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"Il y a un temps pour toute chose"

Ecclésiaste 3 v.1

par le Pasteur Alain ARNOUX

Introduction
Traditionnellement attribué à Salomon, l'Ecclésiaste (ou Quohéleth) est resté inscrit dans notre mémoire collective par ses premiers mots: "Vanité des vanités, tout est vanité . Propos pessimiste ? De prime abord, certainement ! Mais la lecture complète de l'oeuvre (douze chapitres portant chacun sur un thème spécifique) fait émerger une autre couleur, apaisante ici, dynamisante là : une leçon de détachement des biens terrestres assurément, mais une exhortation au jouir de la vie, également.

C'est sur ce versant d'une sagesse ancrée au quotidien, fondée sur la possible réconciliation de l'homme et de sa condition, que les prédications de ce carême entendent ci délibérément se placer. "Il y a un temps pour toute chose" en constituera le fil conducteur, décliné en six chemins de réflexion pour promeneurs prêts à se laisser emmener sans crainte vers la découverte de "la joie d'être un être humain".

Introduction au recueil contenant les prédications

Ce petit livre rassemble les prédications données en février et mars 2002 sur France Culture, dans le cadre du Carême protestant organisé par l'Eglise réformée de Paris-Annonciation. Les textes n'ont pas été retouchés, et gardent donc leur caractère de prédications, et de prédications radiodiffusées.

D'ailleurs, s'agit-il de prédications ou de conférences ? On emploie les deux mots. Comme je suis avant tout prédicateur et pasteur, j'ai opté pour la prédication, même si ces prédications radiodiffusées ont un style forcément différent de la prédication en "paroisse". Habituellement, un prédicateur sait à peu près à qui il s'adresse. Il connaît à peu près les attentes de l'assemblée qu'il a sous les yeux. Il peut y répondre ou refuser d'y répondre. Quand il prêche, pendant "l'action" (comme on disait autrefois dans les Eglises réformées de France) il y a un contact entre l'assemblée et lui, des échanges de regards, des mimiques, des gestes... Préparer des prédications et les enregistrer pour un public qu'on ne connaît pas, qu'on ne voit pas, est un exercice particulièrement difficile. Préparer des prédications plus longues que d'habitude aussi. Si une assemblée d'aujourd'hui supporte difficilement un discours qui dépasse le quart d'heure, prononcé par quelqu'un qu'elle voit, comment un discours de vingt-cinq minutes peut-il être reçu par les auditeurs de la radio ?

Le thème général de ce Carême "Il y a un temps pour toute chose", tiré du livre de l'Ecclésiaste ou de Qohéleth, était celui d'une retraite "Silence et Prière" à la Communauté de Pomeyrol, au cours de laquelle je devais faire l'apport biblique. Ce thème avait été choisi par la Communauté. Je l'ai repris pour ces prédications de Carême. Pas plus dans ces prédications qu'au cours de cette retraite, je n'ai voulu donner des recettes pour bien gérer notre temps et pour avoir une vie bien réglée. Je n'ai pas davantage voulu faire un commentaire suivi du livre de Qohéleth. J'ai choisi, sans doute arbitrairement, quelques pistes de réflexion, au risque d'entrer dans une grande banalité, ou d'être extrêmement déroutant. Je ne vais pas dans cette introduction résumer ce qui suit. Je dirai simplement que deux de mes grands soucis, c'est que la foi et l'espérance ne soient pas des refus de la réalité, et que les croyants acceptent d'examiner avec lucidité ce qu'ils croient et espèrent, comme leur vie et le monde où ils sont. Tout cela, je le trouve très fort dans le livre de Qohéleth, mais aussi dans l'Evangile.

Je voudrais exprimer ma reconnaissance d'abord au pasteur Alphonse Maillot, ce "grand ancien" et ce grand inspirateur que je connais à peine, pour ses commentaires sur Qohéleth, mais aussi pour tout ce que ses écrits bibliques et théologiques m'ont apporté depuis le début de mes études, à une époque plus troublée qu'aujourd'hui dans notre Eglise réformée de France. Je veux remercier l'équipe du Carême protestant de Paris-Annonciation pour son travail, son accueil et sa bienveillance, ainsi que Madame Danielle Jeanne, du Service Radio de la Fédération protestante de France, et les équipes techniques de France-Culture, pour leur savoir-faire et leur manière de rassurer le prédicateur impressionné. Enfin je veux remercier le conseil presbytéral de l'Eglise réformée de Saint-Etienne et du Forez, qui a décidé de me "retirer de la circulation" pour que je puisse préparer ces prédications, dans des circonstances difficiles pour cette communauté et ses pasteurs.

Alain Arnoux