| 1. | La poussière et la pensée de l'éternité. Poussière nous sommes, ce qui n'est pas très enthousiasmant. Mais à cette lucidité de l'inéluctable fin s'ajoute l'espérance lumineuse de l'éternité, C'est la première nos tensions fondamentales,- vie et mort, mort et vie. |
| 2. | Remonter le temps, ou naître pour un temps inachevé Le temps s'égrène et nos vies se déroutent, certes. Mais il nous arrive de vouloir recommencer, refaire, retenter, renaître. Contrairement à ce que dit la chanson, ce ne sera jamais "repartir à zéro", mais bien à partir de ce qu'on est. La nostalgie ici n'a pas sa place, mais la pulsion de vie, oui. |
| 3. | Un temps à vivre, un moment à saisir. Nous sommes mortels et nous vivons comme si nous étions immortels! Nous sommes prisonniers du temps (agendas, responsabilités etc) et il nous échappe aussi. Nous tentons d'en gagner, il nous arrive d'en perdre. Et que dire de sa fuite ! Le perpétuel balancement de cette autre tension entre réflexion et action, entre patience (y compris celle de Dieu qui fait parfois irruption dans nos vies) et urgence... |
| 4. | Vivre entre la résurrection et le sabbat Entre le dimanche et le samedi suivant : l'espace de la semaine dont on dit communément qu'elle commence le lundi . A vrai dire, c'est l'espace entre deux temps: celui de la Vie nouvelle et celui du Repos, entre un dimanche de la Parole annoncée et un samedi du quatrième Commandement , observé, entre la Lumière du Christ à jamais nôtre et le respect de tout homme, quelle que soit sa condition, sanctifiant Dieu. Une tension nouvelle et bien universelle de notre condition d'humain qui agit et qui cesse d'agir, qui s'agite et se pose. Mais certainement pas l'être et le néant... |
| 5. | Un temps pour se taire, un temps pour parler Vaste sujet pour l'Eglise et pour ses pasteurs! Tension, balancement ici aussi entre la parole qui enchaîne et la parole qui libère; entre le silence-accompagnement et le silence-abandon. C'est aussi la mesure de nos comportements et quelquefois de nos savoir-faire, en d'autres termes de notre relation à autrui, de notre relation au Seigneur aussi. |
| 6. | Un temps pour l'épreuve, un temps pour la bénédiction "Quand je suis faible, c'est alors que je suis fort" dit Paul. L'épreuve nous fragilise, mais elle génère un questionnement, une perméabilité qui seront, peut-être plus tard, sources de proximité plus grande avec autrui, regard plus sensible à autrui. Une alternance encore, de la souffrance vers l'apaisement, de la colère vers le pardon, de la vanité vers l'humilité. |
| Pas de conclusion bien sûr ! Mais au bout du compte, en route vers la Lumière de Pâques, tenter de devenir ce que nous sommes: des mortels qui acceptent d'être des ressuscités , des ressuscités qui acceptent d'être des mortels. |