu’obtient la prière, c’est la conscience de ce retour vers Dieu, déjà accordé… cet être-là avec l’invisible, disant « tu » dans le chuchotement du cœur et le murmure des lèvres. Et sur fond de cet événement, tous les autres pourront s’exprimer, les événements qui marquent l’histoire humaine de dates et de lieux, les événements qui font la trame de chaque existence, les malheurs, les joies, les peines les espoirs… et le deuil de Jérusalem ! Et le retour à Jérusalem ! Et la peine de Job. Et la consolation de Job. Et le déchirement de la passion du Christ. Et l’éblouissement de sa résurrection. Puisque la prière atteste que Dieu a déjà fait le geste, a déjà écouté, déjà entendu, il n’est rien qui ne puisse se dire devant Dieu, rien qui ne soit interdit. Puisque déjà l’acte d’amour a eu lieu, avant tout jugement ! Puisque la résurrection est effective !

La vie toute la vie…

C’est cela la prière, et il faudrait pouvoir trouver des mots assez justes pour qu’il n’y ait pas d’erreur, pour que, ni par le croyant ni par l’athée, Dieu ne soit transformé en idole. Défiguré par l’un. Ignoré par l’autre ! Afin que la prière soit bien cet acte de parole libre, offert à toute conscience, et qui atteste la merveilleuse humanité de l’homme, sa peine infinie, mais aussi sa confiance toujours possible, sa joie prête à jaillir, sa reconnaissance éblouie devant la splendeur du monde ! Cet acte de parole si vrai, si juste, qui donne aux Lamentations des accents bouleversants, et aux psaumes cette faculté d’exprimer les tréfonds de l’âme humaine. En ce lieu la plainte n’est plus l’envers de la louange, ni l’espérance celui de la désolation. Elles se nourrissent de la même puissance, du même souffle, qui poussent l’homme à sortir de lui-même, à se lever du tombeau de sa désespérance, à secouer la stupeur qui le pétrifie.

Le cri de sa douleur et le cri de sa joie s’entremêlent comme le rire et les larmes.

« Tu nous a fait revenir vers toi Seigneur, et nous sommes revenus ! »

« Merveilleusement gardés par des forces bienveillantes, nous attendons confiants ce qui peut advenir. Tu es avec nous, le matin, à midi et le soir et tu le seras certainement jusqu’au dernier jour. »

Notre consolation, c’est la vie, la répétition infatigable de ce qui en fait la valeur, les mots précieux qui portent cette répétition de génération en génération, et de cœur à cœur. Ce temps, ce lieu, cette terre, Dieu nous les a donnés. La liberté et la responsabilité de les habiter, Il nous les confie. Notre consolation, c’est la tâche infinie qui nous attend, pour Sa joie et pour la nôtre :

« Voici je mets devant vous la vie et la bénédiction, la mort et la malédiction. Choisissez donc la vie pour que vous viviez, vous et vos enfants.

Aimez le Seigneur votre Dieu en écoutant ce qu’il dit, en vous attachant à lui. Ainsi vous pourrez vivre et passer de nombreuses années sur la terre que le Seigneur a promis de donner à vos ancêtres Abraham et Sara, Isaac et Rébecca, Jacob, Rachel, Léa… et tant d’autres. » (Dt 30,19-20).