Introduction
Le silence de Dieu est peut-être aujourd'hui ce qui trouble le plus notre intelligence,
notre foi ou notre amour pour Dieu. C'est un silence qui accable et décourage beaucoup
de nos contemporains, au point que certains finissent par rejeter Dieu.
Ce silence n'a cessé de m'interpeller profondément : le silence de Dieu serait-il
sans amour, alors que Dieu n'est qu'amour ? Je n'ai pu me résoudre à accepter un
silence sans amour : puisque Dieu est amour, son silence aussi doit exprimer son
amour.
C'est ainsi que je me suis agrippé au silence de Dieu, en scrutant les silences de
la Bible. Et le silence s'est alors mis à parler ! Il a parlé de ce qui voile l'amour
de Dieu : sa pudeur. Oui, le silence de Dieu est bien souvent le silence de son amour
pudique !
C'est de ce silence-là que sont nées ces méditations de Carême.
La pudeur de Dieu est une porte entrouverte sur l'infinie profondeur de l'amour de
Dieu, une porte qui invite au silence de l'adoration. Les quelques mots que je me
suis risqué à prononcer sur ce sujet veulent seulement être un doigt tendu vers l'infini,
pour ceux qui n'auraient pas remarqué cette porte entrouverte. Un doigt tendu est toujours
dérisoire et parfois maladroit, surtout lorsqu'il est tendu vers l'infini
La pudeur de Dieu nous invite au silence, un silence émerveillé qui adore et s'ouvre
à Dieu, qui s'approche en secret. Oui l'adoration aussi aime s'envelopper de silence,
pour rejoindre celui qui s'approche.
Daniel BOURGUET